09.03.2011

Episodes (Saison 1) La fausse vraie vie de Matt LeBlanc

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Pour son retour à la télévision, sept ans après la révérence de Friends sur NBC, le créateur comique, David Crane rempile avec l’un des acteurs phares de la série new-yorkaise. Dommage, ce n’est que Matt Le Blanc, le moins amusant de la bande du Central Perk. Pour autant, Episodes engendrerait-il une réussite cynique dans la lignée de The Comeback, un vrai comeback faussement raté de Lisa Kudrow qui a séduit tout le monde ... sauf HBO ?

 

 

En inaugurant la case de la comédie à single camera, encore inédite sur Showtime abonnée aux dramédies inoffensives, Episodes suscitait les attentes. En tête, découvrir un grisonnant Matt Le Blanc, de retour et prêt à en découdre et se ravir d’un nouveau concept abyssal ou presque qui sur le papier frise l’insolent en s’attaquant comme il faut à l’industrie hollywoodienne.

Si le concept d'Episodes était donc alléchant, et l’histoire, encore plus : deux scénaristes en chef gentiment décalés et caustiques, en un mot, foncièrement anglais, d’un show U.K de renom se voient de force embarqués dans une aventure sérielle américanisée et un brin dictée (notamment par l’embauche de Matt LeBlanc dans le rôle-titre) pour un remake U.S-, Episodes se dévoile avec déception, faute d’intrigues d’envergure visant à parodier les remakes navrants.

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En voulant se moquer de la loi du remake qui s’abat paresseusement sur le tout-Hollywood, la série a vu juste. Puisqu’entre les séries étrangères adaptées au plan près (Skins, Shameless), les films de genre asiatiques ou ibériques, les productions américaines lorgnent effectivement plus du côté du papier calque à modèle grossier que de l’inventivité pure.  Mais la première saison d'Episodes en surlignant la contrefaçon sérielle se vautrent gaiement dans la caricature.

Le problème d’Episodes, ce sont ses protagonistes mal esquissés et déjà irritants. Du côté des méchants de symboles de l’entertainment creux, mis en images sans subtilité ou attrait, un John Pankow en directeur de chaîne hypocrite et grossièrement vile (il trompe sa femme aveugle), comme du côté des victimes créatives, l’héroïne scénariste, Tamsing Greig est un cliché de l’anglaise dédaigneuse et sèche, les personnages excèdent à coup de répliques excessives ou moralistes et bien rangées.

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Si Episodes manque de finesse (ou d’originalité) pour s’exécuter dans la parodie bien avisée, demeure de jolis personnages secondaires (en directrice des programmes, Daisy Haggard, une potiche qui s’assume), malheureusement sous-exploités et cette envie louable de se moquer de l’univers télé les pieds enracinés à L.A. L’ambiance légère, anecdotique mais rythmée permet ainsi à Episodes d’attirer à chaque nouvel épisode, mais sans jamais nous duper. Puisqu’Entourage et The Comeback ont depuis longtemps percé les mystères ironiques de l’industrie paillettes, Episodes, lui, se contente de brasser de l’air sans conviction.

 

En ces temps de remakes mornes,  jouer les séries perturbatrices , c’est de bonne guerre. Mais le ton d’Episodes, sympathique mais jamais engageant, ni irrévérencieux, la condamne à une simple façade cynique et poseuse, qui ne se moque de peu sinon d’elle-même.

5.5/10