30.09.2011
Hart of Dixie (Saison 1) Rachel Bilson au pays des bouseux

La CW, chaîne la plus juvénile du paysage audiovisuel public américain a décidé d’injecter un peu de naturel et de simplicité dans sa nouvelle grille. Loin des nouveaux programmes fantastiquement ampoulés, la chaîne a misé sur Hart of Dixie, petite série modeste racontant l’arrivée d’une jeune docteure en milieu rural. Plutôt simple et différent.
Teintée WB, l’ancienne chaîne américaine des séries familiales, Hart of Dixie part d’une ambition franche : renouer avec le public gentillet des séries des 90’s, celui qui préfère les bons sentiments et les scènes feuilletonnantes aux trahisons sur talons hauts et morsures vampiriques. Et à ce niveau-là, Hart of Dixie convainc.
D’emblée, dans son paysage, ses répliques douces et son univers familio-rural, la série lorgne du côté des Parenthood, Friday Night Lights (deux de ses acteurs sont d’ailleurs à l’affiche : Scott Porter et Cress Williams) ou Gilmore Girls. Et c’est plutôt bon signe, car bien que la série soit formatée CW (musiques romantiques, moues appuyées), Hart of Dixie parvient à insuffler un peu d’optimisme, de bonne humeur et d’esprit authentique, à la façon de ses séries mères.

Emportée grâce à son actrice principale, Rachel Bilson plutôt rare à la télé (et ailleurs) depuis l’arrêt de The OC (à l’exception de petits passages anecdotiques dans HIMYM et Chuck), la série repose intégralement sur elle. Son joli minois (à peine vieilli), sa grâce, et son esprit sarcastique donne matière à ce personnage mignon et cynique à la fois qui guide le téléspectateur à travers sa vie personnelle et son périple en rase campagne. Dans le rôle du docteur new-yorkais qui soudain hérite d’une officine dans une petite bourgade d’Alabama (pour cause d’obscure secret familial, évidemment), Rachel Bilson s’en donne à cœur joie, à coup de répliques légèrement décapantes et de sourires angéliques, permettant de procurer tout l’humour girlie et l’avenant de cette série.
Du sentimentalisme, de la fausse sincérité, il y en a une bonne dose, forcément, dans Hart of Dixie, qui à raison, mise sur le côté pathos propre aux séries médicales, avec ses habitants au cœur sur la main, ses dilemmes de vie, ses leçons de morale. Forcément, la série tente aussi de romancer son décor, en présentant d’emblée à la belle héroïne deux prétendants forcément antagonistes (le premier est un avocat bien lissé, mais fiancé, l’autre, un mauvais garçon habitué aux soirées arrosées) et en rendant ses personnages manichéens (l’affreuse Jamie King V.S l’adorable Rachel) qui bien sûr détiennent de multiples secrets.
Un peu surannée, un peu forcée, Hart of Dixie croule sous les défauts figés des séries au bon cœur, mais réussit à convaincre dans sa forme très nineties, grâce au décor dépaysant loin des buildings de la Grosse Pomme et de son actrice principale, Rachel Bilson, toujours aussi affriolante depuis la génération Newport Beach.
6/10

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20.09.2011
The Secret Circle (Saison 1) L’overdose puérile des créatures

La chaîne juvénile, CW, experte en adaptations littéraires pour jeunes écervelées, a décidé d’en rajouter une couche avec The Secret Circle, série sur une petite bourgade peuplée d’adolescents sorciers. Complètement vide d’intérêt.
Avant d’affronter un tel univers, il faut savoir que The Secret Circle est tirée de l’esprit niaiseux de L.J Smith, l’auteure permanentée la plus prolixe du monde mythologique, déjà responsable de The Vampire Diaries, qui connaît le plus grand succès sur la CW. Mais contrairement à Vampire Diaries, qui malgré une évolution sans grand attrait, des phases un peu mornes, avait su s’imposer par des débuts hautement efficaces, quasi rocambolesques dans le traitement du genre ado croisé vampire, The Secret Circle, sa petite sœur, commence laborieusement, entraînant fausses notes et intrigues insipides.
Cette série sur l’apprentissage de jeunes sorciers avides de former un cercle magique pour grandir leur pouvoir repose sur les épaules de Thomas Dekker, faux acteur hype (Kaboom, Cinéma Verité mais aussi Heroes et Sarah Connor Cronicles) et de Britt Robertson, déjà agaçante de tics appuyés dans Life Unexpected, autre série redite de la chaîne verte. Aucune alchimie n’émane de ces deux héros lisses, dépassés par le (manque des) évènements et surtout de la part des seconds rôles, pestes pubères caricaturales et parents incarnés par des acteurs has been aux visages bouffis (Gale Harold, Queer as Folk).

Toujours à l’inverse The Vampire Diaries, elle-même dirigée par la main du connaisseur Kevin Williamson, The Secret Circle manque de mordant, d’attrait frissonnant, malgré le talent du patron à « scream-iser » ses scènes d’action. Située dans une petite ville de pêche, rappelant Capeside, ville de villégiature de Dawson (le premier bébé du chef scénariste), dans laquelle débarque la jeune Cassie après l’assassinat de sa mère, l’histoire enchaîne les étapes scénaristiques formelles, les lieux clichés (le port, le couloir du lycée, la forêt inquiétante) en frôlant stupidité et linéarité.
Agrémentée d’une bande son originale pop extrêmement bien soignée (The Kills, Imogen Heap, Sarah Blasko) mais totalement mise en porte à faux avec le contenu anémique de cette histoire caricaturale, The Secret Circle, prévisible et sans envergure, rate le coche du pilote séduisant, censé poser les bases mythologiques d’un concept ado en laissant entrevoir toute une promesse fictive.
Tantôt Twilight, tantôt Mystic Falls, la série reprend les grandes lignes de ses consoeurs mythologiques tout en échouant lamentablement dans son envie d’imposer les sorciers comme nouveau phénomène de mode. A l’image de True Blood cette année, qui s’est radicalement perdue dans sa magie noire abêtissante et sans valeur.
3/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, The Secret Circle | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : the secret circle, critique, cw, britt robertson, thomas dekker, gale harold, vampire diaries |
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14.09.2011
Ringer (Saison 1) Parano et trahison : Buffy voit double

Ringer, première série à passer au crible de la critique pour cette rentrée 2011 riche en gros calibres. Prévue pour CBS mais rapidement tombée dans les bras de la chaîne juvénile CW, Ringer a l’honneur de signer le comeback d’une actrice sérielle culte : Sarah Michelle Gellar. Dans le (double) rôle de jumelles aux lourds secrets respectifs, l’héroïne antivampire s’en donne à cœur joie. Peut-être un brin trop ?
D’emblée, l’histoire fait penser à un simulacre à suspense psychologique façon Amélie Nothomb. Siobhan et Bridget sont sœurs jumelles, l’une est riche, mystérieuse, l’autre, pauvre, ex-alcoolique et témoin clé dans une affaire de meurtre. La première disparaît soudainement au cours d’une promenade en bateau, avec sa sœur comme seul compagnon de bord. Alors pour fuir son propre fardeau, Bridget décide de prendre l’identité de sa sœur, au point de découvrir que celle-ci pourrait bien être aussi généreuse en problèmes sérieux. Alléchant, non ?

Introduire son pilot avec une scène des plus cheap –une ballade en bateau sur fond de mer en carton-, n’est peut-être le meilleur moyen pour donner à l’ensemble une véritable conviction. Mais Ringer tente pendant toute son ouverture de nous prendre au jeu. De nous laisser croire que son mystère, fondée sur le dédoublement, le vol d’identité, les secrets des riches, les problèmes des pauvres, est un bon mystère. Mais les ficelles de Ringer sont trop grosses, trop élimées pour vraiment permettre l’adhésion rapide du téléspectateur. A la fois dans la relation principale opposant les deux sœurs dont on devine le concept dès les premières scènes (et qui constitue malheureusement son cliffhanger de fin), dans la nouvelle vie usurpatrice de Bridget, le fond résonne faux, maladroit, faussement aguicheur dans son envie mystérieuse, à mi chemin entre affaire policière d’état et thriller paranoïaque.
Mais il reste quelque chose d’intriguant dans cette histoire, à force de répliques lancées sur le ton du mystère. Même si l’épaisseur de l’intrigue ne semble pas dépasser celle d’un écran plat, il est toujours plaisant de retrouver Sarah Michelle Gellar, ce qui n’est pas toujours le cas des actrices des années 90 (Alyssa Milano peut bien nous laisser tranquilles). La vieillesse un peu plus acquise, l’ex Buffy ne s’en sort pas avec trop de faiblesse dans ce jeu à double emploi où elle est supposée jouer deux contraires, deux caractères un brin caricaturaux. L’actrice a toujours un talent fin pour écarquiller des yeux, fuir les individus mal intentionnés et minauder et sa prestation donne un certain équilibre, une mesure au début de Ringer.
Ringer ne semble pas être la série mystérieuse, le thriller schizophrénique de l’année, mais il se pourrait que l’intrigue dépasse nos attentes, vienne nous surprendre dans ses rebondissements qui probablement seront nombreux et archi-prévus. A défaut, il reste Sarah Michelle Gellar que l’on regardera bien plusieurs épisodes pour finalement s’en défaire de nouveau.
5.5/10

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23.01.2011
Gossip Girl (Saison 4) Ados vieillis pour blogueuse essoufflée ?

La jeunesse sans qualités de l’Upper East Side entame son quatrième round doré. A en croire les mauvaises langues lucides, le dernier avant un retour définitif aux coulisses de l’oubli. Si cette nouvelle saison aspire à une certaine maturité de fond, fort de l’âge désormais avancé de nos héros attardés, le retour de Gossip Girl conserve cette oisiveté creuse caractéristique et garde la pose, toujours cette pose vitreuse et tarte.
Pour faire peau neuve, Gossip Girl a eu l’idée avant-gardiste d’improviser un voyage à Paris. On s’attendait férocement à une redite de Carrie Bradshaw parcourant l’avenue Montaigne avec complaisance et attitude et le cliché n’a pas manqué. Plus glamour, tu meurs, Paris est revenue cette capitale fantasmée de tous, où l’on lit Colette dans un parc chatoyant, s’extase devant un Manet, porte des Louboutin dans les ruelles pavées et respire la pollution au derrière d’une Vespa conduite par un français qui aurait un nom de roi décapité.
Et si dans la vie, la parisienne préfère lire Guillaume Musso dans un métro sale, sandales Minelli aux pieds, en route pour le dernier film de Michael Youn après un repas bourratif chez Hippopotamus, on laissera volontiers Blair et Serena rêver leur été, comme dans un film démodé des sœurs Olsen.
Ces quelques clichés parisiens passent encore, mais au moment où la série organise un défilé éhonté de quelques grandes maisons de la mode (Ba&sh, Zadig & Voltaire, Fauchon, Chanel, Chantal Thomas), l’hommage à l’accent frenchi forcé devient irritant et l’on frôle véritablement l’écoeurement général. L’escapade juvénile de Serena et Blair, toujours en guéguérre éphémère, n’est alors plus qu’un prétexte sordide à un étalage griffé sur-référencé sur fond de Katy Perry. C’est ce qui s’appelle manquer terriblement son entrée sur le territoire.
Mais plusieurs bonnes nouvelles viennent réconforter l’univers luxuriant new-yorkais de la série. Ne plus voir Jenny et sa moue tirée vers l’anorexie d’abord et compenser avec de vrais débuts d’arc potentiellement intéressants. A savoir celui l’enfant de Dan qui fait prendre un coup de vieux au père Humphrey et qui permet de revoir un temps la toujours convaincante Michelle Trachtenberg dans le rôle culte de Georgina.
Aussi, l’arrivée de la très CW Katie Cassidy, qui enchaîne les ratés sériels mais qui ne désespère pas de cartonner, fort d’un minois plus harmonieux que toutes les héroïnes de Gossip Girl réunies. Katie interprète ici une femme mystérieuse, une certaine Juliet Sharp qui infiltre le microcosme mode de NY pour enquêter sur la jeunesse de l’Upper East Side, à savoir nos héros du petit écran. Une nouvelle Gossip Girl, en somme.
Mais les fans les plus récalcitrants de Gossip Girl seront évidemment avant tout subjugués par l’histoire du rescapé Chuck qui parachève avec efficacité ce premier épisode. Charles Bass a donc survécu à l’agression de l’Europe de l’Est. Qui en doutait ? Qui dit seconde vie pour le jeune riche, dit nouvelle identité. Chuck s’auto-baptiste Henry Prince et décide de conquérir Paris, aux bras d’un nouveau trophée, Clémence Poésy. Blair peut prévoir son quota de perfidies à débiter.
Avec son esprit poseur intact, ses défilés en toc, ses dynamiques relationnelles ronflantes, Gossip Girl continue sur sa lancée ostentatoire assumée. Mais la promesse d’histoires intrigantes permet à la série un soubresaut d’espoir, du moins un début de scénario.
5.5/10

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19.09.2010
Vampire Diaries (Saison 2) Un vent vampirique nouveau

Cher journal, depuis que j’aime être courtisée par les vampires, rien ne va plus chez moi, mon foyer et ma chère Mystic Falls. Des reines vampires égocentriques viennent se venger, des créatures non identifiées se baladent dans les ruelles de la ville tandis que mes fidèles courtisans se disputent mes faveurs, mon jeune frère se dit vampire-suicidaire et que ma meilleure amie sorcière devient peu à peu une raciste de la dent longue. Je me demande bien si je ne vais pas finir par aimer plutôt les otaries.
Entre la fin de la première saison de Vampire Diaries et ce retour en fanfare, rien n’a changé. Les impasses de nos héros en proie au mal, surtout celui de l’amour et de l’envie, sont intactes et les dangers vampiriques se multiplient, avec l’arrivée de la diabolique Katherine dans l’univers tout doux d’Elena. C’est toujours appréciable de voir une série poursuivre une direction narrative convenue dès le départ, sans recours aux facilités de coupure, aux ellipses. Et si Vampire Diaries est une série jeunesse à ne jamais prendre au sérieux, le show de la CW a montré plus d’une fois sa solidité de fond et sa grande maîtrise de l’intrigue.
Encore une fois, la série fait donc preuve d’un vrai sens scénaristique en s’ouvrant sur la scène finale de l’an passé. Toujours enlevée, la série enchaîne les coups de théâtre et les rebondissements avec une frénésie à rendre jaloux les grandes séries molles des networks. Très vite, le personnage de Katherine se présente à toute la galerie des personnages de la série, en réglant ses histoires (pauvre Damon) et en annonçant de nouvelles (Elena et Stefan n’ont qu’à bien se tenir).
Avec l’arrivée royale puis le départ (trop ?) précipité de Katherine, sosie parfait d’Elena, les cheveux frisés et l’allure cuir outrageuse en plus, Damon réalise son désarroi sentimental et se réfugie dans le maléfique, Elena et Stefan deviennent vulnérables, sur le qui-vive et Caroline, victime attitrée de la série, meurt et se voit transformer en vampire.
Toutes ces histoires prometteuses sur les héros principaux apportent donc une vraie nouveauté narrative à la série tout en maintenant la cadence et ce rythme fantastique caractéristique de ses grands débuts (à côté, True Blood peut postuler pour une carte Vermeil).
Pour ces deux épisodes, c’est surtout les storylines de Damon et Caroline qui se révèlent encore une fois les plus convaincantes. Damon n’est jamais aussi délicieux qu’en vampire méchant et jaloux qui écarquillent les yeux mieux que personne tandis que la transition impeccable et génialement mise en scène de Caroline signe une ambiance tragique et sombre, qui sied parfaitement à ce personnage trop souvent négligé et sied évidemment à l’esprit jusqu’au-boutiste et assumé de la série.
Il ne manque plus donc qu’à Jeremie et Bonnie de se trouver une vraie utilité dans le paysage si intense de Mystic Falls et de faire confiance par la suite à l’histoire des Lockwood qui jusque là manque un peu d’intérêt.
Soignée dans la forme, réussie sur le fond, Vampire Diaries a fait une rentrée des classes simplement jubilatoire.
7/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Episodes, The Vampire Diaries | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : vampire diaries, cw, saison 2, nina dobrev, ian somerhalder, paul wesley, critique |
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13.09.2010
Nikita (Saison 1) Solution musclée contre la retraite

L’inspiration en berne, les revivals ont bon dos. En répliquant des histoires passées à la postérité, les nouveaux créateurs espèrent dénicher des vertus indétrônables, celles qui assureront une voie royale à leur bébé (et à leur carrière). Nikita en est un exemple lambda parmi tant d’autres : une reprise de fond gentiment passé à la machine de la standardisation actuelle. Sophistiqué mais inepte.
Après Bionic Woman ou le bide retentissant de NBC en 2007 avec Michelle Ryan, c’est au tour de Nikita, l’autre femme qui jongle avec les kalachnikovs plastifiés et déchire ses mini-jupes criardes de dicter à nouveau sa loi sur les écrans. Si Bionic Woman s’est rapidement cassée les dents de devant en faisant de son combat mécanique une supercherie fastidieuse et mollassonne, la nouvelle Nikita, elle, n’a pas froid aux yeux et fera tout pour séduire avec ses tenues outrancières et ses regards braisés les 18-30 ans exilés (de force ?) sur la CW.
Dans le rôle illustre, la peu charismatique Maggie Q. S’il est gageure de succéder à Anne Parillaud ou Bridget Fonda dans la compo de la tueuse impitoyable, la recrue Maggie Q s’en sort convenablement. Habitué des rôles actifs et des prestations de corps dans de gros blockbusters suants (Rush Hour, MI3, Die Hard 4), la belle d’Honolulu en maillot de bain réunit ici toutes ses cartouches en acier pour composer une Nikita plus indisciplinée que jamais. Et revancharde aussi.
Parce que ce Nikita 2.0 va plus loin que les premières machines à tuer. A la retraite ou presque, la tueuse éduquée par la Division, unité de tueurs secrets, refuse l’oubli et souhaite désormais démanteler le réseau qu’elle a jadis défendu avec rage pour se venger notamment de l’homme qu’elle a tant aimé. Pour se faire, l’assassine fait infiltrer une jeune recrue au sein de la structure à abattre et compte bien sauver son pays du Mal qu’elle déploie peu à peu.
Si évidemment l’effort de déplacer légèrement la problématique de départ pour faire de cette Nikita une sorte de sequel inspiré est louable, rien de nouveau sous le soleil de l’espionnage.
Le pilot s’évertue à maximiser ses effets de style où tout se parachève avec une course-poursuite et quelques coups de feu comme un nanar habituel. Sans dialogue raffiné (ni jeu au diapason), le pilot manque cruellement de finesse et d’humour pour mettre en place une mythologie vue et revue sur la corruption et les éternels jeux de pouvoir, quitte à frôler la caricature de genre. Dans la forme, la mise en scène impeccable de Nikita rappellera les anciennes séries costaudes (Alias, Dark Angels, Fringe, Chuck The Sarah Connor Cronicles ou récemment Covert Affairs) mais là non plus sans jamais s’en distinguer, cruelle formule ressassée pour cause.
Forte de sa technique et son envie d’en jeter, Nikita finit par n’être qu’une vitrine d’appel, un produit sophistiqué gonflé aux codes manichéens du blockbuster estival niais. Un spectacle pop-corn qui manque aussi bien d’âme que de caramel.
4.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Nikita | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : nikita, maggie q, cw, melinda clarke, critique, luc besson |
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11.09.2010
Hellcats (Saison 1) Pompons grossiers et chorés usées

Parce que Glee a ravivé les souvenirs adolescents de lycée, la CW mise cette année sur Hellcats, série sur le cheerleading et les langues de vipères. Mais sans Brittany et Santana, occupées à s’égosiller loin des gymnases et des tapis de sol. Et si Hellcats crie elle aussi à plein poumons des slogans autoproclamés rythmés en agitant des avant-bras, la série n’est qu’apathie standard et sclérose pubère.
Une série sur ces filles hystériques et sournoises qui aiment s’adonner à des chorégraphies musclées, des vols planés en mini-jupes sur des textes promoteurs éventrés, c’était du pain béni pour la chaîne jeunesse CW qui raffole des situations coutumières. Et une occasion en or pour les fans d’American Girls de retrouver l’esprit bitchy et fun de cet univers visuel édulcoré.
Mais les recrues de l’année, Alyson Michalka (une vulgaire inconnue et inconnue vulgaire) et Ashley Tisdale (débarquée de High School Musical, toujours aussi fade) ont beau sourire radieuses, montrer leur cuissot musclé et faire des rondes de poignée, elles peinent à tenir la dragée haute face à Kristen Dunst et Eliza Dushku qui, il y a dix ans avaient déjà tout compris en interprétant des meneuses de claque volontairement fières et stupides.
Dans Hellcats, tout commence avec Marty, une élève sérieuse et dévouée, qui s’occupe de sa mère –une white trash alcoolique interprétée par Gail O’Grady, et qui profite pleinement des joies de l’enseignement universitaire grâce à une bourse. A ses heures perdues, Marty est une rebelle, parce qu’il y a cinq ans, Marty regardait sûrement UPN et se prenait pour Veronica Mars.
Mais la classe, le charme, la subtilité et le sarcasme en moins, l’insipide Marty se moque allégrement de ces pom-pom girls de fac, qui continuent à se gonfler d’égo et à soutenir, soumises, les mâles tireurs de ballons. Pourtant, Marty va rapidement se voir contrainte d’intégrer l’équipe de cheerleaders pour continuer à étudier et poursuivre ce rêve inédit, celui de devenir un brillant procureur.
Créée par Kevin Murphy, à qui l’on doit Caprica et Reaper et adaptée du livre Cheer : Inside the Secret World of College Cheerleader (futur Pulitzer), Hellcats est un ramassis de clichés remontant à la nuit des temps sur la jeunesse universitaire, les compétitions sportives et la réussite collective. Entre le bancal fraternel de Greek et l’allure vulgaire de 90210.
Pourtant, la série aurait pu frôler le guilty pleasure de bas étage en s’inspirant de l’ironie -pourtant blafarde- de Glee et accentuer le cynisme que peut inspirer le pompon à paillettes et la rage de vaincre de ces riot grrrls. Au lieu de ça, dans un décor lisse, Hellcats préfère coudre de fil blanc son histoire hilarante de bêtise, entièrement déployée dans ce pilot mièvre, mal ficelé, et férocement prévisible, qui se contente de poser sagement de faux enjeux moraux et sportifs sans jamais nous séduire, nous surprendre ou nous intriguer pour la suite.
Hellcats s’avère finalement être une bande de cruches avides de gloriole, influençables et prêtes à tout pour continuer à agiter des avant-bras. Marty deviendra rapidement la chef de file despote de ce mouvement antiféministe nocif en vainquant la cruelle Alice, reléguée au rang de figurante permanentée, copinant avec Savannah qui acceptera de ne plus être la capitaine vedette pour le bien de l’équipe. En un mot, un exemple communiste de ce que peut être une très mauvaise série jeunesse, mal inspirée et égotiste.
4/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Hellcats | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : hellcats, ashley tisdale, cw, alyson michalka, critique, saison 1 |
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22.05.2010
Gossip Girl (Saison 3) - College attitude et fausses afféteries

Last Tango, Then Paris – 3.23 (diffuse le 17.04.10)
Un dernier cauchemar en forme de louboutin, puis le repos estival bien mérité. C’est avec cet effort de grande éthique que s’est instaurée la grande conclusion de Gossip Girl, qui après une saison en demi-teinte, voire en absence de teint tout court, a failli plus d’une fois passer à la trappe (plutôt : la bouche d’égout de Brooklyn).
Et pourtant, pour son jet final, la série a retrouvé ses airs de série teen-show décomplexée. Avec un avant-dernier épisode emmêlé et manichéen jusqu’à la moelle, Gossip Girl a conclu la plupart de ses intrigues alambiquées (mère malade, père sur le retour, infidélités affabulées et Serena en pleine crise juvénile et quête identitaire) pour faire temporairement peau neuve.
Une simple intrigue de série jeunesse : plusieurs quiproquo amoureux qui provoquent des raz de marrée d’hormones dans l’univers des têtes blondes aisées. Celles là même qui dictaient leurs règles deviennent alors des personnages simples aux questionnements bêtas : l’amour, le programme des vacances, le regard des autres.
Le temps d’un épisode conclusif, Blair et sa clique, Jenny contre le reste du monde et les grandes zou de Serena ne sont plus ceux qui dénouent les crises familiales et les complots, à force de stratagèmes élaborés et de plans sans faille (ou l’insupportable ambition de la série). Blair ne pense qu’à Chuck qui ne pense qu’à Blair. Serena hésite entre Nate et Dan qui hésite entre Vanessa et Serena. Et Jenny prend enfin le pouls de son entourage face à ces sempiternelles actes de sale peste.
Le spectateur lambda a alors envie de crier victoire. Gossip Girl a fini de se prendre pour ce qu’elle n’est pas. Le show de la CW renoue ainsi allégrement avec le ton et les storylines de son acabit. Et le résultat est plutôt payant : son art d’établir des ultimatums amoureux est intact, la tension émanant du duo de Blair et Chuck s’avérant presque aussi prenante que celle d’un ancien épisode de Dawson’s Creek.
C’est donc principalement l’intrigue réservée à Blair et Chuck qui donne l’allure finale à ce 23e épisode que l’on n’attendait plus. Cette histoire bénéficie enfin de l’ampleur scénaristique qu’elle mérite et l’association avec la brebis galleuse nommée Jenny (enfin convaincante dans son rôle de laissée pour compte qui commet l’irréparable) n’était que l’unique sublime idée de la saison. Evidemment, le fond a peu de solidité mais le temps de quelques scènes calibrées, musique dramatique à l’appui, la série a montré une fois n’est pas coutume qu’elle maîtrisait ses associations de personnages.
Moins efficace, le triangle amoureux inopiné formé par Nate, Dan et Serena. Mais la série ne se contente pas de poser les bases d’une nouvelle histoire à l’avance pénible. Gossip Girl instaure de rapides changements et avance dans le temps, comme elle l’avait fait en fin de seconde saison. Les personnages évoluent, leurs priorités aussi, et les dynamiques essentielles à ce show perturbé, encore plus. Du coup, le spectateur se retrouve propulsé aux frontières françaises, avec des retrouvailles de BFF enfin décidées à ne plus penser avec leur vagin, et en plein Prague avec du rebondissement à soap presque trop guilty-pleasure pour être honnête.
Une réussite in extremis.
6.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Gossip Girl | Lien permanent | Commentaires (34) | Tags : gossip girl, saison 3, episodes, critiques, cw |
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18.05.2010
The Vampire Diaries (Saison 1) Cher journal, je suis hémophile

Founder’s Day – 1.22 (diffusé le 13.05.10) (finale)
Pour son grand épisode conclusif, The Vampire Diaries a sorti l’attirail poussiéreux, postiches frisées et robes à double-identité à la clé. Il ne manquait plus qu’une Neve Campbell souffreteuse pour clore cette soirée épico-mouvementée de bas étage. Triste fin de pacotille.
Malgré toute la bonne volonté juvénile concentrée pour visionner la fin de la première saison de The Vampire Diaries, force est d’avouer que la série a perdu en mordant vampirique et en révélations rythmées pour patauger un peu plus dans le soap boutonneux au fur et à mesure des épisodes.
La plus grande erreur de la série, c’est d’avoir rendu le personnage de Damon sympathique, au summum du lisse lors de ce final sans saveur. Voilà que la brebis galeuse se met dorénavant à remercier les sorcières, à flatter les jeunes sosies de Katherine, à avouer sans complexe ses sentiments et à prodiguer des conseils sur le thème imposé de « la vie, c’est mieux quand on est mort ».
Où diable est donc passé le Damon qui ne souciait que de lui ? Qui écarquillait des yeux tout en arrachant la carotide de jeunes nymphettes de Mystic Falls ?
En rasant le manichéisme assumé de la série au travers ses deux héros attachants, la série a perdu en intensité. La palette de personnages, consensuelle à souhait, perd par ricochet en intérêt, les forces maléfiques à combattre étant de terribles caricatures diaboliques sur pattes (John en particulier). La fine nuance au cœur de la mécanique de ce teen show sans complexe n’est plus que lointain souvenir.
Malgré le désir de la série d’ériger un cadre exceptionnel (une soirée municipale à la Gilmore Girls qui finira mal, à la Scream), The Vampire Diaries ne profite à aucun moment de l’importance de son intrigue pour entretenir un quelconque suspense. Entre l’accident de voiture de Caroline et ses amis (on se fiche de la véritable identité du maire et son fiston, bien que l’on mise sur le loup-garou ou le croisé vampire, pure invention au potentiel intéressant), le faux danger entourant la vie de Damon (John tue Anna personnellement sans se soucier du sort de Damon, pourtant le véritable ennemi de lui et Isobel et la raison principale de cette rafle nocturne, -perplexe), la série n’a pas bien mesuré ses enjeux et nous offre une soupe froide en guise de conclusion haletante (on ne parle même pas du rôle insipide de Bonnie, qui mérite d’être brûlée vive).
La série avait démarré sous des auspices favorables au genre teen-fantastique. The Vampire Diaries était rapidement parvenu à se débarrasser de l’apparat ridicule autour de la romance ado-vampire pour assumer sa folie gore, enchaînant les sombres péripéties. Dommage que le triangle amoureux peu subtil et sans nuance manichéenne (à croire qu’Elena les rend tous imbéciles) ait empiété sur l’essentiel. Et le twist final efficace mais peu impactant n’a rien changé à ce triste constat inodore.
5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, The Vampire Diaries | Lien permanent | Commentaires (57) | Tags : the vampire diaries, cw, saison 1, twilight |
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10.02.2010
Life Unexpected (Saison 1) Quand Juno ignore Gilmore Girls

Bong Intercepted – 1.04 (diffusé le 08.02.10)
Lux est renvoyé de l’école en raison du bong vendu dans l’enceinte scolaire. Cate essaie de convaincre le principal de donner une seconde chance à Lux, le dossier de la jeune pauvre fille sous la main. Mais la situation s’empire pour Lux, qui se venge en public.
Déjà, dans le précédent épisode, la série avait, en réalisant un épisode grande famille rancunière, consacré son ton anti-Gilmore Girls cucul et naturellement cliché.
La série continue sur sa désastreuse lancée. Voilà l’ultime review d’une série tuée dans l’œuf.
Pour une chronique qui se voulait pétillante et mélo, le contenu de Life Unexpected est un trop gros fardeau. Rien ne va dans cette série qui confond les genres et résout ses problématiques pas bien solides au moyen d’un bon sentiment établi à la va-comme-je-te-pousse.
D’emblée, les personnages manquaient de profondeur mais détenaient le potentiel pour se révéler. Mais la série a préféré faire de mal en pis. Les parents sont d’épisode en épisode plus irresponsables et gnangnan dans leurs regards apitoyés de parents pris au dépourvu.
Lux, la jeune héroïne, est de plus en plus effroyable dans sa quête de maturité (payer le loyer de son père sous couvert d’une morale sur le soutien familial était assurément la scène la plus risible de l’année).
Moins cynique, bêtement rebelle, Lux ne nous épargne pas. Lux s’acharne sur sa mère sans assumer ses propres erreurs. Légitime évidemment, puisque la série appuie lourdement sur l’enfance si malheureuse et cruelle de la jeune fille prodigue qui alors peut tout se permettre. Pauvre petite chose pourtant intelligente, on nous le rabâche.
En quatre épisodes, la série n’a à aucun moment évolué. Et se contente de patauger dans son concept terre à terre et misérabiliste.
Sur un schéma « un épisode, une crise familiale, une réconciliation sur l’oreiller douillet acheté par la maman sympa cool », la série ne produit aucun effet. Ni émotion ni éclat de rire. Life Unexpected préfère remettre sans cesse en cause ce qu’elle a tenté d’établir lourdement depuis ses débuts : une stabilité environnementale.
Chaque épisode, son drama sentimentaliste. Alors oui, les drama queen ont le vent en poupe, mais les Queen B et S ont l’art et la manière de dramatiser (emphase et mauvaise foi). Life Unexpected n’étant pas une série fancy, la sincérité en étendard, elle préfère exploiter le filon de l’incertitude et la peur de l’engagement familial (Lux a fait 3.75 fois son sac de départ par épisode et même que Cate la mère s’y met, à douter) avec un ton lourdement moraliste et prévisible. Et le résultat est à chaque coup insupportable.
En deux épisodes, la série a atteint un niveau de mièvrerie et de ridicule rarement atteint dans un jeune produit télévisé. C’est définitivement loupé.
2.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Life Unexpected | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : life unexpected, saison 1, cw, brittay robertson, shiry appleby, kerr smith |
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