19.07.2011
Au service des objets trouvés : la sélection ciné du mois

Une Séparation
La Séparation a beau tisser sa toile autour d’une rupture, dans un Iran actuel, la complexité est à l’image de la réalité, elle s’étale tout au long d’un scénario puissant, de manière globale, sans compartimenter son récit. Le film d’Asghar Farhadi est une œuvre qui tend à s’ouvrir, dont le sujet est un salmigondis bien rodé de situations quotidiennes, de zones d’ombres splendides, de nuances dramatiques, et d’interrogations profondes. Car après le soutien, vient l’accident puis la mise en responsabilité, une charge à la fois amoureuse, civique, familiale et religieuse, un exemple de la complexité humaine et un symbole de la perte de l’innocence. Construit admirablement, au prisme du privé et de la perception post-dictature, le film illustre la part de chacun –mari ou femme, père ou enfant- dans une société moderne tuméfiée.
D’une intelligence et d’une psychologie rarement exploitées à l’écran, le cinéaste iranien bouscule les valeurs sociales et conjugales, interroge les vertus religieuses et politiques et paralyse toutes les certitudes. Par l’interprétation à couper le souffle de ses deux couples à double visage, qui jamais ne campe un rôle défini, par la puissance narrative, sans orientation, sans influence, par cette mise en scène quasi à huit-clos, intime et fascinante, par cette absence vertigineuse de voile moral, Une Séparation est plus passionnant et ténu qu’un drame social, il est un exemple de mesure et de discernement, une invitation à l’interprétation et aux (re)questionnements de nos valeurs.
10/10


Harry Potter et les Reliques de la Mort (2ème Partie)
L’attente était telle que l’on partait déjà déçu, tristement empoisonnés par cette ultime histoire du sorcier binoclard qui prendrait bizarrement fin sur un quai de gare vingt ans plus tard. Mais parce qu’il faut parfois faire ses adieux aux symboles adolescents, le dernier volet de la croisade Potter s’est établi avec satisfaction, en forgeant la maturation et les enjeux belliqueux.
Alors oui, Harry Potter a mûri, ses amis ont grandi, le mettant désormais au défi, mais pour autant, l’éclat est intact de retour à Poudlard. Le cinéaste David Yates a ainsi réussi sa dernière trajectoire, allier enthousiasme magico-pubère à destruction idéologique. Si la marotte du réalisateur de ponctuer de répliques gentiment futiles et adolescentes tout au long d’un combat sérieux fait perdre le récit en force de conviction, le ton et le rythme, très engageant de ce dernier volet, désormais noir et gris, fait de missions périlleuses et de dilemmes internes, profite à long terme à cet esprit bon enfant menant vers la voie adulte.
Soucieux de démontrer l’ampleur de la mythologie magique, ses allants profonds, ses quêtes torturées et ses défis fatals, David Yates s’en tient à de splendides plans d’ensemble, mêlant dénouements de la lutte bien contre mal, flashbacks explicatifs, et tunnels symboliques sur la vie des Potter, leur épopée contre Tom Jedusor, promu Voldemort. Lui, reste impeccable, tenant la dragée haute et cruelle face à Potter viril et combattif. Si l’apothéose n’est évidemment pas au rendez-vous, enjeu cinétique impossible face à la forte imagerie littéraire, l’allure effrénée et l’envie de bien faire sont toujours là, rendant un hommage vif et féroce à cette grande et belle histoire générationnelle.
7/10

Blue Valentine
L’inégalable Michelle Williams s’amourache un temps du mystérieux Ryan Gosling pour composer une fresque douce-amère sur l’amour, le délitement. Conquis dès les premières notes, dans le regard perdu d’une épouse prise au piège de la routine et du désenchantement, dans les mains délaissées d’un mari présent et maladroit qui ne sait plus comment jouer. Blue Valentine est un film humble et sensible, qui emporte par sa sincérité. Composé en deux temps, au passé-présent, par des saynètes symboliques, exprimant tantôt la rencontre, tantôt l’ennui, la colère ou bien la passion, ce film indé capte des instants volés, illustre l’ineffable et la décomposition sans en parler. Grâce à la mélancolie superbe de Michelle Williams, l’érosion devient intense, tragique dans sa terrible inéluctabilité. D’une justesse louable.
8/10

X-Men : Le Commencement
Oeuvre complexe, parfois cérébrale, X-Men est plus qu’un film de super-héros. En recyclant sa galerie d’acteurs (Halle Berry, James Marsden, Hugh Jackman, un peu fades) pour des talents actuels (McAvoy, Fassbender, Byrne) et en déterrant une époque, celle des origines sixties de l’homme mutant, le quatrième volet des X-Men est l’histoire de la légitimité, celle qui finit par rendre passionnante une saga de bonne facture mais ternie par les codes du genre. Décrire l’opposition centrale entre Magneto et Professeur X, avec psychologie et trait d’esprit, et en usant aussi du mouvement pop culture et des enjeux de la Guerre Froide a permis au cinéaste Matthew Vaughn de prouver que l’adaptation des comics américains peut aussi chercher du côté de l’inventivité et de l’intelligence. Avec de vrais questionnements, en vrac, sur la marginalisation, l’affirmation et la tolérance des autres, X-Men : First Class dépasse le registre de l’histoire de bon aloie, et parvient à être une aventure haletante et créative, sur fond de récit intéressant et enlevé.
7/10

Hanna
Si Joe Wright nous épate encore, ce n’est pas pour son faciès mélo qu’il fait convoler sur toute sa filmo, c’est bel bien pour son art esthétique de la mise en scène, qu’il parvient même à insuffler dans son essai d’action à vocation de divertissement. Entre les romances tragiques et les productions d’espionnage, il n’existe pas de transition pour le cinéaste anglais, qui jongle avec le blockbuster, le fantastique et le puéril avec la même sensibilité. Tant par le casting savamment mesuré (opposé le diaphane Eric Bana à la lumineuse Cate Blanchett est une idée rare) que par ses effets profonds, sa musique infernale implacable, ses scènes d’action plus délicates que les vingt dernières bobines hollywoodiennes. Fort de son rythme, de sa mélodie singulière, Hanna est un thriller vertigineux, frôlant le registre malade et le genre poétique. Dans cet esprit, Saoirse Ronan et Cate Blanchett sont admirables de conviction, l’une en adolescente froide et intrigante, l’autre, en diablesse rugissante de malfaisance délicieuse.
7/10


Derrière les Murs
On a beau dire, les films d’horreur français sont condamnés au terrain glissant. Dernier exemple en date, l’ennuyant à pourrir, Derrière Les Murs, creux et vain de bout en bout. A force de gratter la moelle des Autres, de voir du côté des productions ibériques et de simuler des ambiances fantastiques asiatiques, Derrière Les Murs, premier film horrifique français en 3D, devient un produit lénifiant, une gabégie pauvre en matière, qui oublie le frisson pour appuyer sa cartouche provinciale façon mauvais Pagnol en trois dimensions. Dans ce marasme sans teint, ce scénario aussi lisse que nos malencontreuses lunettes lourdes, Laetitia Casta essaie de trembler à la surface. En jouant une écrivaine et mère endeuillée par la perte de sa fille, la belle actrice paumée à la campagne, finit par jouer les hystériques de série Z. Des cris, des hallucinations, des visions terribles, Casta s’essaie à la possession comme elle peut, en clignant brutalement des paupières devant sa machine à écrire. Du cliché, évidemment, mais surtout un fond méchamment inoffensif.
2/10


My Little Princess
Trop, bien trop d’effets et de fausses notes dans ce film quasi autobiographique mais totalement ampoulé d’Eva Ionesco. Isabelle Huppert, dans le rôle d’une mère-artiste maudite exploitant sa progéniture, frôle le registre du médiocre, l’auto-caricature, en poussant l’interprétation à son paroxysme parodique, en s’évertuant dans le cabotinage et les excès de bourgeoise glaçante. Sa fille à l’écran, Hannah, a beau faire peau neuve, elle est une version miniature d’un même constat de grande actrice qui s’entend jouer. En devenant une égérie glamour pseudo-érotique d’un milieu pervers, la nymphette perd son innocence, mais en oubliant la détresse, la sensibilité. Sorte de petite peste sortie d’un teen-show américain, la jeune héroïne nous enflamme les tympans par ses répliques hurlées contre sa mère. Irritant, embarrassant, ennuyant, le film gonflé aux surdoses mélodramatiques, passe par toutes les étapes, en oubliant toute notion de justesse, en prenant racines aux défauts. Scénario présomptueux, photographie hideuse, interprétation plus que sordide, et psychologie insalubre qui dévie toute sensibilité à l’image de ses décors grotesques, le film est un malaise pernicieux à faire détester les premières œuvres.
0/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans xCritiques Cinéx | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : critiques, cinéma, une separation, harry potter, hannah, x-men, blue valentine |
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28.02.2011
United States of Tara (Saison 2) Le traumatisme est ailleurs

From This Day Forward – 2.12 (diffusé le 06.06.10)
Et si rien ne sera plus comme avant dans la vie des Gregson ? Avec ce final et son lot de révélations, United States of Tara explore le passé de notre héroïne tout en éradiquant le futur de sa sœur chérie. La conclusion est âpre, en forme de doléance mais apporte une once de compréhension à cet ensemble sériel bigarré.
D’abord dubitatif sur les fondements de la maladie de Tara, cette fin de seconde saison nous a rassuré. Finalement, l’explication faite fin de saison inaugurale n’avait été qu’une simple piste accessoire. Les vrais raisons touchées du doigt par Tara concernant son comportement multifacette ont été seulement abordés en seconde saison, alors évidemment, si l’impression que la première saison repose sur du vide est bien là, on pardonne facilement à ce personnage attachant, tellement désireux de comprendre de quoi il est fait.
Les évènements s’imbriquent toujours mal chez les Gregson. Comme pour cette journée post-tempête où un agent social débarque pour un contrôle parental, ce final allie révélations familiales et mariage de Charmaine. Celui-ci a des airs de tragédie annoncée et le dénouement dramatique n’a pas manqué. Charmaine, enceinte et abandonnée à l’autel, bouleverse le temps de deux scènes esseulées et d’un discours sur l’envie d’être autre, ou d’être simplement normale.
On pourrait même reprocher à Tara d’avoir saboté cette journée si spéciale pour sa sœur, Charmaine qui étant son soutien le plus indéfectible, le mérite à n’en pas douter. Mais Chicken émeut autant qu’elle effraie, ce nouveau alter de Tara est le symbole d’une enfance déchue.
Le mystère sur Tara et son enfance se dévoile prudemment, à mesure de quelques scènes indicatives. Tara et Charmaine et leur passage dans un foyer d’accueil, l’existence d’un demi-frère apparemment dangereux, les prémices d’explications sont là mais pourtant, rien n’a encore été vraiment révélé. Mais, quand Tara, effondrée, se console dans les bras des siens, la famille Gregson personnifie soutien et amour, dans une ambiance nuancée plutôt fidèlement retranscrite, on s’en contente, avec l’impression d’un épisode final simple et plutôt bien amené.
Avec cette fin de seconde saison, il semble que la direction explicative de la série soit enfin la bonne mais l’art du teasing aidant, le spectateur devra attendre le troisième chapitre pour sustenter son insatiable curiosité. Ce qui en soi, avec les interventions toujours impeccables de Marsh et Kate, la relation de Tara et Charmaine ou le rôle solide de Max, ne sera que des retrouvailles plaisantes.
8/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans United States of Tara | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : united states of tara, saison 2, toni colette, showtime, critiques, diablo cody |
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04.01.2011
Damages (Saison 3) Patty Hewes, ex-carnassier et nouvelle proie

Bilan
The Next One’ Gonna Go in Your Throat – 3.13 (diffusé le 19.04.10) (season finale)
Avant l’ultime baisser de rideau, Damages nous offre un dernier épisode-sensation, qui s’emploie à régler l’arc de saison tout en rendant hommage à certaines facettes clés de la série. Ambiance de fin pour le show judiciaire de FX.
C’est devenu une tradition pour la série, chaque année, la scène conclusive se déroule sur le ponton de la propriété secondaire de Patty Hewes. Les yeux qui scrutent l’horizon aquatique, le regard plongé dans le vide, il est l’heure de l’introspection. Avant toute réflexion intérieure, place aux pistes centrales qui ont fait de la saison 3 une jolie mosaïque intrigante.
Tom Shayes est mort. L’arc Tobin a dorénavant son mot de fin. L’agresseur de Patty a une identité. La série a consciencieusement assemblé ses éléments distillés au cours de la saison pour composer un final bigarré. Concernant l’intrigue centrale, le clan Tobin, la série n’a pas manqué à ses ambitions. Si les protagonistes de fin sont ceux que l’on imaginait facilement, Damages a surtout pris un malin plaisir à enclencher l’implosion d’une famille originalement soudée. Entre la reconversion maléfique de Joe Tobin, un bon gars à la base, la dépression de Carol, le geste désespéré de Marylin ou celui de Louis il y a plusieurs semaines, sans évoquer le sort réservé aux filles Marchetti, les Tobin sont un plaidoyer éloquent antifamille. Malgré ce pessimisme de fond qui a eu raison du cœur familial unissant les Tobin, cette intrigue s’est révélée dans sa maîtrise et son caractère jusqu’au-boutiste.
On s’en doutait, la mort de Shayes est liée à l’affaire de ces protagonistes sur le déclin. Subtilement (ou presque), l’épisode retrace ainsi les dernières heures de vie de l’avocat, en mettant en lien les histoires principales entre elles, à l’exception faite de l’accident de Patty, qui lui est exclusivement réservée. Du sac d’Ellen au rôle du sans abri, en passant par la noyade de Tom ou le cadavre jeté dans l’Est River, cette boîte à puzzle s’est reconstituée sous nos yeux, sans vraiment nous surprendre, mais en nous cependant l’impression d’un travail bien accompli de la part des auteurs.

Pourtant, ce sont bel et bien les ultimes coups de projecteurs accordés à Patty et Ellen qui permettent à l’épisode de tenir le haut du pavé. En ravivant les souvenirs d’une Patty culpabilisée jusqu’à la moelle ou en rendant justice quant au meurtre de David Connor, fiancé d’Ellen, l’épisode signe une conclusion psychologique et formelle à ces histoires transversales, à la base de la pyramide Damages. Quitte à rendre moins impactants l’élucidation du cas Tobin, le sort de Lenny Winstone ou l’acte impardonnable de Joe Tobin.
Fidèles à nos héroïnes complexes, le spectateur préfère s’attarder sur leur passé, les fondements de leur évolution. Malgré des flashbacks vocaux très peu probants, le retour dans le temps accordé à Patty, sa première grossesse, son cas de conscience (la carrière ou la maternité ?), prouve à quel point Patty est un personnage féminin taillé pour l’ambition, prête à tout, même à provoquer une fausse couche. Evidemment, cette histoire ancienne qui ressort des tiroirs a une résonance actuelle qui réside dans l’histoire de Patty et Michael, son rejeton. En jetant en prison la concubine de son fils, Patty continue d’assurer ses arrières, sans égard au bien-être de son fils. Une logique de protection destructrice qui aura finalement raison de leur relation, puisque à l’origine de cet accident à travers lequel Patty a risqué la mort, ce n’est autre que le fils prodigue le mystérieux instigateur.

Moins éloquente que l’étude faite de Patty, l’histoire d’Ellen et Frobisher qui trouve là un regain d’intérêt inespéré. Le premier drame de la série demeure sans nul doute dans l’assassinat impitoyable de David, le gentil fiancé d’Ellen, qui par la suite conditionnera la mécanique de la jolie avocate. L’histoire n’évolue symboliquement qu’avec le retour de Timothy Olyphant et l’hommage posthume fait à Zeljko Ivanek. Forte de quelques répliques conclusives, l’histoire a au moins le mérite de rendre justice à David Connor et Ellen Parsons, la victime collatérale de tout un système légalo-politique pervers.
Face à ces histoires de fond ou temporaires, le travail d’orfèvre des auteurs est à louer. Evidemment, si l’on imagine difficilement l’avènement d’une quatrième saison, c’est aussi parce que la série vient avec cet épisode rythmé et dense comme boucler la boucle, eu égard à l’investissement actif de ses spectateurs. Et comme le demande Ellen à Patty en réflexion finale : Is it worth it ? A méditer.
Saison 3 : 7.5/10
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Damages | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : damages, saison 3, fx, critiques, genn close, rose byrne |
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05.08.2010
The Office (S.6) La crise à Scranton avec Michael Scott

The Whistleblower – 6.25 (diffusé le 20.05.10)
A Dunder Mifflin/Sabre, qui est le lanceur d’alerte ? Tout le bureau est en émoi, les imprimantes Sabre prenant feu, Kathie Bates de retour cherche à punir la balance de ce secret de polichinelle. Ambiance dénonciation gestapo à Scranton.
Pour son dernier épisode, The Office a innové. En reprenant intelligemment le contexte conjoncturel de la saison qui a permis à Dunder Mifflin de perdurer dans le brouillard de la disette en se faisant racheter par une compagnie d’imprimantes (pas très fiables), Sabre. Dirigée par une main de fer dans un gant, entourée de surcroît par deux molosses, Jo, alias Katie Bates règne sur son domaine. Il n’y a pas à dire, The Office sait évoluer avec le temps et opérer de vastes changements au sein de son équipe.
C’est avec Michael Scott que l’évolution prend sens à l’écran. Si le bureau est désespéré à l’idée de trouver le responsable du scandale public qui entache désormais la nouvelle compagnie de papier et son éventuelle défaillance technique, Michael Scott, lui, se révèle étonnamment protecteur. Hors de question pour le manager de dénoncer l’un de ses employés, chacun étant pour lui comme un membre de sa famille. La prestation de Steve Carrell s’avère toujours impeccable et l’homme se révèle férocement émouvant, tragicomique mais surtout bouleversant lorsque son personnage évoque la perte d’Holly dans l’intimité avec Jo ou lorsque Michael raconte le vide de son existence (une année avec une caméra à l’épaule et seulement douze minutes filmées qui valent le coup). La scène est d’une force incroyable, rendant plus humain que jamais ce pitre de bureau.
Face à cette révélation et cette surprenante profondeur, l’humour n’a pas résisté longtemps. Evidemment, les facéties de Dwight, les interventions de Creep ou la trouille palpable d’Andy au bord du licenciement sont autant d’atouts qui siéent à l’humour de la série. Mais pour ce final, le décor de fond n’a rien de vraiment amusant. The Office est véritablement devenue un paysage à part entière, dans lequel on prend plaisir à suivre le quotidien des employés, peu importe leurs interventions, pour autant qu’on anticipe leurs caractères.
Certains pourraient reprocher à ce final de manquer de grandiloquence et de gag épatant. D’autres, satisfaits par l’évolution humble de cette série, devenue touche à tout, se régaleront de voir que The Office sait user d’autres manières pour amuser et mettre en scène son personnel de bord tellement attachant.
8/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, The Office | Lien permanent | Commentaires (28) | Tags : the office, saison 6, nbc, michael scott, critiques, episodes |
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12.07.2010
The Hard Times of RG Berger (Saison 1) L’ingratitude bien pourvue

Avec l’indémodable thème de l’ado looser ingrat, la chaîne MTV dépoussière sa ligne sérielle le temps d’un été sans histoire. RG Berger, jeune puceau palot, est ce que l’on connaît du genre ado depuis toujours : entre Mean Girls, les Skins, les tout vieux American Pie ou le récent Aliens in America voire Beaux Gosses nationaux, RG est issu d’une lignée juvénile génétiquement atrophiée et médiatiquement caricaturée. En somme, il est un personnage déjà familier. Trop familier ?
MTV n’a jamais été une chaîne très subtile. Plus connue pour ses programmes de télé-réalité (The Hills, Laguna Beach, Next) que pour ses choix de créations sérielles, la chaîne musicale aurait-elle envie d’inverser la (médiocre) tendance ? Avec son remake imminent de Skins, et d’autres projets séries sur le feu, c’est sans doute le cas. Et The Hard Times of RG Berger, prévu pour cet été 2010, pourrait bien être là pour préparer le terrain.
Si MTV mise de nouveau sur la carte de la sérialité, force est de constater que le contenu de sa politique séries a gardé l’attrait et les priorités du network faites il y a quinze ans. The Hard Times of RG Berger prouve à qui veut l’entendre que le bêtement provoc’ juvénile est et restera le créneau supposé vendeur de la chaîne câblée. Pourtant, on s’en rappelle encore : le chef d’œuvre Daria par la même MTV avait su parler (des) aux ados grâce à son cynisme léché et sa vision cruelle mais véridique de la jeunesse. Huit ans après la révérence de la binoclarde à frange rebelle, MTV n’en a pas oublié son envie de parler des conflits adolescents à la cantine, des émois pubères frustrés dans les couloirs de lycée.
Dans cet univers stricto sensu, RG Berger s’en sort bien. Le jeune a gardé les lunettes de Daria et son allure sans look. Comme elle, le jeune n’a pas une vie sociale à faire frémir la logistique de Mark Zuckerberg et lui aussi se passerait bien des bals de fin d’année et des matchs de basket ball. Mais contrairement à Daria et sa lucidité à toute épreuve, le jeune renoue avec les mots d’ordre de la plèbe éduquée par les nanars à la American Pie. Popularité, entretien physique, fantasme sur la plus belle plante du lycée, amis embarrassants, quête de la sexualité porno, le jeune s’est vu hériter du milieu social, intello et scolaire pop corn, celui-là même qui faisait parfois sourire lorsqu’on portait des bagues en fer au cinéma.
Mais parce qu’une décennie plus tard, il fallait tout de même innover : le héros refoulé se voit doter d’un gros engin. Celui qui lui permettra de gagner en cote, à défaut d’un humour bien décalé ou d’une répartie bien … répartie. Finis donc les clichés, le looser peut aussi être bien monté, MTV osant alors la carte de la sexualité éhontée (alors que l’on bipe les « fuck », n’est pas HBO, qui veut). Comme Hung ou presque, RG décide d’être fier de son anatomie et le montre sans complexe, ainsi les chansons rock en fond sonore n’en seront plus que toniques, les caricatures faits personnages accessoires plus que grossies, les histoires secondaires bêtement plus inspirées (parents échangistes, amie amoureuse nympho) et l’évolution narrative, plus que pré-visiblement tracée.
Si The Hard Times of RG Berger tente l’originalité (l’ado looser n’est ni super héros ni drôle : il en a simplement dans la culotte), cette carte s’effrite vite à mesure de l’histoire de fond qui peine à se distinguer des schémas-types, et c’est tout l’intérêt de la série qui est remis en cause. A réserver aux jeunes ados ayant manqué l’étape Appatow.
4/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, The Hard Times of RG Berger | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : the hard times of rg berger, mtv, critiques, saison 1 |
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23.06.2010
Nurse Jackie (Saison 2) Diagnostic d’un chemin anticroix

Years of Service – 2.12 (diffusé le 07.06.10) (finale)
Coup d’accélérateur soudain pour la mécanique globale de Nurse Jackie. Avant de passer la troisième, la série s’assure là d’une vraie évolution, à la Breaking Bad. Résultat : le niveau général passe d’un cran et le show se bonifie, fort d’une inattendue dramatisation.
Après une première saison sympathique, qui a su poser les bases de la série, entre art médical absurde et secrets d’un personnage central, la seconde saison de Nurse Jackie prend à bras le corps l’intrigue de son concept de départ. Malgré un début relativement complaisant, à travers lequel les auteurs se sont contentés de reprendre l’univers de la saison inaugurale, cette seconde saison n’a pas dégonflé à mesure des épisodes. Mieux, cette année, les scénaristes se sont amusés à faire tomber Jackie de son piédestal fait d’acquis et de confiance en soi pour finalement précipiter notre héroïne dans une impasse, un vrai-non retour qui nous rappellerait d’autres séries focalisées sur le secret du héros (Breaking Bad, Dexter). Parce que la vérité finit toujours rejaillir à la surface narrative, Walter White peut durement en témoigner.
Avec l’avant dernier épisode et à plus forte raison avec cet épisode conclusif, Jackie est dos au mur. Déjà, avec l’infirmier addict qui connaît sa tendance médicamenteuse forte et l’ex-amant qui revient dépité pour désarmer l’héroïne, Jackie avait commencé à goûter aux joies de l’existence compliquée. Mais trop sage, ce danger qui planait au dessus de la tête de l’infirmière laissait un goût faux-jeton dans la bouche.
Cet épisode final vient établir un contrecoup inattendu, en alarmant la meilleure amie O’Hara, (ainsi qu’un rescapé dealer mécontent) et le fidèle mari des mensonges et des cachotteries de Jackie. Scénaristiquement, l’intensité est au rendez-vous, le téléspectateur attendant le moment des révélations depuis le tout début, surtout lorsque la série se bâtit sur l’histoire d’un mensonge quotidien du héros.
Outre cette histoire principale qui prend un tournant dramatique essentiel, la série peaufine son ambiance loufoque, en misant comme à son habitude sur Zooey, qui découvre enfin l’amour public dans les bras de Lenny. Plus anecdotique, l’intrigue réservée à Gloria et au patient christique. Si l’attitude de la patronne est toujours impeccable, entre moue irrésistible et tendance cheftaine, cette parade accessoire n’avait pas le fond des storylines simplement décalées qui font la nuance et le charme de Nurse Jackie.
Si la seconde saison ne s’était pas finie sur une révélation de taille sur la vraie identité de notre héroïne, Nurse Jackie aurait cruellement perdu en intérêt, ayant plutôt standardisé en quelques épisodes son ton original et ses ambiances clinico-ironiques. Mais la série évolue, se frotte à des risques majeurs et nous interpelle alors de plus bel.
7/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Nurse Jackie | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : nurse jackie, eddie falco, showtime, saison 2, critiques |
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14.06.2010
Glee (Saison 1) Remember my name : FAME

Journey – 1.22 (diffusé le 08.06.10) (finale)
Pour cette critique ultime du dernier volet chorégraphié de Glee, un peu de complaisance et de bonne volonté : il fallait faire plaisir aux lecteurs qui voient dans la série de FOX un spectacle rafraîchissant, mélange de reprises entêtantes et de teen-show ironique. Après visionnage de cette conclusion, la tâche s’avère très rude.
Dans Glee, l’originalité est à maître à bord. Quoi de mieux pour conclure les saisons que les compétitions musicales synonymes de pression folle, dont on nous rabat les oreilles ? Avec cet épisode, le schéma de Glee reste intacte (déception puis gagne finale) : on débute l’air inquiet, moue triste, victime d’un sort pathétique. Toute la bande baisse ainsi les bras, pour cause, Sue Sylvester a investi le groupe du jury pour ces régionals trépidants. D’emblée, l’ambiance s’en ressentit, les jeunes têtes de Glee Club ont le mérite de rendre l’air parfaitement invivable lorsqu’ils ont décidé de tirer la tronche. Mais heureusement, la bouderie n’est jamais que de courte durée et l’espoir rejaillit tôt ou tard, si possible sur fond musical sirupeux.
Trève de vexations puériles, le groupe décide de faire un medley de leurs plus grands tubes sur scène et finissent conquis. Pourtant, le résultat en live n’a que très peu de saveur : les apprentis chanteurs gesticulent, s’époumonent, agitent du bras, se rentrent dedans, sans synchronisation ou maîtrise scénique. Les voir triompher aurait été peut-être été le coup de massue insupportable. Mais parce que Vocal Adrenaline s’est amusé à assassiner spirituellement Freddy Mercury (par un jeune pubère prénommé Jess, ça en dit long), la victoire leur revient et les enfants du Glee Club deviennent les loosers attitrés. Pas étonnant, le coup du « on perd mais on gagne, quand même, ici (comprendre, la matrice de la série : le cœur humain », on connaît.
Ras-le-bol pourtant d’entendre ces discours pathétiques sur le sort qui s’acharne toujours, illustrant les tares existentielles de l’ado enceinte, l’afro obèse, le gay excentrique et autres cas sociaux de la bande, Ryan Murphy aurait-il décidé de faire sa série une cause de charité, une lutte pour les démunis ? Admettons que certains rôles soient à plaindre (être juif et porter la crête, dur), l’essentiel n’est finalement qu’un simulacre plaidoyer pour la différence qui finit noyer dans des chansons pop revendicatives et mettant fièrement en scène nos fameux inadaptés, qui n’incarnent jamais vraiment la marginalité sauf lorsque cela se veut amusant -un comble de l’ironie même pas assumé.
Le fond n’a jamais été aussi mal tenu en haleine dans Glee. Plus d’intrigues principales, d’humour, que du chant à tue-tête, qui nous brise les tympans et des associations de personnages idiotes et des relations mal gérées (Rachel et sa mère, Will et Emma, etc). La série ne prend même pas le soin d’annoncer de quoi la suite serait faite et préfère rendre des hommages en chansons, encore et toujours, avec la larme au coin de l’œil pubère, qui suinte véritablement lorsqu’il est question de dire merci au professeur sauveur.
Et dans tout ce naufrage perdu aux fins fonds d’une terre de mièvrerie sans nom, même Sue Sylvester, seul symbole lucide, peut-être un brin caricatural parfois reconnaissons-le, ne parvient plus à contrebalancer la mesure. La prof de gym finit à la botte de cette chorale chiante comme la pluie.
Un final à l’image du rejeton de Quinney : à peine né, et tout propre, lisse, sans rugosité. Et si le show must NOT go on ?
4/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Glee | Lien permanent | Commentaires (50) | Tags : glee, saison 1, fox, ryan murphy, critiques, résumés |
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09.06.2010
Community (Saison 1) L’esprit de groupe, sans les lauriers tressés

Pascal’s Triangle Revisited – 1.25 (diffusé le 20.05.10) (finale)
Une année s’est écoulée au community college de Greendale où les personnages séniles et sales fréquentent les apparents terroristes et les féministes aux grandes dents. Une année d’entente au diapason, de péripéties burlesques, de situations qui relèvent du génie narratif, malgré une conclusion étonnamment teintée mélo.
Coup dur pour Community : et si son épisode de fin était l’épisode le moins probant de toute sa (majestueuse) saison inaugurale ? Pour les éternels spectateurs habitués au shipping télévisuel, l’épisode sera cependant une grande réussite formelle, les auteurs ayant écarté les idées de scenarii ingénieuses pour mettre en avant les triangles amoureux, peut-être même un carré romantique inattendu et risqué (Jeff ou l’art de la polygamie, clin d’œil à HBO ?).
Parce que la série maîtrise l’art de l’overzetop avec dérision et ironie (même Troy fait sa référence à Happy Days et à la théorie sériephile du jumping the shark), la série use et abuse du fond sentimental et en fait un concentré de vingt minutes, peut-être ironique, en tout les cas sacrément déstabilisant. Slater, l’ex de Jeff Winger revient à la charge mais Britta, en pleine compétition de midinette de fac, réalise que cette fois elle ne laissera pas son promis dans les bras pendants d’une prof ratée. La compétition entre les deux jeunes femmes est attrayante, nous rappelant cet avant-dernier épisode génial qui pour sûr aurait du être le rideau final de Community. Mais parce que celui-ci, en veillant à mettre en œuvre des intrigues romantiques, perd en (mauvais) esprit et en (bonne) camaraderie.
Résultat, le fond humoristique de cette fin s’en ressent, malgré la bonne humeur intacte et les références subtiles (sur Lost et Ben, entre autres) ou les actions des autres de la troupe. Mais les atouts Abed ou Shirley sont mis en retrait pour les besoins de l’intrigue amoureuse ampoulée, heureusement le personnel de Greendale, du proviseur loufoque, au conseiller alcoolique au poussif Senor Chang gagne aussi en représentation scénique. Ambiance de fin maussade.
Community est et restera la meilleure nouveauté de ce cru sériel 2009-2010. Par son originalité, sa maîtrise de la culture populaire et son art de la mise en scène légère et intelligente, Community est une sitcom qui renouvelle le genre, malgré une conclusion un brin plate. Une exception qui confirme la salutation.
6/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Community, Episodes | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : community, saison 1, critiques, nbc |
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07.06.2010
Modern Family (Saison 1) La sitcom familiale javellisée
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Family Portrait – 1.24 (diffusé le 19.04.10) (finale)
Pour la conclusion de la première saison de Modern Family, un seul mot d’ordre: dispersion. Rien ne va plus dans la famille Pritchett-Dunphy-Delgado, entre les tire-au-flanc, les accidents, les querelles et les malentendus, le clan extra-large de Modern Family part dévasté. Mais reviendra à la rentrée, plus détendu et/ou comique que jamais.
Moment final pour cause, il est l’heure du cliché familial encadré au dessus des escaliers de la maison banlieusarde. Pour sa mission, Claire veille au grain, perfectionniste dans l’âme, la fille de Jay connaît son troupeau et les dangers qu’il peut rameuter avec lui, dans un élan trop élancé.
Comme Claire le supposait, la catastrophe n’a pas manqué. Les auteurs de Modern Family ont toujours pris un malin plaisir à semer d’embûches les chemins de leurs personnages. Peut-être moins inspirée que certains autres épisodes illustres (la fête d’anniversaire de Luke, entre autres), la complication générale de celui-ci lorgne plus du côté de la caricature assumée et prévisible : la photo familiale va être sacrément difficile à réaliser.
Entre Mitchell qui se voit voler son espace privé par un pigeon malotru et qui écrase tout sur son passage, Claire qui cède à la panique et met à sac son mobilier, Phil et Gloria qui bécotent sans le vouloir (pour l’un d’eux) et les enfants pris à témoin, le clan n’est pas prêt de surmonter la pente. Si certaines scènes avaient une saveur de déjà-vu (le côté midinette de Mitchell face à l’étonnante virilité de Cameron), l’épisode développe son attirail comique.
Plusieurs passages valent ainsi leur pesant d’or, notamment la scène tout en lyrisme où Mitchell ruine sa maison pour la cause antipigeon. L’ensemble conserve l’attrait et l’esprit de Modern Family, malgré le fait que les storylines soient trop courtes et cloisonnées, trop dénuées des atouts faits Manny ou autre rejeton de la tribu.
Clairement, les meilleurs épisodes de Modern Family se situent dans la première moitié de la saison inaugurale. Mais à aucun moment, la nouvelle valeur comique d’ABC n’a baissé les bras ou cédé à la facilité narrative. Des situations rocambolesques, des répliques qui font mouche, des personnages tirés au cordeau, la série en est riche en permanence. Et la seconde saison nous ravit d’avance.
6.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Modern Family | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : modern family, saison 1, abc, critiques, sitcom, comédie |
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03.06.2010
The Big Bang Theory (Saison 3) Geekier than geek ?

The Lunar Excitation - 3.23 (diffusé le 24.05.10)
Jeté de rideau à côté pour le final de la série scientifique de CBS. Alors que The Big Bang devient de plus en plus romancé et plat, on se demande : mais où est passée la théorie ?
Syndrome de la saison 3 pour cause, The Big Bang Theory aura cette année manqué de mordant comic-comique. A l’image de cet épisode conclusif où les blagues de scientifiques sont étouffées par les répliques amoureuses et les façades sentimentales, les geekeries, elles, tendent à disparaître de l’univers. Lequel, dirait Sheldon, contrarié par son manque de contrôle ?
Parce que si Sheldon a beau rester un sympathique geek asperger, l’écueil fait Barney Stinson dans HIMYM n’est jamais loin pour une sitcom traditionnelle à personnage atout unique. Sheldon ne peut pas assurer efficacement la dynamique humoristique à lui tout seul. Voilà pourquoi la seconde saison de la série d’ailleurs était subtilement délicieuse, Penny la voisine avait été désignée partenaire de force opposée à Sheldon et les répliques grandissaient en références geek, en cynisme et en ironie.
Comme cet épisode le montre, l’ambiance de cette saison tend à se rosir, sous les pluies des ruptures, même le pauvre Sheldon, qui pourtant était longtemps resté en dehors des contingences mélo, pourrait bien se voir affublé d’une compagnie féminine le temps d’un arc pas forcément inspiré sur le fond. Si les geeks ont la frustration amoureuse comme référent quotidien (ou même l’art de la science dans les gênes), ils représentent également d’autres idiosyncrasies, d’autres manières d’être, qui pourraient se greffer aux caricatures faites ici de nos personnages.
Evidemment, les auteurs s’efforcent encore d’opposer le geek expérimental au mâle lambda, comme cette scène sur le toit de l’immeuble. Mais les recours deviennent systémiques, quasi présomptueux. Faut-il être véritablement dégénéré pour ne pas comprendre un discours de thésard, n’existerait-il parfois davantage de nuance ? A croire la série, il y a d’un côté les geeks trop intelligents, de l’autre les abrutis finis. Sous cet angle, The Big Bang Theory paraît manquer de personnages passe-partout, quelques têtes bien pensantes qui ne soient ni expertes en astrophysique ni en menu fast-food. La voisine du dessous, qui signe là sa première apparition, serait déjà une avancée symbolique pour la série qui on l’espère étoffera sa quatrième saison.
Une conclusion en forme de déception. A force de trop miser sur l’intrigue de Penny et Leonard (ou une histoire qui d’emblée manque de passion et d’intérêt), la série s’enlise dans des scénarii déjà-vu dans lesquels Sheldon tente comme il peut de faire figure d’antimodèle. Et l’évolution des espèces dans tout ça ?
5.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, The Big Bang Theory | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : the big bang theory, saison 3, critiques, série, cbs, penny, leonard, sheldon, geeks |
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