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  • Broad City (Saison 2) La débrouille sans fard

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    Elles s'appellent Ilana et Abbi. Avec Lena Dunham et Amy Schumer, elles sont les new-yorkaises les plus hilarantes du moment. Et peut-être de l'histoire.

     

    Ilana et Abbi sont amies. Amies depuis presque dix ans, depuis leurs classes de théâtre. De leurs mains, elles ont crée Broad City, une websérie qui, grâce à Amy Poehler, s'est vue lancer sur Comédie Central. Ilana et Abbi font de la comédie homemade. Une comédie do it yourself, mélange de punchlines féministes, blagues de "juives", beuveries, clins d'oeil crados, et déliriums psychédéliques.

    Broad City n'est pas ambitieuse. Filmer le quotidien foutraque de deux jeunes femmes qui le sont tout autant. Ilana et Abbi jouent leur propre rôle, à peu de choses près. L'une est illustratrice, femme de ménage dans un club de sport pour vivre, elle vit en colocation avec une fille toujours absente mais dont le petit-ami, un type adipeux et paresseux, squatte constamment le canapé. L'autre glande dans une start-up, elle enchaîne aussi les gagne-pains tranquilles (dog-sitter, ouvreuse). Elle fréquente un dentiste flegmatique et en pince un peu pour sa copine. Ilana et Abbie ne mènent pas la belle vie mais l'enjolivent. Elles fument des joints, manquent d'argent et se créent des missions. Récupérer un climatiseur ou un colis au fond de New York. Acheter en douce un gode-michet. Assister à un mariage de chiens. S'incruster à une rooftop party.  Mendier dans la rue en vendant des dessins ou en improvisant une danse.

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    En une vingtaine d'épisodes, Ilana et Abbi prouvent qu'elles peuvent, elles aussi, jouer aux garçons. Improviser une série de buddies, une série subtilement crétine où la féminité remplace ce viril inspiré à la Workaholics. Elles montrent ça, Ilana et Abby, que les femmes aussi peuvent jouer aux idiotes, à l'aventure qui va trop loin, où l'on trace son téléphone dans New-York, se casse un membre, s'humilie devant un rencard, où l'on s'oblige à jouer les domestiques à demi-nu pour un pervers. Au delà d'une belle stupidité, ces deux amies sont cools. Sans essayer de l'être. Leur humour est brutal, fusionnel, souvent sexuel, un humour parfois plus subtil sur la vie quotidienne à New-York, sur ses gens, sa culture, ses cinémas, ses restaurants, sur la débrouille à coup de coupons Bed Bath and Beyond.

    Mais ce qui transcende Broad City, c'est la vivacité, l'énergie, l'authentique de ces deux amies auteurs qui écrivent ce qui les amuse. Elles éblouissent par leurs envies franches. Parce qu'Ilana et Abbi ne craignent ni rien ni personne. Elles font ce qu'elles veulent. Elles assument tout, leur indépendance, leur manque de maturité. Elles n'essaient pas d'évoluer, de devenir responsables. Elles savent qu'à New York, parmi les vieilles dames folles, les bourgeois sous antidépresseurs, les commerçants véreux, les faux diplômés ou les faux branchés, il y a forcément pire qu'elles.

     

    9/10

     

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  • Secret Girlfriend (Saison 1) Narcissisme et dérision grivoise

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    Saison 1 – Bilan

    « The first show starring YOU », la voix-off gentiment piquante du générique pose les bases du concept très conceptuel, pourtant simple comme bonjour de Secret Girlfriend. Pas de héros, de belle gueule lissée, d’attitude chevaleresque ou de répliques épiques dans ce programme court de Comedy Central.

    Seulement vous, toi, moi : le téléspectateur pris au piège par une succession de cadres fenêtres, plus ou moins inspirées, où une galerie fort en bouche de personnages vient à vous, presque à genou. Et ce concept là, issue forcément d’une websérie branchée qui a séduit les dirigeants d’une chaîne à part, est un atout de séduction unique en son genre. Farfelu, jamais anodin, sémiologiquement inventif.

     

    Hors champ et champêtre

    La caméra subjective, le cadre troué : on s’adresse à vous, en réfère à vous, plaisante et vous agrippe même dans la piscine ou sous la couette, votre couette.

    Pas de scène ni de fresque, une seule vision frontale du spectateur qui actionne toute l’histoire, toutes les dynamiques de l’espace filmique. Vous n’avez évidemment pas de contrôle possible, mais l’effet d’action est plus que vivant. Mis à rude épreuve, le spectateur est alors un contre champ virtuel, indispensable à la survie de la série qui alors parie sur un effet dialogique et scénaristique impeccable, qui fonctionnent assurément.

    Pied de nez funky fait au média cinématographique et généralement sériel où la scène est l’unique cadre d’usage, Secret Girlfriend offre une ribambelle de sketches (deux par épisodes, 10 minutes chrono) où vous le héros, en hors champ, êtes acteur et directeur de scène. Une aubaine.

     

    Los Angeles et vous

    Dans cette série où le spectateur atteint un niveau d’implication rarement atteint devant sa télévision, autant préciser à ce premier les contours de l’environnement dans lequel il risque de mettre les pieds. Hostile ? Pas vraiment, mais Secret Girlfriend offre un cadre de vie férocement foutraque et déjanté.
    Il vous faudra alors survivre à l’emprise griffée d’une ex-petite amie névrosée et caricaturale (un plaisir de tous les instants), composer avec deux meilleurs amis balourds, geeks, frustrés et ravagés et choisir entre une voisine « hot » et une nouvelle potentielle petite amie cocasse, sportive et énergique. Sans compter la fréquentation du tout-Los Angeles, clubs de strip-tease ou bars lesbiens, sauna ou garçonnière délabrée.

     

    Mieux qu’une star de jeu vidéo à la vie limitée, vous êtes alors l’étalon de la ville, le roi de la cité des Anges. Vous êtes Vincent Chase, dans une version aussi peu angélique et moraliste qu’Entourage. Mais avec les deux facettes principales au rabais : l’entourage obèse et niais, et les filles, consommables bien moins regardantes (et regardables).

    Pour évoluer, il ne reste plus que vous et vos interactions, marquées essentiellement par des hochements de tête et des conversations d’iphone à iphone, via diverses applications telles que Skype ou Twitter. Et si Secret Girlfriend décide de vous mettre en boîte technologique sans détour, en réduisant l’humain, c’est pour se jouer d’une e-vérité 2009, qui est ce qu’elle est.

     

    Secret Girlfriend se présente alors comme un programme court formellement audacieux, fondamentalement potache et gras à la Judd Apatow.
    Un junk show en boîte XXL, aux recettes de séduction et de socialisation avariées : le héros consomme, façon graveleuse (vue dénudée ou gag scato entre copains), enfilant les calories et les méfaits assénés du programme sans penser à son estomac, encore moins à son bien-être intellectuel.

    Mais c’est tout le plaisir de la malbouffe, un peu écoeurante, toujours appétissante.


     

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