07.06.2010

Modern Family (Saison 1) La sitcom familiale javellisée

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Family Portrait – 1.24 (diffusé le 19.04.10) (finale)

Pour la conclusion de la première saison de Modern Family, un seul mot d’ordre: dispersion. Rien ne va plus dans la famille Pritchett-Dunphy-Delgado, entre les tire-au-flanc, les accidents, les querelles et les malentendus, le clan extra-large de Modern Family part dévasté. Mais reviendra à la rentrée, plus détendu et/ou comique que jamais.



Moment final pour cause, il est l’heure du cliché familial encadré au dessus des escaliers de la maison banlieusarde. Pour sa mission, Claire veille au grain, perfectionniste dans l’âme, la fille de Jay connaît son troupeau et les dangers qu’il peut rameuter avec lui, dans un élan trop élancé.

Comme Claire le supposait, la catastrophe n’a pas manqué. Les auteurs de Modern Family ont toujours pris un malin plaisir à semer d’embûches les chemins de leurs personnages. Peut-être moins inspirée que certains autres épisodes illustres (la fête d’anniversaire de Luke, entre autres), la complication générale de celui-ci lorgne plus du côté de la caricature assumée et prévisible : la photo familiale va être sacrément difficile à réaliser.


Entre Mitchell qui se voit voler son espace privé par un pigeon malotru et qui écrase tout sur son passage, Claire qui cède à la panique et met à sac son mobilier, Phil et Gloria qui bécotent sans le vouloir (pour l’un d’eux) et les enfants pris à témoin, le clan n’est pas prêt de surmonter la pente. Si certaines scènes avaient une saveur de déjà-vu (le côté midinette de Mitchell face à l’étonnante virilité de Cameron), l’épisode développe son attirail comique.

Plusieurs passages valent ainsi leur pesant d’or, notamment la scène tout en lyrisme où Mitchell ruine sa maison pour la cause antipigeon. L’ensemble conserve l’attrait et l’esprit de Modern Family, malgré le fait que les storylines soient trop courtes et cloisonnées, trop dénuées des atouts faits Manny ou autre rejeton de la tribu.



Clairement, les meilleurs épisodes de Modern Family se situent dans la première moitié de la saison inaugurale. Mais à aucun moment, la nouvelle valeur comique d’ABC n’a baissé les bras ou cédé à la facilité narrative. Des situations rocambolesques, des répliques qui font mouche, des personnages tirés au cordeau, la série en est riche en permanence. Et la seconde saison nous ravit d’avance.

6.5/10

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31.05.2010

The Middle (Saison 1) La famille américaine (très) moyenne

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Average Rules – 1.24 (diffusé le 19.04.10) (finale)

Premier season finale pour la nouvelle The Middle d’ABC qui l’an prochain continuera à nous amuser avec sa beaufitude assumée. Pour terminer comme il se doit la première saison d’une série volontairement moyenne, quoi de mieux qu’un épisode moyen sur l’art de la moyenne attitude ? Parce qu’il n’y a pas à dire, avec les Heck, le moyen est le nouveau branché. Serena Van Der Woodsen n’a qu’à bien se tenir.


Ce n’était pas un véritable risque scénaristique, plutôt une sagesse de la part des auteurs qui ont pendant toute l’année (hormis un avant-dernier épisode humoristiquement inexistant) su consacrer l’art du beauf sans le trait caricatural. Ce fut encore le cas avec cet épisode final qui a su réunir toutes les meilleures facettes de la série.

L’année scolaire est sur le point de s’achever dans l’ignorance absolue. Mais chacun des enfants Heck est alors confronté à un problème récurrent de son quotidien. Les livres pour le bizarroïde Brick, l’apprentissage pour Axl et les participations extrascolaires et l’existence physique tout court chez Sue. On mise ainsi sur les tares gentiment comiques des enfants inadaptés de la famille Heck, quitte à reléguer les histoires des géniteurs au second plan, comme souvent, Frankie et Mike vont se contenter alors de leur rôle de parent impuissant, pourtant en phase avec l’inaptitude chronique de leurs progénitures à « réussir ».


Avec Betty White dans le rôle de la bibliothécaire qui mène la vie dure à Brick (mais qui se susurre à elle-même comme le petit génie du livre), l’épisode s’est soigné dans la forme. Sue nous régale comme aux grands débuts avec son inadaptation chronique (elle enchaîne comme personne les clubs malgré son allure fantomatique et son absence de trace photogénique) et Brick dégaine les bons mots avec un grand naturel comique. Seul Axl, qui grommelle un peu trop et dont l’issue narrative s’avère plus que prévisible, casse le rythme de cet épisode pourtant bien défini.

Comme toujours dans The Middle, la fluidité de la narration et l’imbrication des histoires sont impeccables, se dégage de cette sitcom pourtant d’une facture très standard un sentiment de maîtrise. Et force est d’avouer qu’après même les Raymond, les Malcom, les filles à ne pas toucher ou autre famille afro-américaine délurée, les Heck et leur quotidien paresseux nous offrent une bonne série traditionnelle, moyenne dans le fond, assumée dans la forme, toujours distrayante. On se rencarde l'an prochain, pour sûr.

7/10

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