25.10.2009

Cinéma : Inglorious Basterds ***

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Tout est ironique et boursouflé dans le dernier Tarantino, même son titre. Pas de message historique ni de code héroïque à suivre, le manuel de ces bâterds peu glorieux n’existe pas. Ou alors, il reste enfoui dans l’esprit foutraque du Créateur, qui, comme à son habitude mène seul la danse. Et le carnage.

 

Mais le film n’est malheureusement pas le bordel cinéphile qu’on fantasmait. Inglorious Basterds s’approchant davantage d’un Kill Bill sous amphét que d’un Pulp Fiction nazi, par sa linéarité et sa concision parfois trop rigide.
Le story-telling a toujours été le défi majeur du réalisateur grindhouse. Son arme de destruction massive, vecteur de chaos sanglant, mais aussi son plafond de verre. Toujours à la recherche d’une jouissance cinéphile et d’un plaisir cinglant brut, Tarantino s’essaie à toute narration et toute extravagance.
Mais le scénario d’Inglorious Basterds est alambiqué et le réalisateur se voit contraint de sacrifier sa forme narrative, réduite au classique, pour conserver l’histoire et les références, l’intensité et les jeux de pouvoir.

Et Tarantino n’est jamais trop sérieux quand il s’agit de magnifier la revanche, plus que le moteur du film, son leitmotiv amoral caustique. Jamais trop excellent quand il cisèle le mal, triture l’agonisant et scarifie son personnel aux abois.


Le film n’est alors qu’un arsenal explosif imminent, qui rivalise de machiavélisme impeccable, incarné par le tout-puissant Christopher Waltz et de vaudevire affecté, pathétique et ridicule. Le 7e art selon Tarantino, ce n'est que du nazi déglingué.
Scalps par centaine et four crématoire final sur fauteuils rouges-sang, ou la recette dérangée d’une pellicule bourrue et névrosée, qui se mange crue. Ou ne se déguste pas.

(8/10)

 

Et aussi en cette douloureuse rentrée, The Ugly Truth (3/10), Jusqu’à Toi (4.5/10), Midnight Meat Train (4.5/10)

Mais aussi, Pandorum (7.5/10), Numero 9 (7.5/10), District 9 (7.5/10) et Mary & Max (8/10)