24.11.2011
2 Broke Girls (Saison 1) La trash attitude relevée

Vulgaire, culotté, foutraque, 2 Broke Girls, la meilleure comédie de cette année pourrait ne pas redonner de sitôt ses lettres de noblesse à l’esprit sitcom. Tant mieux.
Au pitch, on pouvait ne pas y croire. Deux filles dans la fleur de l’âge, new-yorkaises de leur état mais que tout oppose, l’une est riche et blonde, théâtrale et mélo, l’autre est brune et rondouillarde, cynique et caractérielle, s’associent et se mettent en ménage pour la cause précarité. Et celle du business cupcake.
Et pourtant, c’est avec le talent retrouvé de Michael Patrick King, scénariste en chef de la série Sex & the City (oui, mais aussi l’homme derrière les films, aïe) et celui de Whitney Cummings que 2 Broke Girls ne s’est pas vautré dans le cliché fade et sirupeux qu’on craignait. Au contraire, la série brille chaque semaine par ses aventures toujours effrénées et originales.
Dès le pilot et tout au long de cette saison inaugurale, la sitcom de CBS assure son pari risqué : celui de concilier deux esprits girly paradoxaux et dont chacun risque à tout moment d’imploser. Moderne et enlevée, 2 Broke Girls est une série authentique, forte en goût, qui assure du côté des rires gutturaux et des moqueries grasses.

Son tandem, rutilant à la perfection, assure toute l’énergie de la série et ses plus belles manifestations. Que ce soit, Caroline (Beth Behrs), la jeune fille simulacre de Paris Hilton, parodiant aussi l’affaire Madoff, épatante dans ses scènes d’hystérie (exemple : ce joyeux anniversaire version Mariah en transe), ou Max (Kat Dennings), sa coloc et nouvelle amie dans l’adversité, héritant des répliques les plus cinglantes, le duo est complémentaire, acharné dans un style comique plutôt inédit.
Parce que très actuel, la série ose s’aventurer dans des lieux originaux, friperies, bars branchés, hôtels de luxe, appartements new-yorkais vétustes ou ensevelis par le désordre, et petit dinner dans lequel elles bossent toutes les deux en tant que serveuses au costume jaune poussin, la série sait repousser les limites (légères) de la comédie en carton pâte. Inédite aussi dans sa thématique (monter son business en temps de crise, récolter des fonds à chaque épisode) et dans sa construction des dialogues, moins figée qu’à l’accoutumée. Plus grossière que fine, mais tout aussi décapante dans son sarcasme à toute épreuve, 2 Broke Girls propose des rendez-vous d’un autre genre, d’un autre New-York, d’autres filles, moins nœud-nœud, moins hipster, plus terre à terre et plus cinglantes.
How To Make It In America peut chialer.
Répliques actuelles, cynisme grinçant, blagues sexuelles gonflées, 2 Broke Girls est une pépite télévisuelle, digne d’une transition royale vers la sitcom contemporaine décomplexée.
9/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : 2 broke girls, critique, cbs, beth behrs, ken dannings, michael patrick king, whitney cummings |
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05.03.2011
Mad Love (Saison 1) Les beaux avec les beaux, les moches...

Dans une programmation télévisuelle infectée par les comédies romantiques new-yorkaises à succès, et autres tentatives éphémères poussives et creuses, une question se pose : a-t-on encore besoin de décrypter une nouvelle comédie romantique insérée entre un épisode de Mad Men et le final de Friday Night Lights ? Si l’on répond habituellement par la négative, on pourrait faire une petite exception avec Mad Love, petite sitcom classique sur les joies amoureuses de new-yorkais fringants ou presque.
Mad Love, créée par Matt Starses (déjà spécialiste du sentiment dans Worst Week mais aussi de certaines frasques loufoques louables dans Scrubs ou Sports Night), n’est pas une série atypique. Elle brillerait même par sa facture férocement classique et son pitch habituel voire paresseux : celui d’une rencontre, entre Henry (Jason Biggs) et Kate, transis d’amour depuis cet échange de regard au sommet de l’Empire State Building.
Une alchimie bouillonnante, des points communs à la pelle, un humour identique, tout porte à croire que les deux jeunes héros sont faits pour être ensemble , à l’image mensongère de Ted et Robin dans les débuts d’How I Met Your Mother. Mais cette rencontre idyllique, presque nœud-noeud coïncide avec la rencontre des sidekicks, celle des meilleurs amis respectifs, Larry (Tyler Labine) et Connie (Judy Greer) qui d’emblée ne semblent pas pouvoir se saquer, et c’est là que la série révèle son véritable intérêt.

Le meilleur ami adipeux et balourd, il y en a dans chaque sitcom. On l’appelle le sidekick, l’atout à bourrelets, parfois le geek, ou l’inadapté caustique. Tyler Labine, sorte de sous Jack Black, est ici fidèle à lui-même, à ses prestations passées du moins (Reaper, Sons of Tucson), en donnant une vraie personnalité sidekick à ce personnage finalement central, sans en faire trop, sans grossir le trait. Idem pour Connie, la splendide Judy Greer (Arrested Development, Miss Guided), qui est peut-être la seule actrice de télé à savoir recycler ses mines boudeuses et ses attitudes agacées. Alors évidemment, la face cachée de la série, c’est de mettre en avant cette rencontre secondaire, ces personnages laissés pour compte habituellement relégués aux postures comiques et aux gimmicks répétitifs.
L’histoire du couple élu, celui de Sarah Chalke, la princesse (déjà héroïne amoureuse dans How I Met Your Mother) et de Jason Biggs, le jeune premier (aux faux airs de Ted Mosby d’ailleurs) prend ainsi un virage secondaire, tout en restant un duo maîtrisé et bien mené. Diffusée pour la St-Valentin, l’occasion rêvée pour pousser les avides de mélo devant leur petit écran, Mad Love a ainsi pu fédérer les amateurs de guimauve et peut-être même certains autres, les boutonneux et les aigris.

Mad Love a beau être une série classique, la machinerie est inversée. Les moches prennent le dessus sur les beaux, les répliques grossières sur les tirades romantiques, les moues sur les sourires. Dans ce paysage new-yorkais, l’humour bêta retrouve une place centrale tandis que la figure mélo accepte un plan secondaire. Le tout est assez traditionnellement écrit, interprété avec conviction par ce quatuor de personnages aussi élégant que franchement abruti.
5.5/10
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26.10.2010
The Big Bang Theory (Saison 4) Les geeks font du surplace

Depuis deux ans, The Big Bang Theory est la comédie la plus plébiscitée par les américains. Rien de plus normal donc pour que la sitcom de CBS intègre cette année la case horaires du jeudi, concurrençant directement les comédies de NBC et les valeurs sûres médicales d’ABC. Une promotion méritée pour le Big Bang ?
Si la série geek est devenue un lead-in mené d’une main de fer par Sheldon Cooper, The Big Bang Theory se fragilise avec le temps, quitte à nous donner l’impression que les meilleurs vannes et les situations les plus geekesques et inspirées de la bande à Sheldon sont loin derrière elle.
Pourtant, la série ne repose pas sur ses lauriers et ses doctorats accumulés. The Big Bang essaie tant bien que mal d’évoluer et d’élargir son propos en déployant de nouvelles intrigues, de nouvelles histoires … malheureusement taillées pour Sheldon, le héros unique.
La quatrième saison s’est ouverte sur une romance platonique entre Sheldon et Amy (surnommé Shamy par la toujours pétillante Penny), mais Amy, aussi butée et psychorigide que Sheldon, sujet aux mêmes logorrhées scientifiques et principes étroits, n’a pas réussi à faire voir à la série de nouveaux horizons, encore moins à assurer le renouvellement d’un humour, toujours cantonné à de grandes tirades verbales désormais largement appréhendées. Et c’est tout l’enjeu d’un personnage féminin dans la vie du geek tout-puissant qui s’est réduit comme peau de chagrin.
Le problème de The Big Bang Theory est aussi son plus bel atout, celui qui reçoit les statuettes et les honneurs depuis quatre ans : Sheldon Cooper/Jim Parsons. La série a atteint un tel degré de notoriété personnalisée Sheldon et ses tendances Asperger, qu’elle manque d’envergure et d’appui extérieur, voire de personnages.
Leonard, en bon sidekick vieillissant, n’a plus rien à dire depuis sa rupture avec Penny, elle-même habituée à son rôle de donneuse de répliques tordues au personnage de Sheldon, et le duo Hollowitz-Raj tourne en rond, alternant les situations figées sur les coutumes indiennes et l’altercation avec la mère juive du scientifique aux pantalons slim. L’inanité actuelle de la série est telle que ce début de saison procède désormais de façon automatique, en créant les mêmes guéguerres et controverses scientifiques, les mêmes dynamiques de personnages, ou en faisant par exemple rabibocher Howard à sa belle et timorée serveuse. Une prudence de fond qui expose la série à un manque récurrent d’enjeux nouveaux.
La quatrième année de The Big Bang Theory débute laborieusement. Rien n’est manifestement mauvais dans cette comédie à la mécanique scientifico-loufoque bien rôdée, trop rôdée peut-être. Prions pour que la série grignote un peu d’innovation, établisse de rôles nouveaux, de références plus modernes pour ne pas s’épuiser en intérêt.
6/10

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16.10.2010
How I Met Your Mother (Saison 6) Un éclat de rire à l’horizon

La sitcom la plus usée du paysage télévisuel US, c’est bien How I Met Your Mother. Poussive, répétitive et caricaturale, la série matrimoniale avait perdu en trois ans tout son bagage comique au MacLaren’s, devenu le repère poussiéreux de quelques copains insipides réunis par la routine. Pourtant, un vent nouveau semble souffler sur la vie de notre bande d’amis new-yorkais. Ou la promesse d’une saison plus travaillée ?
Il se pourrait bien que la sixième saison de How I Met Your Mother fasse date dans l’histoire de la série. Les premiers épisodes de ce nouveau chapitre, bien plus inventifs que les débuts de la série, toute saison confondue, prouveraient bien à qui veut l’entendre (notamment aux détracteurs acharnés de la comédie) que la série a encore quelque chose à dire.
Plus drôle et créatif, la sixième introduction d’How I Met Your Mother renoue effectivement avec le propos inspiré à la base de son concept humoristique. En explorant les diverses facettes de ses personnages phares, l’histoire familiale de Barney, en quête de repère patriarcal, l’errance sentimentale de Robin, ou son appartenance spirituelle à New York (le meilleur épisode dès lors) et la volonté de Marshall et Lily de fonder une famille, la série a fait taire les démons en elle : se vouloir machiste et terre à terre, abusant des situations triviales et des flashbacks déguisés sans égard à l’évolution de ses têtes connues.
Même Ted, héros malgré lui, s’écarte peu à peu du personnage figé avide de romance qu’il était. Elle est bien loin la recherche obsédante de la mère emblématique où Ted comme spectateurs finissent par être confus par tant de fausses pistes déployées et de simulacres d’indices. Désormais, le célibataire architecte prend sa vie comme il vient, mélangeant rencontres fortuites, lubies et cours magistraux. Chacun des personnages d’ailleurs se transmue, fait évoluer ses aspirations et avec ça, ses rituels comiques.
Tant qu’How I Met Your Mother ne se cantonne pas à des répliques de drague faciles, des réunions attablés creuses et faussement mythologiques, en somme des épisodes déjà-vus, la série de CBS a un joli restant d’avenir devant elle : sobre, simple et de nouveau amusant.
7/10

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12.10.2010
Shit My Dad Says (S.1) D’un Twitter amusant à une série médiocre

Parmi les utilisateurs de Twitter, qui n’a pas dans ses following le compte de Shitmydadsays, tenu par Justin Halpern, tendance Tanguy, un trentenaire américain vivant avec son patriarche âgé de 79 ans ? Caustiques, rogneuses et goguenardes, les déclarations de ce pater familias à la retraite retransmises par le fiston ironique sur Twitter alimentaient les éclats de rire et les abonnements en masse depuis des mois (près de deux millions de lecteurs). Pas étonnant que télévision s’est emparée du phénomène pour en faire une sitcom sur un patriarche atrabilaire. Supposé aussi décapant que le vrai bonhomme et pourtant…
C’est le season premiere de Community qui avait flairé avant tout le monde l’étrangeté et la médiocrité d’une telle adaptation. Parodiant ce micro-phénomène comique, Pierce est devenu le « oldwhitemansays » dont les joutes verbales sont retransmises sur Twitter par Troy. Lucides, Abed et les autres ont bien compris qu’une telle formule à la télé ne marcherait jamais.
Et les héros de Community ont raison. L’intérêt premier de Shit My Dad Says était d’apporter sur la toile des répliques isolées, sorte de pastilles cyniques venues de nulle part, sans lien avec une histoire ou personnage notoire, qui symbolisaient un vieil homme grabataire lambda, faisaient de lui un emblème de l’âge acariâtre, drôle et parfois un peu vrai. Et cette forme de déclaration, propre au site de micro-blogging, a été complètement mis à mal par l’adaptation de la série, destinée à démystifier cet emblème générique.
Au détour d’une première scène en carton pâte, Shit My Days s’est vautrée dans un genre caricatural comique, enchaînant les répliques sur-écrites, les interprétations forcées et les situations sans naturel. D’autant que des personnages séniles et renfrognés, à la limite de la caricature, le paysage télévisuel n’a pas attendu Shit My Dad Says et Justin Halpner pour en créer de toutes pièces, à tel point que le vieux des clan familiaux a toujours sa place ou sa visite régulière, souvent forte en naphtaline, dans les comédies américaines.
Alors, sous cet angle, difficile de voir dans Shit My Dad Says, une quelconque innovation conceptuelle, la série, non inspirée et creuse, se fondant exclusivement sur les moues sans originalité du chef vieillard (incarné avec trop de rigidité par William Shatner).
Décor hideux, lumière aveuglante, personnages moches, histoire risible, Shit My Dad Says est une série typiquement CBS : une sitcom repoussante figée dans des répliques automatiques et sans impact.
3.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Shit My Dad Says | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : shit my dad says, william shatner, justin halpner, critique, cbs |
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03.06.2010
The Big Bang Theory (Saison 3) Geekier than geek ?

The Lunar Excitation - 3.23 (diffusé le 24.05.10)
Jeté de rideau à côté pour le final de la série scientifique de CBS. Alors que The Big Bang devient de plus en plus romancé et plat, on se demande : mais où est passée la théorie ?
Syndrome de la saison 3 pour cause, The Big Bang Theory aura cette année manqué de mordant comic-comique. A l’image de cet épisode conclusif où les blagues de scientifiques sont étouffées par les répliques amoureuses et les façades sentimentales, les geekeries, elles, tendent à disparaître de l’univers. Lequel, dirait Sheldon, contrarié par son manque de contrôle ?
Parce que si Sheldon a beau rester un sympathique geek asperger, l’écueil fait Barney Stinson dans HIMYM n’est jamais loin pour une sitcom traditionnelle à personnage atout unique. Sheldon ne peut pas assurer efficacement la dynamique humoristique à lui tout seul. Voilà pourquoi la seconde saison de la série d’ailleurs était subtilement délicieuse, Penny la voisine avait été désignée partenaire de force opposée à Sheldon et les répliques grandissaient en références geek, en cynisme et en ironie.
Comme cet épisode le montre, l’ambiance de cette saison tend à se rosir, sous les pluies des ruptures, même le pauvre Sheldon, qui pourtant était longtemps resté en dehors des contingences mélo, pourrait bien se voir affublé d’une compagnie féminine le temps d’un arc pas forcément inspiré sur le fond. Si les geeks ont la frustration amoureuse comme référent quotidien (ou même l’art de la science dans les gênes), ils représentent également d’autres idiosyncrasies, d’autres manières d’être, qui pourraient se greffer aux caricatures faites ici de nos personnages.
Evidemment, les auteurs s’efforcent encore d’opposer le geek expérimental au mâle lambda, comme cette scène sur le toit de l’immeuble. Mais les recours deviennent systémiques, quasi présomptueux. Faut-il être véritablement dégénéré pour ne pas comprendre un discours de thésard, n’existerait-il parfois davantage de nuance ? A croire la série, il y a d’un côté les geeks trop intelligents, de l’autre les abrutis finis. Sous cet angle, The Big Bang Theory paraît manquer de personnages passe-partout, quelques têtes bien pensantes qui ne soient ni expertes en astrophysique ni en menu fast-food. La voisine du dessous, qui signe là sa première apparition, serait déjà une avancée symbolique pour la série qui on l’espère étoffera sa quatrième saison.
Une conclusion en forme de déception. A force de trop miser sur l’intrigue de Penny et Leonard (ou une histoire qui d’emblée manque de passion et d’intérêt), la série s’enlise dans des scénarii déjà-vu dans lesquels Sheldon tente comme il peut de faire figure d’antimodèle. Et l’évolution des espèces dans tout ça ?
5.5/10

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01.06.2010
How I Met Your Mother (Saison 5) Quête et contrariétés

Doppelgangers – 5.24 (diffusé le 24.04.10) (finale)
Un final pur de fan pour une série devenue quasi-exclusivement un repère de spectateurs aveuglés par leur passion so 2007 pour ladite sitcom. Pourtant, la série a décidé de corriger le tir et fait (enfin) évoluer son petit monde. Mais comme ambition fait season finale, le résultat global reste un peu maigre.
Avec des épisodes totalement creux sujets à permanence scénaristique, des sketchs éculés sans but, des dialogues rabâchés par des personnages qui n’y croient plus, How I Met Your Mother a bénéficié de sa plus médiocre saison, qui pourtant était sérieusement concurrencée par les deux précédents chapitres de la comédie.
Depuis Robots vs Wrestlers qui avait ouvert la voie à un peu d’évolution, cette fin de saison d’How I Met Your Mother s’est repris narrativement. Il était difficile de faire autrement : garder le rythme et l’allure monocorde de la série dont on reproche depuis des années son absence de créativité lui aurait infligée l’estocade en pleine moelle épinière. Alors, pour signer une évolution et sustenter les admirateurs du joyeux clan, les auteurs ont décidé de parler bébé et engagement. Bonjour mère originalité.
Comme annoncé il y a deux épisodes, il est temps de fonder une famille pour Lily et Marshall, qui fricotent sagement depuis des années. Les scénaristes reprennent cette bonne idée de sosie excentrique de chaque protagoniste pour aiguiller la trame principale de ce final. Après la lesbienne Robin, la strip-teaseuse Lily, le mexicain mangeur Marshall et le catcheur Ted, il ne manquait plus qu’une version loufoque de Barney pour que Lily accepte enfin que Marshall « mette un enfant dans son ventre » . Si pour cette histoire, l’épisode comporte les habituels schémas tourne en rond de la série, avec situations tirées par les cheveux à la clé, la fin collégiale apporte une once symbolique à la série.
Robin troque enfin ses valeurs carriéristes à l’amour, malgré une déception amoureuse prévisible mais bien amenée. Barney continue les conquêtes, ici étrangères mais avec cette grossesse préannoncée, le casanova se verrait bien oncle gâteux. Ted lui est le seul à piétiner dans son coin. Il faut reconaître que sa quête à lui n’avance guère, arc principal de la série pour cause.
Malheureusement, malgré la blondeur de son intrigue (au demeurant, divertissante), Ted ne convainc plus, ni dans son rôle de narrateur qui nous entraîne dans ses souvenirs (d’autant que ses enfants de la scène introductif paraissent quasi-vintage), ni même dans celui d’amoureux éconduit. Comme dans cet épisode, Ted renoue avec sa nouvelle mission de sidekick comique, l’astuce fonctionne mais paraît risquée sur le long terme.
Si cet épisode conclusif n’avait été qu’un épisode typique de la saison, How I Met Your Mother aurait pu se vanter d’avoir une sixième cru de goût, en ayant su restaurer l’image sympathique d’un groupe et de leurs quotidiens divertissants. Malheureusement, sous couvert d’une évolution quasi exigée pour la survie du show, cette fin à des airs d’épisode calculé, faussement authentique dans une lignée maudite d’épisodes sans teint. La bonhomie d’How I Met Your Mother et son lot de surprises sont bien loin.
6/10

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26.05.2010
New Adventures of Old Christine (Saison 5) Vieille et increvable

Get Smarter – 5.21 (diffuse le 12.04.10) (finale)
Les aventures finales d’Old Christine ont un arrière goût aigre. Le show de Julia Louis-Dreyfus ayant été annulé par CBS, son avenir est plus que sur la sellette. On murmure qu’ABC pourrait racheter la Vieille Christine pour sa grille à la manière d’un Scrubs l’an passé. Mais rien n’est encore assuré. Alors quand ce season final, hypothétique series finale, clôt sans grand humour la saison (ou série), l’éclat de rire fait place à la déception.
Pour cet épisode conclusif, si l’humour décapant n’était pas véritablement au premier plan, l’évolution et l’approfondissement des personnages ont été sans conteste de vrais atouts mis à profit par la série. En cinq année, la Vieille Christine et sa clique ont grandi, troqué valeurs superficielles pour d’autres plus vénales. Si la série a toujours voulu s’écarter des chemins moralisateurs en faisant faire à son héroïne principale tout et n’importe quoi, les auteurs se sont toujours focalisés sur une vraie cohérence de personnage.
Voilà pourquoi Christine Campbell est sans aucun doute le personnage féminin de sitcom le plus attrayant et le plus attachant du paysage sériel américain. Avec ses tares bien sûr, alcoolisme, égoïsme, racisme, ignorance mais aussi avec sa psychologie contrastée et ses envies de bien faire, Christine est l’héroïne moyenne par excellence, non une anti-héros un peu imbécile et caricaturale, mais bel et bien un personnage avec ses vertus, ses qualités et ses (nombreux) défauts, au potentiel comique inégalable. Cet épisode poursuit l’évolution du personnage de Christine.
Deja, depuis deux ans, la quadra n’était plus la mère possessive qu’elle était jadis (la réplique de la scène introductive allant en ce sens "je crois que quelqu’un l’a emmené à Disneyland"), maintenant, avec la confrontation à l’univers scientifique de son futur époux (Eric McCormack, toujours aussi bon), Christine pourrait aussi développer quelques complexes intellectuels. La thématique est bonne, quoi qu’un peu acharnée et cruelle à l’égard de ce personnage qu’on aime à défendre quoi qu’il nous en coûte. Malgré une scène déjà culte où Christine babille devant la poupée de Richard, plus de légèreté et de répliques cinglantes par le clan des Campbell aurait été de meilleur goût.
Les autres gais lurons ne sont pas non plus en reste, question évolution. Avec Richard notamment, à nouveau affublé d’un fardeau de paternité, tellement pris à cœur que l’homme n’hésite pas à s’afficher bébé en plastique sur le ventre, ou même Matthew qui d’année en année a gagné en considération (et en diplôme). Barb, fidèle à elle-même, demeure le sidekick comique absolu de Christine. Là encore réunis, on espérait plus du thème imposé « surprise party », la loufoquerie de cette saison pourtant constante en excellence s’est ici un peu émoussée. La peur du rideau final, sans doute.
Si cet épisode est la dernière chronique d’Old Christine, le spectateur et admirateur de Julia Louis-Dreyfus pourrait bien difficilement s’en remettre. Un épisode final aurait du inclure une prestation unique de Barb, un scène avec New Christine, une réplique signée Riccie, un moment dans la Prius. Mine de rien, Christine bénéficie d’un vrai paysage à elle. Pourvu qu’il se maintienne en vie, cela en va de l’humour américain et de l’héritage seinfeldien.
7/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Old Christine | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : the new adventures of old christine, saison 5, cbs, julia louis dreyfus, seinfield |
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09.10.2009
Accidentally on Purpose (Saison 1) D’être vieille et fertile

The Date – 1.03 (diffusé le 05.10.09)
L’histoire de Billie et ses hormones.
Pouvait-on faire cette année plus raté que Cougar Town, avec Courtney Cox, par Bill Lawrence, série désespérée pour gens minés ? Non, on ne pouvait pas, ça en allait de la survie de la télévision américaine. Mais comme la télévision américaine a de beaux jours devant elle (il reste The Office), on peut au moins faire plus ringard que Cougar Town : Accidentally On Purpose. Série ringarde pour catherinettes futures arriérées.
Contrairement à Cougar Town, Accidentally On Purpose n’est pas raté. Elle est simplement née un peu tardivement, avec des acteurs plus très frais, des storylines plus très inspirées et des dialogues qui ne sont même pas qu’un ramassis de paroles toutes faites. Dans les années 80, on aurait presque pu rire des gesticulations de Jenna Elfman (à l’époque, on ne connaissait pas le téléphone portable). Vingt ans plus tard, c’est déjà plus impossible.
Le pilot avait bien caché le jeu de la série, qui laissé imaginer un nouveau Samantha Who, dynamique et avenant. Le second épisode avait oublié ladite trajectoire et était profondément mauvais, déjà foncièrement ringard. Et ce troisième est pire encore.
Dans Accidentally on Purpose, tout est tellement vide, pré-mâché, inodore qu’on ne comprend même pas les quelques semblants de storylines qui se trament. On ne revit qu’un concept-papier, sans de nouveaux éléments, sans aucune réplique décente ni acteur même pas capable de procurer un peu de sympathie au personnage, à défaut d’une crédibilité et d’un talent d’incarnation. Cougar Town était le vide intersidéral, la série inutile, qui n’apporte rien. Accidentally on Purpose est microscopique-ment pire.
Et dire qu’elles étaient les deux comédies les plus alléchantes au départ. C’est à se flageller à coup de télécommande universelle.
(1/10)

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Accidentally on Purpose, Episodes | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : accidentally on purpose, cougar town, saison 1, critiques, sitcom, jenna elfman, cbs |
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03.10.2009
The Good Wife (Saison 1) Légale, droite, sévère mais pas que.
![ban[332].jpg](http://www.blabla-series.com/media/00/01/210515181.jpg)
Stripped – 1.02 (diffusé le 29.10.09)
Après que le Procureur ait refusé de poursuivre Lloyd McKeon pour viol, le cabinet d’Alicia introduit une action civile en faveur de la plaignante. Alicia craint que l’escort girl soit aussi l’une des conquêtes de son mari volage.
Sans le fardeau personnel de l’héroïne, The Good Wife serait une série procédurale de CBS comme il en existe tant. Bien écrite, jouée avec conviction et misant sur des cas simples archi-vus aux fins souvent heureuses pour les victimes.
Et même si ce genre standard est assumé par la série, il n’en reste pas moins ici réussi. The Good Wife parvenant dans ce second épisode à inclure la vie de l’héroïne dans l’affaire du jour –une histoire de viol par un haut placé, montrant une avocate rongée par le doute en proie à des confusions d’ordre privé/professionnel.
Evidemment, la série est toujours plus intéressante lorsqu’elle se penche sur l’héroïne (Julianna Margulies, impeccable de doute), ses questionnements, ses difficultés. Et sur sa vie privée et familiale, ses enfants qui la protègent, sa belle-mère qui protège son fils emprisonné. Ces éléments du décor –potentiellement riches- distillés au compte goutte, la série nous oblige alors à passer par la case formula soft avec plus de facilité. Et la combinaison de ces deux facettes se révèle toujours plus judicieuse.
(7/10)

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, The Good Wife | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : the good wife, julianna margulies, cbs, urgences, er, saison 1, critiques |
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