01.11.2011
Breaking Bad (Saison 4) Un chef d’œuvre sur la corde raide

Encore une saison hautement éprouvante pour Breaking Bad qui enchaîne les péripéties électriques, les rebondissements cruciaux sans jamais vouloir nous ménager. A une saison de sa révérence, soit huit petits épisodes prévus l’an prochain, Breaking Bad sort le grand jeu et lorgne désormais du côté des plus grands thrillers sériels jamais créées.
Moins métaphorique, plus musclée, la saison 3 de Breaking Bad avait dépassé nos espérances en développant un arsenal d’acier, fait de tensions psychologiques, de drame familiale et de prises de pouvoir sanguinaire. Cette année, Vince Gilligan n’a pas perdu la main et malgré les tensions entre sa chaîne fondatrice, AMC et son équipe, son bébé semble sur la voie de la canonisation sérielle.
Sans jamais renoncer à évoluer, l’histoire de Breaking Bad a cette année pris un tournant nouveau. Notamment au sein de la cellule familiale des White. Skyler, dans la confidence du business de son mari depuis l’an passé, passe le cap de l’épouse rancunière pour devenir une alliée de taille dans ce schéma de famille quasi-mafieux. Avec un art facétieux de l’entreprise, de l’investissement et de la comédie –plusieurs épisodes dans lesquels Anna Gunn se montre épatante dans un rôle contre-emploi- Skyler prend l’initiative du blanchiment d’argent. Retour aux sources pour les White qui comme en saison inaugurale se prennent de passion pour les centres de lavage auto.

Walter et Jesse sont désormais aux mains de Gus depuis l’assassinat du chimiste remplaçant en season finale de la saison dernière. En raison de ce passage à l’acte barbare, les deux perdent les faveurs du patron et sont à la merci de ce dernier, contraints au travail forcé. Pour ce changement d’humeur, plus d’ambiance noire, anxiogène est venue souffler sur le fond de la série, comme un virus. Fini le temps où la petite entreprise chimique de Walt se déroulait en caravane au beau milieu du désert, la série trouve désormais un nouveau mot d’ordre : le règlement des conflits.
Alors pendant que Jesse Pinkman, le partenaire de jeu de Walter en milieu souterrain, voit le vent tourner en sa faveur, peu à peu, en devenant le bras droit de Mike et cuisinier de Gus, Walter, écume les bévues et les mauvais traitements. Apogée d’une tension entre les deux hommes, l’importance de Hank dans les affaires internes de Gus, convaincu de sa complicité dans l’affaire Heisenberg, aboutit à un climax infernal de tensions, de suspense électrisant qui finit par envoûter les épisodes finaux de cette saison. Mais ce qui choquera surtout cette année, c’est la face nouvelle respective de Walter qui après les coups, la peur et les humiliations, finit par un expert en manipulation et en gestion de crises et de Gus Fring, qui dans sa délicatesse vicieuse, sa gestuelle fine, dissimile l’une des plus personnalités les plus terrifiantes de la télé.

Mais pas uniquement à suspens, pas seulement électrisante, la série a une fois de plus pris le temps de développer quelques arcs à part, d’une psychologie fine, notamment sur Marie, le temps d’un épisode où l’épouse de Hank renoue avec ses pulsions de cleptomane malade en enchaînant les visites immobilières et les histoires de famille saugrenues. Idem pour Hank qui accepte peu à peu son statut d’handicapé ou Walter Junior qui retrouve la réplique centrale à quelques occasions pour mieux éclabousser le marasme familial au visage amer de ses parents, évidemment dépassés par tous ces évènements.
Toujours agrémentés de flaschbacks prenants, d’une utilité féroce quand à la mythologique de la série, Breaking Bad a cette année déployé son histoire avec l’art qu’on lui connaît. En retrouvant des histoires importantes du passé (celles d’Hector Salamanca, de Saul ou de Ted), la série dessine un arc fictif élaboré où tout est inextricablement lié, mesuré, calculé, sans cesse passionnant et décapant.

Cette année, l’étau s’est resserré au maximum autour de nos protagonistes. Dès lors, Breaking Bad est devenue une série sombre à part entière, folle et malade, loin de ses facéties et de son humour d’antan. Désormais, la série ose l’anti-manichéisme vicieux (c.f scène finale) et pousse la prise de risque scénaristique à son maximum. Les huit épisodes de fin prévus l’an prochain risquent d’être doublement intenses. Et imprévisibles.
10/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Breaking Bad, Critiques | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : breaking bad, saison 4, vince gilligan, bryan cranston |
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08.10.2010
L'Hebdo Séries : Les mystères de Fringe

Cette semaine, l'HEBDO SERIES s’intéresse à la série FRINGE. Après un démarrage en demi-teinte, la série revient en ce moment sur nos écrans avec une deuxième saison qui semble enfin avoir trouvé ses marques. Comment la série a-t-elle réussi à prendre une nouvelle dimension ? L’HEBDO SERIES vous apporte ses réponses, et les acteurs donnent leur point de vue sur les changements de cette nouvelle saison.
Également au sommaire :
- Présentation des BORGIA, par Tom Fontana et premières images de la série !
- WONDER WOMAN fait son comeback, qui pour l’incarner ?
- BREAKING BAD nous invite à jouer au petit chimiste
- HUMAN TARGET ou l’héritage des films de Steven Seagal
En bonus, pour finir, on retrouve Bryan Cranston dans un sketch du dernier Saturday Night Live, qui prouve que l'acteur n'a pas peur du ridicule…
Bonne émission !
L’Hebdo Séries, c’est votre émission de référence sur les séries. Chaque jeudi, retrouvez toute l’actu de vos séries préférées en 7 minutes chrono ! News, reportages, interviews, tendance, sélec…Toutes les émissions sur http://www.canalplus.fr/hebdoseries
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Adam & his T.V | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fringe, borgia, bryan cranston, wonder woman, breaking bad |
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08.09.2010
Breaking Bad (Saison 3) Prise de conscience aéro-souffreteuse

Full Measure – 3.13 (diffusé le 13.06.10) (finale)
Affrontement final à Albuquerque. Walter White se retrouve une nouvelle fois dans l’impasse. Que nous réserve donc cette troisième révérence chimique ?
L’avant-dernier épisode s’était achevé sur une scène silencieuse et visuellement déchirante dont la série a désormais le secret. Walter White a commis l’irréparable en écrasant sans trembler les deux jeunes dealers protégés de son boss. En filigrane, le patriarche a enfin choisi son camp, entre les sentiments (pour Jess mais pas que) et la garantie financière.
L’acte de Walt ne pouvait être un acte isolé de plus, parce que Breaking Nad ne cède jamais à la facilité scénaristique, à l’oubli forcé. Alors il faut maintenant que Walter paie pour ce qu’il a fait. Avec une scène post-western mettant en duel Walter à Gus (la prestation est poignante), la série nous offre un enjeu final de taille. Pour la fin du contrat qui les liait, le très impassible Gus accepte de laisser la vie sauve à Walter tout en ne cachant pas sa volonté de mettre la main sur Jess.
Rien ne va plus donc dans le plan B de Walt, qui officiellement n’a plus l’allure du petit business entrepris en douce dans la vieille caravane au beau milieu des plaines désertiques. Bien plus ancrée dans une logique mafieuse, la conclusion de Breaking Bad précipite le spectateur dans un tourbillon de scènes impalpables, subtilement dangereuses ou carrément violentes et nous interroge alors. La série ne serait-elle pas une version moderne des Sopranos ou des films de gangster des années 60 ?
Déjà, avec la plupart des épisodes de cette saison 3, Breaking Bad avait pris le soin de nous marteler comme il faut, mettre nos nerfs à rude épreuve en opérant un tournant moins trash qu’à l’accoutumée, résolument plus sobre, plus latent. Le suspense, résultat d’un ensemble bien pensé d’atouts divers et variés : malaise familial, enjeux mafieux, quête de la reconstruction (Hank, Skyler, Walter), conflits idéologiques, scènes de sang-froid, n’a jamais été si bien entretenu. Et le spectateur, jamais autant investi par une histoire de fond menée avec maestria.
Si l’on s’est pris rapidement au « jeu et enjeu » ultime, subtil symbole de la tension constamment maîtrisée de la série, on regrette en revanche la sous représentation finale de Skyler et sa famille, qui avait gagné en impact dramatique cette année (accident terrible de Hank et beau chagrin de Marie pour cause). D’ailleurs, Skyler est cette année devenue un vrai moteur à la série –et plus seulement un contrepoids qui alimentait indirectement les secrets et les coups bas d’un mari menteur mais débonnaire. La relation entre elle et Walter a pris un virement inattendu, à la fois violent et très réaliste et est pour sûr l’une des raisons qui démontre l’incroyable avancée de cette série qui n’a peur de rien, surtout pas du futur.
Après recul, Breaking Bad s’avère bel et bien être la meilleure série du moment. Les fans de Mad Men et Big Love pourraient avoir à redire mais la vérité est proche, ou alors simplement triangulaire. Avec cette troisième saison, qui a aucun moment n’a relâché la tension et s’est même payée le luxe d’une évolution en tout point (professionnelle, familiale, individuelle, idéologique), Breaking Bad confirme son rang de série d’auteur incontournable, de programme qui pour sûr contribue grandement au mouvement "quality television", à cet ère post-télévisuelle.
10/10

Et pour détendre cette atmosphère finale électrisante, le site parodique Funny Or Die s’est amusé à élaborer une version sitcom de Breaking Bad. Jetez un coup d’œil, c’est de la drôlerie en boîte.
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Breaking Bad | Lien permanent | Commentaires (38) | Tags : breaking bad, saison 3, amc, bryan cranston, vince gilligan, aaron paul, anna gunn |
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