11.11.2011

Boss (Saison 1) Un Damages mafieux vu par Gus Van Sant

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Starz, la chaîne à péage qui ne compte pas, enchaînant les programmes fastidieux a décidé de surprendre avec sa grille de rentrée. Son nouveau drama, Boss, avec Kelsey Grammer dans le rôle d’un maire puissant et véreux de Chicago, passionne les critiques et captive l’intérêt. L’heure de donner à Starz une minute de gloire bien méritée.

 

Si les séries n’ont jamais été le fort de Starz, actuellement seuls Spartacus et son spin-off plus ensanglanté errent en prime-time,  Boss pourrait effectivement changer la donne et donner enfin à la chaîne très câblée, Starz (et son patron, Chris Albrecht, ex-CEO de HBO), ses (nouvelles) lettres de noblesse. Profonde, intelligente, intrigante, les louanges médiatiques se sont avérées nombreuses depuis la diffusion du pilote, à tel point que la série fascine avant s grande première.

D’ailleurs, aux commandes de Boss, une surprise : le réalisateur Gus Van Sant, qui contrairement à ses confrères hollywoodiens, ne s’est jamais vraiment  attardé sur le cas plateaux-télé. Un choix surprenant mais plutôt judicieux puisque la série est empruntée tout au long de ce chapitre introductif de cette esthétique academico-artistique propre au cinéaste à mèche longue. A l’image notamment de ces scènes au ralenti, une jeune fille dans un escalier, un coït sans bavure dans un sous-sol.

D’entrée de jeu, les débuts de Boss prennent donc le téléspectateur à contre-pied. En plan fixe, la série s’ouvre via une scène prenante où le politicien héros (Kelsey Grammer, ancien Frasier) apprend qu’il est atteint d’une maladie incurable, mélange vicieux entre Alzheimer et Parkinson. A partir de là, tout s’enchaine avec une maîtrise scénaristique et une connaissance sérielle des enjeux narratifs impeccables.

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Plusieurs pistes sont menées de front au cours de l’inauguration de Boss. Outre l’histoire personnelle de Tom Kane, le maire de Chicago, la série offre une vision noire de la politique américaine (manipulation des foules, interviews piégées, réunion des élus  sous haute tension, guerre des élections, équipe municipale malveillante), veillant à contourner les formes de fiction politique actuelle pour cogner plus fort.

Surprenante par sa violence latente, son extrémisme de ton (on se demanderait presque si Boss n’est pas en fait une série d’espionnage archi-stylisée), Boss, à l’image du personnage principal, sans cesse avide de contrôle, de pouvoir et de domination, frôlerait presque le registre du mafieux. D’autres storylines sont déployées autour de la femme du maire, une épouse publiquement parfaite, au sourire resplendissant de faux-semblants, reflète le malaise d’un clan politique, et la fille du maire, une jeune fille des ordres aux tendances junky pour parachever ce portrait du cynisme postmoderne.

 

Bien écrite, bien construite, parfois trop, Boss est un exercice de style impeccable, qui sait dramatiser ses enjeux, donner matière à la pourriture politique, en misant tout sur Kelsey Grammer, figure monstrueuse, frappant dans ce rôle dramatique. Un bel exemple de tragédie moderne, 100% corrompue, 100% alléchante.

8/10

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