25.04.2010
Temple Grandin (Critique) L’autisme vu de l’intérieur

Attention, chef d’œuvre original. La vie sans commune mesure d’une femme extraordinaire, une pionnière, une autiste de haut niveau, à l’itinéraire exemplaire, unique et bouleversant. Elle s’appelle Temple Grandin et son charisme n’a pas d’égal.
Des années après Rain Man, l’autisme et ses formes allégées, notamment le syndrome Asperger devenu incontournable à Hollwyood, ont de nouveau le vent en poupe. Après les récents Mary & Max ou Adam, c’est au tour de la chaîne à péage HBO de tirer profit d’une situation mentale compliquée pour composer le temps d’un téléfilm, une fresque de vie bigarrée et émouvante.
Derrière le nom de Temple Grandin, c’est l’histoire d’une vie singulière. Celle de Temple, autiste de haut niveau, diagnostiquée à l’âge de quatre ans alors qu’elle ne parlait pas et rejetait le contact humain. A force d’éducation et de tentative d’intégration d’une mère battante bien décidée à socialiser sa fille, Temple est parvenue à s’assimiler aux autres et devenir une pionnière dans son domaine, une visionnaire.

Loin de l’académisme pompeux de certains biopics hollywoodiens friands de destins de personnalités marginales, Temple Grandin impressionne par son authenticité et sa force évocatrice.
Pas de chemin de croix et d’évolutions pénibles transitant forcément par un assagissement, une rédemption spirituelle, Temple Grandin, à l’image de son héroïne brute, est une construction par étapes de vie, qui s’écarte très souvent d’une linéarité scénaristique classique pour ne retenir que des anecdotes lourdes en sens, des situations contraignantes a-chronologiques, symboles dans l’avancée tumultueuse mais incroyable de la jeune autiste passionnée.
Les détails les plus infimes de la vie de Grandin, ses tocs de langage, ses phobies frustrées ou sa « cage bovine réconfortante » humblement mis en scène donnent une étoffe supplémentaire au personnage, un ancrage affecté qui offrent à cette libre adaptation un effet de sens féroce et touchant.
Devant ce téléfilm de choix, comment surtout ne pas se prosterner devant l’incommensurable Claire Danes qui littéralement crève l’écran par sa prestation unique en son genre ? Celle qui fréquente dans la vie un autre autiste à l’écran (Hugh Dancy, Adam) a su véritablement donner corps et esprit à la vraie Grandin. Dans ces intentions farouches, ces questionnements existentiels, sa rage de vivre, ses colères noires, ses postures et son amour débonnaire pour les animaux et le savoir, Claire Danes procure au personnage une humanité bouleversante, irradie avec sobriété et nous coupe le souffle.

Passionnée par la science, l’ingénierie et le monde animal, Temple Grandin, à force de combats et d’études minutieuses, a su changer les conditions d’élevages des animaux en ferme et a permis la conception de nouveaux équipements –utilisés actuellement pour la moitié du bétail américain. Temple s’est également illustrée dans la recherche sur l’autisme à travers des ouvrages « écrits de l’intérieur » et ses enseignements dispensés à l’Université du Colorado. A ce jour, elle est l’une des individus autistes les plus illustres de l’Histoire. Et représente plus généralement un modèle d’altruisme et de persévérance.
8/10
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : temple grandin, hbo, claire danes, autisme |
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