21.02.2011
Mr Sunshine (Saison 1) Chandler fait grise mine

Matthew Perry pourrait bien être l’acteur de télé le plus maudit qui soit. Des projets avortés, des films passés sous silence, des séries précocement annulées (Studio 60, la seule série d’Aaron Sorkin qui n’est pas convaincu les foyers, Matt en était le héros) le Chandler bien connu désespérait de faire un comeback à l’image de certains de ses copains du Central Perk qui rempilent depuis quelques années. Mr Sunshine, la nouvelle comédie d’ABC, signera t-elle ce retour bien mérité sous les projecteurs ?
D’emblée, Mr Sunshine séduisait par son pitch de caractère et son casting en béton armé (aux côtés de Matthew Perry, Allison Janney et Andrea Anders), comme une promesse de la chaîne ABC de glorifier de nouveau chacune des stars retraitées de Friends. Mr Sunshine raconte la vie faussement palpitante de Ben, un gérant rabat-joie de centre évènementiel qui se démène entre les facéties de sa patronne à l’Ouest, Crystal Cohen, celles d’une équipe d’employés à la personnalité compliquée et les caprices des invités.
Mais comme pour Cougar Town et Episodes de ses compères cathodiques, les débuts de Mr Sunshine ont déçu, faute d’humour convaincant et d’ambiance maîtrisée. A croire que les stars de Friends sont condamnées aux séries surfaites, sans propos de fond.
Le problème du pilot, malgré le perfectionnisme loufoque de Allison Janney, au diapason du caustique depuis Juno et Away We Go et les envies de bien faire de Matthew Perry, c’est que la série n’exploite en rien l’ambiance atypique de l’atmosphère évènementielle et se cantonne de storylines classiques limite paresseuses. Scènes d’introduction poussives, humour à plat, relations caricaturées, personnages prévisibles, Mr Sunshine, malgré sa jolie galerie de protagonistes, avait des airs de coquille vide.
Heureusement, dès le second épisode, Mr Sunshine s’en sort davantage (comme pour Episodes, qui s’améliore avec les semaines) en exploitant un peu plus le potentiel comique des personnages (Allison Janney, plus impayable de scène en scène) et spatiale offerte par le lieu de la série, ce grand centre culturo-sportif. Lui permet de mettre en spectacle toute une pléthore de situations bigarrées, en coulisses ou sous les projecteurs. On apprécie alors davantage l’interaction entre les personnages (le faux concours du meilleur employé, naïvement cruel), leur rôle dans cette structure digne du 30 Rock et cette envie de nous amuser au détour de quelques répliques gentiment corrosives.
En bref, Mr Sunshine s’inscrit dans la lignée des comédies modernes de ABC. Dans l’esprit, cela ressemble à du Better Off Ted (en demi-teinte, l’originalité en moins) : des personnages secondaires attachants et dessinés avec humour gravitant autour d’un héros froid et distancié. Matthew Perry a donc fait ses adieux officiels à Chandler M. Bing. C’est déjà ça de pris.
6.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Mr Sunshine | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : mr sunshine, abc, matthew perry, allison janney, andrea anders |
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