19.12.2011
Rubicon (Saison 1) Jeux et enjeux de pouvoirs

Après Mad Men puis Breaking Bad, il était temps pour la chaîne classique AMC de transformer l’essai du suprême sériel en principe intangible. Les deux séries les plus classieuses du moment ont beau attirer les superlatifs, AMC devait développer sa collection de trophées et des œuvres toujours plus innovantes. Avec Rubicon, série très comploteuse et a l’aube de la série horrifique Walking Dead, la chaîne premium part officiellement sur les traces bigarrées de HBO.
Rubicon n’est plus seulement ce petit fleuve italien mythique outrepassé par l’ami Jules, aujourd’hui, il désigne une théorie du complot, une intrigue de taille qui pourrait bien malmener le paysage télévisuel du mystère, ce mystère, toujours lui.
Le complot, les jeux de pouvoir, les conspirations gouvernementales, les assassinats politiques, les agences secrètes, les américains en raffolent, en redemandent, sous formes de polars en tout genres, de fictions câblées, de formulas hertziens, de best-sellers à la Vinci Code.
Alors pour entretenir les machinations, la paranoïa fantasmée de certains, les élucubrations de certains autres, Rubicon a le potentiel idéal pour devenir la nouvelle série du complot. Si la série n’a pas l’envergure initiale de Mad Men ou Breaking Bad, qu’à cela ne tienne, Rubicon tente de nous concerner avec sa richesse du détail, son sens visuel et musical de la mise en scène, son enrobage froid, toujours inquiétant.

L’expert, ici, s’appelle Will (James Badge Dale, The Pacific). Veuf et solitaire (l’homme a perdu femme et enfants qui l’attendaient sur le toit d’une tour du World Trade Center le jour des attentats, sinistre), Will est un analyste (de codes en tout genre) pour une agence gouvernementale secrète dissimulée derrière une société fictive.
A la mort de son patron et guide spirituel, Daniel, Will va se mettre sur la piste de mystérieux jeux fléchés parus dans plusieurs grands quotidiens internationaux. De cette enquête à la mort de son ami, Wil réalise que quelque chose cloche et se trame un peu plus loin.
Il y a quelque chose dans Rubicon qui renoue avec le classicisme du genre du thriller. Une vraie ambiance, d’emblée, s’institue au sein des murs silencieux de cette agence secrète. Le leitmotiv de la série, son intrigue centrale désignant un traquenard politico-financier planétaire, est prudemment conservé, à mesure que se taillent les enjeux, les personnalités et nos attentes.
Pas de vraie prise de risque, de storylines appétissantes tels des effets d’annonces, Rubicon est une série qui prend volontairement son temps, qui pose les bases, aussi apparemment maigres soient-elles, d’une intrigue costaude, qui semble être façonnée en amont.
Outre les enjeux importants sous-jacents à la série (quasiment imprenables actuellement), à la manière d’un Damages flamboyant, Rubicon se révèle plutôt efficace dans ses mises en forme, dans l’introspection de ses personnages, tous ambivalents, et dans cette ambiance dangereuse latente.
Malgré un regard scénique parfois trop poseur, Rubicon nous interpelle suffisamment pour garantir que ce qu’elle cache sciemment sous le manteau pourrait bien nous dérouter.
7/10

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16.11.2011
The Killing (Saison 1) Un meurtre nordique à la Larsson

Après l’échec de Rubicon, série d’espionnage passionnante, la chaîne AMC a misé sur The Killing pour renforcer sa ligne éditoriale culte, composée de Mad Men et de Breaking Bad. Sur treize semaines, The Killing a offert un spectacle au succès avéré, croisée des genres entre thriller, drama familial et série politique, dans la lignée sévère de Twin Peaks. Un succès sans bémol ?
Qui a tué Rosie Larsen ? La question vient s’incruster aux commissures des lèvres, comme celle concernant Laura Palmer il y a vingt ans. Comme Twin Peaks, The Killing parvient à rendre passionnante une affaire d’homicide sans histoires, à élever au statut de mystère adolescent une jeune fille ordinaire aux airs candides malheureusement passée à la trappe. Rosie Larsen, ses secrets, ses fréquentations, ses endroits de prédilection sont autant d’indices qui pousse à l’hommage sans jamais frôler le plagiat. Parce que The Killing a su instaurer une ambiance bien à elle, un ton indolent et profond qui très vite harponne le téléspectateur.
Pareille à Twin Peaks, ou plus récemment aux séries du grand Nord qui inspirent Hollywood, Millenium en tête, The Killing entremêle les genres en entretenant un mystère général, une suspicion de fond à la fois policière et psychologique. En s’intéressant à la fois à la famille de la jeune morte, à la section policière chargée de l’affaire et à une équipe politique, la série mise sur plusieurs registres pour épaissir son intrigue, quitte parfois à se laisser dérouter par le nombre de personnages et d’histoires parallèles.

Tout au long de la première saison, l’histoire, pluvieuse, mélancolique, source de perpétuels doutes, permet à la série de cultiver un certain charisme. Le casting y est aussi pour quelque chose puisqu’il compte Michelle Forbes, impeccable dans le rôle de la mère endeuillée qui tombe sous la culpabilité et la rancœur, Billy Campbell, en politicien lisse et louche et Joel Kinnaman jeune espoir venu lui aussi du froid suédois, dans le rôle du flic aux zones d’ombres. Mais c’est définitivement l’héroïne de la série, le détective Sarah Linden, qui offre la plus forte prestation. Remarquée en mormone inhibée dans Big Love, l’actrice Mirelle Enos révèle ici sa dualité et son talent, en interprétant une détective passionnée et distante, qui gère avec mesure et réflexion sa vie personnelle compliquée et son enquête alambiquée.
Malgré une histoire noire de bonne facture, une ambiance parfaitement assimilée et une équipe d’acteurs soignés, The Killing n’a pas réussi à échelonner son récit avec la même rigueur et la même force du polar qu’on l’espérait. Sur treize épisodes (tandis que la série originale en comptait vingt), The Killing a parfois abusé des effets du genre et s’est laissée tentée par des storylines accessoires qui ont pris le pas sur l’intérêt initial de la série, à savoir le meurtre de la jeune Rosie.
Si la vie privée de l’héroïne Sarah Linden a permis d’approfondir le personnage et d’amplifier la froideur d’un environnement, certaines histoires, en tête celle de l’équipe municipale, des premiers faux suspects, et des déviations scénaristiques autour de personnages secondaires, teintées de prévisibilité et de manichéisme, sont apparues comme superficielles et sans vrai entrain. Mais achevée sur un cliffhanger périlleux et nerveux, presque douteux, la série a prouvé, outre son culot et sa maîtrise des effets, son potentiel scénaristique et son goût coupable mais efficace pour le genre du polar si adulé du public.
7/10

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22.08.2011
Mad Men (Saison 4) A l’aube des hardies seventies

Depuis la troisième saison, Mad Men trépignait à l’idée d’opérer un tournant franc dans la modernité d’une époque sixtie. Les prémices de cette plongée en eaux modernes américaines avaient été brillamment signées à travers des trames fortes qui touchaient à la fois aux droits civils, à la destruction de la cellule familiale, en passant par l’homosexualité ou l’entreprise, le tout sur fond politique et social (l’assassinat de Kennedy, entre autres). Cette année, d’entrée de jeu, la modernité de Mad Men a été pris à bras le corps.
Un bond en avant. Nous voici en 1964, à l’aube de Thanksgiving. Don Draper est divorcé, vit reclus avec une femme de ménage soucieuse et songe à flirter de nouveau pour le bien-être social. Lui et ses proches collaborateurs ont fondé depuis peu leur agence de pub et tentent de se maintenir la tête hors de l’eau avec leurs faibles comptes clients. Don cherche un appui médiatique et compte sur ses loyaux partenaires pour dégoter de nouveaux contrats.
Le décor est planté avec parcimonie, comme toujours. Et c’est encore avec la plus grande subtilité et la plus grande précision dans les dialogues que les auteurs de Mad Men nous laissent de nous-mêmes prendre le pouls de ces bouleversements et cette nouvelle ère.
Pourtant, dans l’entreprise, l’intensité n’a pas chaviré entre le passage Sterling Cooper Advertising vers la nouvelle agence Sterling Cooper Draper Pryce. Les hommes en colère arrivent matinal au bureau avec le même pas décidé, et malgré l’absence d’open space, les secrétaires sont déjà là, dans des box sur deux étages étroits, toujours supervisées par Joan, avec son professionnalisme glamour qui lui sied tant.

Si le décor évolue, l’ambiance et le plaisir de retrouver cette équipe d’employés sont intacts. S’ajoute à ça, une pression de fond inédite, qui vient subtilement se greffer à cet univers de travail : les impératifs économiques de cette nouvelle agence sont palpables, voilà pourquoi Don se jette corps et âme dans un projet du maillot de bain deux-pièces et ose la publicité moderne à effet racoleur.
La modernité au travail, c’est sans doute Peggy qui l’incarne au mieux. Vestimentairement, moralement, professionnellement, l’ancienne secrétaire qui s’émancipe d’épisode en épisode est devenue une femme indépendante (amoureusement, amicalement) et une commerciale hors pairs avec ses propres méthodes et ses idées farfelues peu conventionnelles (mettre en scène deux femmes qui se crêpent le chignon pour un jambon afin de conforter les ventes et donc le client).
Mais qui est Don Draper ? La question qui brûle les lèvres des téléspectateurs depuis le début de la série et plus particulièrement depuis l’an passé, après quelques troublantes révélations sur le passé du héros phare, revient au premier plan et semble rester majeure cette année. Cette question est introduite d’emblée dans le début de cette saison, en nous donnant presque l’impression que le glas de la supercherie a sonné pour le mystérieux Don. Interviewé par un journaliste unijambiste du Ad Age, Don a la lourde tâche de se livrer sur son parcours. Toujours laconique, celui-ci se rendra rapidement compte qu’il devra entretenir la mythologie d’une identité qu’il a façonnée au fil des années.
En tout cas, l’introspection permise par cette interview a permis à cette quatrième de mesurer l’envergure de son évolution. C’est avec un petit pincement au cœur d’ailleurs que l’on retrouve l’unique Betty dans les bras d’un mari de substitution, Henry. Le bonhomme vit dans la maison des Draper et invite sa nouvelle épouse et ses enfants à ses propres repas familiaux. Le sujet épineux du divorce vient alors rapidement à la surface, entre les comportements réfractaires de la mère d’Henry (she’s a silly woman ») et les pulsions rebelles de la jeune Sally (la scène à table s’avère absolument jubilatoire).

Là encore, la conciliation entre le monde du travail et l’environnement familial est assurée à la perfection par les scénaristes qui avec quelques scènes brèves rendent compte de toute la complexité du divorce et de la famille recomposée vue par les autres à cette époque. Du coup, Betty perd en temps d’antenne tandis que les conquêtes professionnelles et autres voisines de Don gravitent le sommet. Don Draper, célibataire, redevient alors majestueux, le charisme, l’aura du business man, la subtilité du père laissé pour compte et la douleur du deuil en plus. Mais un mariage prétexte au règne ne se profilerait pas de nouveau pour le leader générationnel ?
Cette quatrième saison, à la fois sobre et tragicomique, aura permis à Mad Men de se lier officiellement à la modernité d’une époque et d’un propos. La transition vers le monde contemporain se fait sous nos yeux, à travers des histoires simples mais terriblement symboliques. La preuve magistrale que Mad Men reste, grâce à sa justesse intacte et son authenticité historico-sociale, la production la plus maîtrisée du moment.
9/10

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02.11.2010
The Walking Dead (Saison 1) Frissons et contemplation ?

On n’arrête pas une chaîne en pleine ascension. La machine intelligente, AMC, qui s’est emparée de l’héritage HBO en programmant Mad Men et Breaking Bad ou les deux séries dramatiques les plus louées du moment, a lancé ce dimanche, Halloween pour cause, The Walking Dead : première série américaine placée sous le signe de l’horreur et des yeux rouges. Un nouvel exemple de créativité sérielle.
L’ambiance zombie prend enfin pied dans le paysage télévisuel américain. A côté d’une filmographie thématique abondante, supervisée par le maître du gore George A. Romero, qui a balisé le film de zombie comme un sous-genre cinématographique à part entière, la série sur le mort vivant n’a pas fait date, le petit écran américain ayant toujours préféré aux cadavres ambulants les vampires charismatiques et autres loups garous gentleman.
Mais depuis les deux récentes séries anglaises sur le même thème : Dead Set, la fausse télé-réalité gore tendance série B et Survivors, l’exemple post-apocalyptique mou de la BBC, il semblerait que la viande rance du zombie ait enfin la cote cathodique. Pour composer une série d’envergure, la chaîne ABC et le créateur, Frank Darabont (un habitué du gore : Frankenstein, The Fly II, Freddy 3, The Mist) ont calqué leur projet sur la série de comic books du même nom de Robert Kirkman, publiée en une douzaine de tomes depuis 2003.
Pourtant, si le matériau original est contemporain, la modernité revendiquée du projet tient plus des qualités techniques de la série que des bases de l’histoire, typique du sujet zombie. Celle d’un flic, Rick Grimes (Andrew Lincoln, Afterlife, Love Actually), qui après une lourde opération chirurgicale et un léger coma se réveille parmi l’errance d’un monde, pris d’assaut par les morts vivants et les ossements humains, et part à la recherche de femme et enfant, disparus dans les décombres.
Pour autant, la série parvient à s’émanciper de l’héritage maudit du zombie pour aspirer à une empreinte propre. Dès le pilote, la série retranscrit une atmosphère étouffante différente des fictions post-apocalyptiques habituelles. Ici, le zombie n’est plus cette momie émaciée aux yeux dévorants et à l’allure brindezingue. La peur du zombie est ici relative (un protagoniste secondaire le dit, les zombies sont inquiétants que lorsqu’ils sont en groupe) mais s’établit de manière frontale et lancinante, les altercations sont frontales, et le dégoût se présente face à soi, sans esbroufe mais avec un souci appuyé d’un certain réalisme (la scène où Rick explose le cerveau de son ex-partenaire, gachette sur le front).
De ça, découle une réalisation imposante, qui témoigne de l’horreur mise en portrait, qui légitime alors la photographie sublime des plans, digne de la folle camera de Breaking Bad, la construction des dialogues, l’intelligence du vide humain parmi les morts vivants qui errent comme des âmes en peine. Au spectacle pop corn du bain de sang et des bouillies de cervelles, la série préfère effectivement la contemplation d’une horreur décente et éloquente. Si à la fin du pilot, l’histoire manque encore de matière et de ficelles plus complexes, The Walking Dead tisse d’emblée des moments forts, crée une terreur presque émouvante, à l’image de cette scène où une femme dévorée et réduite au seul tronc se traine dans l’herbe sans perdre espoir.
Première série zombie du câble, The Walking Dead se présente comme un show intelligent, figure nouvelle d’une sorte d’entertainment d’auteur, assimilée sur le fond et magistralement soignée dans la forme. L’horreur télévisuelle risque fort de devenir artistique.
7/10

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08.09.2010
Breaking Bad (Saison 3) Prise de conscience aéro-souffreteuse

Full Measure – 3.13 (diffusé le 13.06.10) (finale)
Affrontement final à Albuquerque. Walter White se retrouve une nouvelle fois dans l’impasse. Que nous réserve donc cette troisième révérence chimique ?
L’avant-dernier épisode s’était achevé sur une scène silencieuse et visuellement déchirante dont la série a désormais le secret. Walter White a commis l’irréparable en écrasant sans trembler les deux jeunes dealers protégés de son boss. En filigrane, le patriarche a enfin choisi son camp, entre les sentiments (pour Jess mais pas que) et la garantie financière.
L’acte de Walt ne pouvait être un acte isolé de plus, parce que Breaking Nad ne cède jamais à la facilité scénaristique, à l’oubli forcé. Alors il faut maintenant que Walter paie pour ce qu’il a fait. Avec une scène post-western mettant en duel Walter à Gus (la prestation est poignante), la série nous offre un enjeu final de taille. Pour la fin du contrat qui les liait, le très impassible Gus accepte de laisser la vie sauve à Walter tout en ne cachant pas sa volonté de mettre la main sur Jess.
Rien ne va plus donc dans le plan B de Walt, qui officiellement n’a plus l’allure du petit business entrepris en douce dans la vieille caravane au beau milieu des plaines désertiques. Bien plus ancrée dans une logique mafieuse, la conclusion de Breaking Bad précipite le spectateur dans un tourbillon de scènes impalpables, subtilement dangereuses ou carrément violentes et nous interroge alors. La série ne serait-elle pas une version moderne des Sopranos ou des films de gangster des années 60 ?
Déjà, avec la plupart des épisodes de cette saison 3, Breaking Bad avait pris le soin de nous marteler comme il faut, mettre nos nerfs à rude épreuve en opérant un tournant moins trash qu’à l’accoutumée, résolument plus sobre, plus latent. Le suspense, résultat d’un ensemble bien pensé d’atouts divers et variés : malaise familial, enjeux mafieux, quête de la reconstruction (Hank, Skyler, Walter), conflits idéologiques, scènes de sang-froid, n’a jamais été si bien entretenu. Et le spectateur, jamais autant investi par une histoire de fond menée avec maestria.
Si l’on s’est pris rapidement au « jeu et enjeu » ultime, subtil symbole de la tension constamment maîtrisée de la série, on regrette en revanche la sous représentation finale de Skyler et sa famille, qui avait gagné en impact dramatique cette année (accident terrible de Hank et beau chagrin de Marie pour cause). D’ailleurs, Skyler est cette année devenue un vrai moteur à la série –et plus seulement un contrepoids qui alimentait indirectement les secrets et les coups bas d’un mari menteur mais débonnaire. La relation entre elle et Walter a pris un virement inattendu, à la fois violent et très réaliste et est pour sûr l’une des raisons qui démontre l’incroyable avancée de cette série qui n’a peur de rien, surtout pas du futur.
Après recul, Breaking Bad s’avère bel et bien être la meilleure série du moment. Les fans de Mad Men et Big Love pourraient avoir à redire mais la vérité est proche, ou alors simplement triangulaire. Avec cette troisième saison, qui a aucun moment n’a relâché la tension et s’est même payée le luxe d’une évolution en tout point (professionnelle, familiale, individuelle, idéologique), Breaking Bad confirme son rang de série d’auteur incontournable, de programme qui pour sûr contribue grandement au mouvement "quality television", à cet ère post-télévisuelle.
10/10

Et pour détendre cette atmosphère finale électrisante, le site parodique Funny Or Die s’est amusé à élaborer une version sitcom de Breaking Bad. Jetez un coup d’œil, c’est de la drôlerie en boîte.
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Breaking Bad | Lien permanent | Commentaires (38) | Tags : breaking bad, saison 3, amc, bryan cranston, vince gilligan, aaron paul, anna gunn |
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05.09.2010
Mad Men (Bilan Saison 3) L’ancien monde enchanté

Oubliez tout ce que vous savez sur Mad Men. La série d’AMC, dont la troisième saison a été intégralement dévoilée depuis plus de deux mois, a opéré un coup de pied dans la fourmilière de l’austérité sixty de Sterling et Cooper.
Décor, action, époque
Le rythme lent est mort. La sophistication d’ensemble, elle, est intacte, plus ravissante que jamais. Plus cruelle, aussi. A méandres, cette saison reflète cet habituel univers plastique impénétrable (et visuellement époustouflant) tout en accélérant la cadence narrative et multipliant les histoires à tiroirs. Résultat : une commode victorienne secrète et fascinante.
Le passage à la modernité s’est faite sans heurt chez Sterling et Cooper. De ces hommes en colère, il ne reste qu’un héritage idéologique travailleur et machiste. Mais forts d’un monde en bouleversement -l’entreprise, la famille, la sexualité- ces protagonistes d’une époque presque révolue doivent faire face à l’aube d’une ère nouvelle. Celle d’une pré-mondialisation, de l’affranchissement et de l’individualisation.
Et le plus gros coup de maître de Mad Men, son plus bel atout, c’est d’avoir su déplacer son sujet, amincir la frontière entre histoire et contemporanité pour peu à peu établir un nouveau cadre d’action. En gardant son ton, ses couleurs et ses fondements thématiques, sans que jamais le spectateur puisse déceler quelconque changement, pourtant majeur et primordial à la série.

Le couple Draper : quand l’émancipation échappe au pouvoir patriarcal
Le couple terrible mais tellement juste de la télévision actuelle, ce sont eux. Betty et Don Draper. Deux icônes, deux façades, deux égos.
Depuis la précédente saison, dans laquelle Madame a débuté son ascension vers l’indépendance, au moins psychologique, Betty Draper n’est plus un objet féminin bien pensant, la jolie broche décorative que s’accroche Don sur sa pochette pendant les soirées mondaines. Depuis l’ultime infidélité de Don, Betty est désavouée. Et l’épouse a réalisé ce qu’elle ne pourra jamais corriger.
Cette année, Betty (January Jones, son jeu, son regard, incommensurables) refuse les gémissements au foyer (ces scènes magnifiques de seconde saison où Betty passait ses journées à paresser sur le sofa, inerte, en buvant). Et ose l’indiscipline, le désaccord, le secret, le contredit, le verbe haut. La vérité.

« I don’t love you anymore »
Des débuts anecdotiques qui ont rapidement laissé place à un véritable affranchissement de la femme. Et c’est alors qu’elle s’est mise à dicter son propre jeu. Cette féministe avant l’heure, dont on ressentait les quelques ambitions naissantes depuis le tout début, marque une vision nouvelle de la femme, en illustrant le virement véridique de sa position attitrée dans les soixante passées : aux portes de l’émancipation identitaire, du libéralisme, refusant leur sort peu cher payé.
Etonnamment assise, cet émargement de la cellule familiale a conduit la désirable Betty à fricoter. Romantique, elle reste un modèle de vertu, en refusant (de prime abord) de flirter avec l’homme pour lequel elle cultive secrètement des sentiments. La contre-mesure nuancée de l’infidélité masculine toujours pregnante.
Alors que Don Draper accuse le coup. Ce modèle de fermeté et de stabilité au travail s’est fait humilié, parce qu’égalé, voire devancé sur le terrain de l’affirmation privée. Le chef publicitaire a en effet connu un chemin inverse de celui de sa femme. Plus attendrissant avec ses enfants et sa femme, plus guimauve, Don Draper a voulu faire profil bas et retrouver la sérénité familiale, qui lui sied (femme à son service, position de père charismatique, maître de la maison).
Sans abandonner ses habitudes tenaces –l’aventure avec la maîtresse de ses enfants, la boisson et les secrets, Don a permis à Betty de gagner du terrain. Vulnérable en raison du putsch de Betty en fin de saison qui l’a contraint au séjours d’hôtel et qui a effrité toute une image de patriarche qu’il confectionnait à l’envi, sa fragilisation s’est confirmée lorsque Betty a découvert les secrets de son passé.
« Truth hurts » lance t-il méchamment à son épouse pour lui faire ouvrir les yeux. Sa formule à l’effet boomerang a condamné Don et barricadé sa relation maritale, alors subie. Pour aboutir à l’officialisation d’une rupture désirée par l’autre partie.
Ce couple, une avancée symbolique pour la série.

Des portraits secondaires, des études infinies
Tous complexes, jamais définis ou identifiables, les rôles secondaires de Mad Men sont la matière riche et imprévisible de la série. Peggy, Joan, Pete, Romano, ou Roger, leurs familles, ces têtes habituelles et pourtant mystérieuses et inaccessibles sont le terrain de l’utilisation des symboles par le show.
Aux apparences parfois anodines, ces personnages dont on nous dispense un épisode sur trois, ont la capacité d’illustrer les plus grands développements de Mad Men. Ses plus grandes trames sous un air pourtant très accessoire. Parce que Mad Men ne brode pas dans la surenchère, il en demeure que la série recèle de trouvailles narratives pour aborder des thèmes historiques majeurs. Homosexualité refoulée à travers Romano, racisme ou suspicion chez Pete, mondialisation, individualisation, ces personnages tourmentés, jamais assez intégrés, sont le cœur de l’époque, l’étude de la série.
De tous, Peggy est assurément le personnage le moins évolué de cette saison. Parce que l’affranchissement de la jeune créative s’est fait sans doute de manière très précoce dans la série et qu’il lui fallait gagner en stabilité intellectuelle, modèle d’excellence qu’elle incarne avec brio. Cela dit, sa relation avec Don, qu’elle envie follement, se décomplique et institue de nouveaux enjeux professionnels (ou l’envie de prendre son envol).
Pour Joan, il s’agit de décrocher. Tout en acceptant l’idée d’un ménage imparfait et d’une contribution loin de ses fantasmes de femme au foyer dévouée. Elle restera le point d’accroche, de stabilité de Roger, qui s’est mis à dos à famille et amis en épousant une jeune pin-up capricieuse. Leur relation, à l’état de préambule sensoriel, promet de nouvelles expériences pour la suite.

La cohésion de ce groupe, d’une entreprise, l’autre force de la série, se retrouve dans les deux grands évènements de fin de saison. A l’occasion de la mort tragique du Président Kennedy (ou un épisode remarquablement affecté et touchant, réalisé par Barbet Shroeder) et de la fin de Sterling & Cooper.
Parce que comme Betty, comme le contexte, toute la boîte de Sterling & Coop vote unanimement l’émancipation, le pouvoir par l’accomplissement individuel.
La scène finale irradie, le désir de changement est lisible sur chaque visage impatient.
Voilà ce qu’a réussi à instituer magistralement cette saison 3 méthodique et subtile : une transition de taille passionnante pour un virement exceptionnel promis, fait future saison 4.
Note bilan : 9/10.
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Mad Men | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : mad men, saison 3, amc, critique, matthew weiner, john hamm, january jones, christina hendriks |
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27.05.2010
Dans les coulisses de HARD saison 2

HARD, comédie dans le milieu du porno signée CANAL+, a rencontré un franc succès en 2008… avec sa veuve un brin coincée héritière d'un empire du sexe. L'Hebdo Séries s'est rendu sur le tournage plutôt dénudé… de sa seconde saison.
Egalement au sommaire :
- AMC part à la conquête de l'Ouest
- Le Parents Television Concil s'illustre encore
- Les HEROES traînés en justice
- Jack Bauer fait ses adieux
- SCRUBS passe la 8ème
Enfin, en bonus, découvrez le nouveau trailer de la saison 3 TRUE BLOOD, attendue aux Etats-Unis le 13 juin prochain.
Bonne émission, et à la semaine prochaine pour une spéciale LOST...
L’Hebdo Séries, c’est votre émission de référence sur les séries. Chaque jeudi, retrouvez toute l’actu de vos séries préférées en 7 minutes chrono ! News, reportages, interviews, tendance, sélec…Toutes les émissions sur http://www.canalplus.fr/hebdoseries
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Adam & his T.V | Lien permanent | Commentaires (28) | Tags : hebdo series, hard, amc, heroes, jack bauer |
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