10.10.2010

True Blood (Saison 3) De A+ à B- : bilan sanguin plus que négatif

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Battlestar Galactica, Veronica Mars, Grey’s Anatomy, The West Wing…. Beaucoup de séries ont été victimes du terrible syndrome de la piètre troisième saison qui fait très souvent loi sur le monde impitoyable des séries télévisées. True Blood, ou le nouveau chef d’œuvre (trop ?) rapidement autoproclamé de HBO, ne faillit pas à la règle et s’achève cette année sur une mauvaise note, à la fois insipide et agaçante.

 

Avec cette troisième saison et ce season final apathique et sans entrain, True Blood est devenue une sorte de caricature d’elle-même, bavarde et poseuse, usant et abusant des cliffhangers sans saveur dissimulant des intrigues le plus souvent ineptes et mal abouties.

Si True Blood n’a jamais été une série à arc principal, préférant le regroupement d’intrigues interdépendantes, la série a multiplié cette année les storylines, quitte à nous faire espérer un final pluriel et bigarré. Sans cohérence globale finale, ces intrigues, diffuses et mal gérées, ont eu l’effet inverse et ont anéanti le chemin narratif de l’année. Même si l’an passé, l’arc autour de Maryan s’était avéré poussif et maladroit, les scénaristes avaient réussi une belle synthèse d’ambiance en sollicitant tout Bon Temps dans leur cause. Il n’en est rien cette année puisque les nombreuses historiettes actuelles sont pour la plupart d’entre elles des uniques prétextes à combler ce vide passager.


Entre les intrigues au potentiel de départ limité (l’histoire familiale de Sam, la romance finalement sociale et boursouflée de Jason et sa tigresse), de bons prémices avortés (la relation entre Alcide et Sookie) et les grands axes scénaristiques aux enjeux dramatiques émoussés avec le temps, le script a été très mauvais cette année. Alan Ball devrait songer à revenir aux manettes avant de crier victoire sur cette présente valeur sûre.
Les personnages phares de True Blood et leurs liens entre eux ont aussi perdu en charme et en intérêt : une diabolisation prévisible pour Bill, un acharnement psychologique assommant pour Tara, une histoire d’amour très vite réduite à peau de chagrin pour Bill et Sookie. Seuls les quelques héros annexes comme Jessica ou Arlene sont restés fidèles à leur caractère et leur prestation bien connue, malheureusement sans effet sur le sort de la série.

 

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Arlene aussi est perplexe

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Heureusement, un peu d’amour en résistance

 

C’est surtout dans sa navrante mise en abyme de l’intrigue sur le Roi du Mississipi, les loups garous, les histoires de fée et de V que la série a démontré une perte manifeste de vitesse. Intensifiée dès le départ, cette histoire à tiroirs est rapidement devenue une guéguérre peu fascinante autour de la fée Sookie convoitée par Russel, Eric et Bill.
Très kitsch dans ses séquences féériques, très terre à terre dans son règlement de conflits (entre la fuite expédiée du manoir, des rebondissements incohérents, des carrés amoureux faciles), l’histoire principale de cette année a voulu amplifier son propos avec des détails à ramification sans les entretenir, comme ces interventions anodines de la reine mariée de force à Russel ou celles de la cousine de Sookie. Toujours plus grandiloquent, plus mélodramatique, plus ampoulé, l’arc s’est achevé sur un symbole de torture qui parle de lui-même : Russel, ce roi vampire d’abord armé, entouré et tellement puissant, finit cimenté vivant, dans l’ignorance générale.

Même les quelques intrigues restées en suspens afin de garantir d’une suite intéressante (le cas du sorcier Jesus amouraché de Lafayette, l’affaire Hoyt et sa mère maintenant armée et le duel supposé haletant entre la Reine et Bill), deviennent ces grosses ficelles automatiques et faciles, souvent cantonnées au rôle de cache-misère à effet teaser.

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A trop vouloir en faire, multiplier ses effets et viser la gloriole, True Blood a perdu férocement en attitude et maîtrise qui la caractérisaient tant. Devenue une ombre caricaturale d’elle-même en une poignée d’épisodes, la série a touché le fond de l’inepte bavard et du poussif fantastique. True Blood devra redoubler d’efforts pour regagner l’intérêt du public, définitivement perdu parmi les nombreux chemins laborieux et boueux des héros de Bon Temps.

5/10