21.02.2010

Musique : les trois albums de février à faire fondre la neige

rvhic2.jpg

En février, la glace mastodonte qui nous gèle les doigts et nous mouille le coin des yeux a pu être rompue. La raison de la fonte des eaux ? Trois chanteuses bien senties, bien différentes, qui par leur talent nous font nager dans une mare d’eau chaude d’enthousiasme.


 

Marina & the Diamonds – The Family Jewels ****


Marina & the Diamonds est parvenue, à force d’EP sympathiques, à sortir enfin un album (dont la durée totale est enfin plus longue que le temps d’une douche), dans la même veine de ses débuts remarqués.

Avec Ses Bijoux de Famille, et ses diamants, toujours, l’anglaise Marina nous enrubanne dans un univers coloré et fantasque, représenté par I Am Not A Robot et Hollywood déjà en ligne depuis des semaines (un avant-goût de goût). S’ajoutent à ces titres d’une efficacité redoutable, quelques pop-electro songs parfaitement calibrés, et deux trois ballades enragées plutôt bien venues dans cet esprit délibérément funky.


Plus affûtée que Florence, plus exotique que Kate, plus atteinte que Dragonette, plus globale que Lily sur le point de prendre sa retraite (encore), Marina (et ses bijoux fantaisie) est l’artiste hype à ne pas rater. Si on vous le dit !

 

 

 

 

_________________________________________________________



Emmanuelle Seigner – Dingue **


Oubliés Emmanuelle Seigner en rockeuse volontairement de pacotille et son groupe Ultra Orange qui avait signé en 2007 un joli hommage à Velvet et Nico. A présent, Emmanuelle fait route seule. Susurrant dorénavant ses textes en français, au risque de tomber dans ce truc variet’ un peu barricadé depuis toujours.


Médiatiquement très soutenu (quasi autant que son mari Roman, mais c’est pour la bonne cause), son opus Dingue, composé d’onze titres, ne vérifiera pas totalement les talents vocalistes de la belle. Son énergie à revendre la sauve cependant de l’échec résonnant, avec sa conviction de Femme Fatale ou ses mots assurés dans Le Jour Parfait et Petite Pédale, rendus possible par le talent de compositeur de Keren Ann.
Le reste de l’album s’avère un peu lancinant, un peu attendu à l’image de ce duo avec Iggy Pop, plus atout commercial superfétatoire que véritable alchimie musicale.

Si la sublime collaboration avec Ultra Orange allait au teint de chaque saison, Dingue, au son résolument pop sixty, aurait du attendre l’arrivée du printemps pour se coller aux platines. De loin, avec un verre de citronnade, le goût aurait été plus apprécié.

 

 

_________________________________________________________



Agnès Bihl – Reve Général(e) ***


L’autre chanteuse du pays et du mois, c’est Agnès Bilh.

Moins narcissicée par les médias que la blonde rugissante aux yeux émeraudes, Agnès est pourtant ce qui fait de mieux du côté répertoire français féminin (avec Jeanne Cherhal).

Habituée aux textes sombres, divinement élaborés dans ses deux albums précédents, Agnès opère là un virement inattendu placé sous le signe de la joie de vivre. Comment ça chanter le bonheur, c’est encore pertinent ?

Finalement peu onirique, gentiment terre à terre, toujours humain, Rêve Général(e) prône l’amour ou sa quête, quitte à assumer les critiques cyniques.

 

 

 

En bonus, la (très bonne) chanson de la jeune Holley Maher, Daisies

 

 

Et le mois prochain, on parlera du retour désiré de She & Him (le groupe vintage avec Zooey dedans).