08.09.2010

Breaking Bad (Saison 3) Prise de conscience aéro-souffreteuse

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Full Measure – 3.13 (diffusé le 13.06.10) (finale)

Affrontement final à Albuquerque. Walter White se retrouve une nouvelle fois dans l’impasse. Que nous réserve donc cette troisième révérence chimique ?



L’avant-dernier épisode s’était achevé sur une scène silencieuse et visuellement déchirante dont la série a désormais le secret. Walter White a commis l’irréparable en écrasant sans trembler les deux jeunes dealers protégés de son boss. En filigrane, le patriarche a enfin choisi son camp, entre les sentiments (pour Jess mais pas que) et la garantie financière.

L’acte de Walt ne pouvait être un acte isolé de plus, parce que Breaking Nad ne cède jamais à la facilité scénaristique, à l’oubli forcé. Alors il faut maintenant que Walter paie pour ce qu’il a fait. Avec une scène post-western mettant en duel Walter à Gus (la prestation est poignante), la série nous offre un enjeu final de taille. Pour la fin du contrat qui les liait, le très impassible Gus accepte de laisser la vie sauve à Walter tout en ne cachant pas sa volonté de mettre la main sur Jess.


Rien ne va plus donc dans le plan B de Walt, qui officiellement n’a plus l’allure du petit business entrepris en douce dans la vieille caravane au beau milieu des plaines désertiques. Bien plus ancrée dans une logique mafieuse, la conclusion de Breaking Bad précipite le spectateur dans un tourbillon de scènes impalpables, subtilement dangereuses ou carrément violentes et nous interroge alors. La série ne serait-elle pas une version moderne des Sopranos ou des films de gangster des années 60 ?


Déjà, avec la plupart des épisodes de cette saison 3, Breaking Bad avait pris le soin de nous marteler comme il faut, mettre nos nerfs à rude épreuve en opérant un tournant moins trash qu’à l’accoutumée, résolument plus sobre, plus latent. Le suspense, résultat d’un ensemble bien pensé d’atouts divers et variés : malaise familial, enjeux mafieux, quête de la reconstruction (Hank, Skyler, Walter), conflits idéologiques, scènes de sang-froid, n’a jamais été si bien entretenu. Et le spectateur, jamais autant investi par une histoire de fond menée avec maestria.


Si l’on s’est pris rapidement au « jeu et enjeu » ultime, subtil symbole de la tension constamment maîtrisée de la série, on regrette en revanche la sous représentation finale de Skyler et sa famille, qui avait gagné en impact dramatique cette année (accident terrible de Hank et beau chagrin de Marie pour cause). D’ailleurs, Skyler est cette année devenue un vrai moteur à la série –et plus seulement un contrepoids qui alimentait indirectement les secrets et les coups bas d’un mari menteur mais débonnaire. La relation entre elle et Walter a pris un virement inattendu, à la fois violent et très réaliste et est pour sûr l’une des raisons qui démontre l’incroyable avancée de cette série qui n’a peur de rien, surtout pas du futur.

 


Après recul, Breaking Bad s’avère bel et bien être la meilleure série du moment. Les fans de Mad Men et Big Love pourraient avoir à redire mais la vérité est proche, ou alors simplement triangulaire. Avec cette troisième saison, qui a aucun moment n’a relâché la tension et s’est même payée le luxe d’une évolution en tout point (professionnelle, familiale, individuelle, idéologique), Breaking Bad confirme son rang de série d’auteur incontournable, de programme qui pour sûr contribue grandement au mouvement "quality television", à cet ère post-télévisuelle.

10/10

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Et pour détendre cette atmosphère finale électrisante, le site parodique Funny Or Die s’est amusé à élaborer une version sitcom de Breaking Bad. Jetez un coup d’œil, c’est de la drôlerie en boîte.

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