02.08.2011

Switched at Birth (Saison 1) Chatiliez vu par ABC Family

switched at birth,abc family,katie meclerc,vanessa marana,critique

Pour l’été, histoire de remplacer les series hit, les guilty pleasure et les perles câblées, ABC Family est toujours là pour nous amadouer. Avec Pretty Little Liars l’an passé ou plus rarement Huge, la chaîne familiale nœud-nœud supplante ses consoeurs étoilées le temps d’une saison chaude. Cette année, le festival sériel débute avec Switched at Birth, une série adolescente dans laquelle deux pubères découvrent que leur famille n’est pas celle qu’elle croyait. Tristement déjà-vu.

 

 

Il y a vingt ans, les Duquesnois et les Groiselle ont offert sur un plateau une idée en or : celle de l’échange de bébé post-accouchement. Ce concept rétro, Desperate Housewives l’a repris à sa sauce durant la saison dernière, entre les Scavo et une famille mexicaine, en graissant évidemment les ficelles et en y ajoutant une bonne dose de dérision et d’immigration tire-larmes. Avec Switched at Birth, ABC Family en fait une série à part entière, espérant produire un divertissement socio-familial digne d’un bon film français.

switched at birth,abc family,katie meclerc,vanessa marana,critique

Dans les rôles des deux filles échangées à la naissance, on découvre une actrice quasi-attachante, Katie Leclerc et on retrouve avec bonheur Vanessa Morano, connue pour ses personnages dans Gilmore Girls, The Comeback et Dexter. Malheureusement, cette dernière hérite clairement du rôle ardu, celui de la jeune fille riche, doublée d’un tempérament de peste et de rebelle, qui jalousera sa concurrente et comblera en graffitis.

Katie Leclerc, elle, s’en sort bien mieux dans le rôle plus attendrissant d’une adolescente sourde –ce qu’elle est réellement. La jeune fille, issue d’un milieu défavorisé, au physique diaphane et innocent, permet d’adoucir l’ambiance mélo typique du genre teen-show. Comme dans chaque histoire d’échange de poupons, le décor se veut être une toile social, prétexte populiste pour réunir dans une seule et grande famille un clan aisé et une tribu défavorisée.

switched at birth,abc family,katie meclerc,vanessa marana,critique

 

Si le cas est persistant dans Switched at Birth, le manichéisme social n’est pas son plus grand défaut, la série parvenant à ne pas trop insister sur les différences de classe et autres privilèges adolescents. Ce que la série rate surtout, à l’exception de la sourde Daphné, ce sont les personnalités de ces deux familles. A l’instar des teen-shows actuels, la série prend un tournant artificiel et grotesque quand il s’agit d’évoluer ses storylines et de prendre le ton. Crise adolescente, piques entre parents, la plus  grande partie de la série se voit affaiblie par des scènes déséquilibrées mises en branle par des répliques poussives, jamais subtiles. L’écueil majeur de Switched at Birth demeure ce manque de naturel, absence de spontanéité alourdie par des intentions chignardes et des moments drames prévisibles.

 

Toujours agrémentée d’une BO girlie et faussement joyeuse, Switched ar Birth, qui vient de gagner vingt-deux nouveaux scripts pour cette année, se la joue sûre d’elle, de son concept drama original, sans jamais penser à la direction de ses acteurs, ou à l’environnement de l’histoire. Si bien que la série oublie de soigner ses formes, son empreinte, pour ne grossir que le trait quand à ce concept pourtant déjà-vu. Plus codifiée et moins originale qu’on l’espérait.

5/10

switched at birth,abc family,katie meclerc,vanessa marana,critique