24/01/2011

Skins U.S (Saison 1) Une triste impression de déjà-vu

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La reine du clip, MTV, avide de gloriole et de retour en beauté sur la scène du hype, vient d’honorer un remake de Skins. Qui dit remake, dit redite et retrouvailles au plus près d’un univers au préalable exploré. Mais puisque dupliquer  l’univers de Skins est  une gageure artistique, le remake fait chou blanc.

 


Qui n’a jamais vu Skins, la série anglaise culte ayant rendu nobles les beuveries  sourdes et autres dérapages délinquants pour prendre le pouls d’un malaise adolescent complexe ? La réponse, c’est tout le monde, les jeunes et les sériephiles engagés dans le thème de la jeunesse, et c’est là bien le problème.

Puisque Skins n’est pas une série archivée (la cinquième saison sera bientôt diffusée sur E4), que les folles péripéties des jeunes de Bristol sont encore inégalées télévisuellement parlant et que les personnages singuliers comme Cassie ou Effie sont désormais passés à la postérité, le remake de Skins U.S semble d’emblée doté d’un goût inapproprié. Des personnalités reprises à la réplique près, des situations gentiment imitées,  le remake de Skins est une reprise conventionnelle et timide d’une série foncièrement foutraque mais poétique qui n’avait pas peur de franchir les limites ou de surligner les tabous.

 

Pourtant, si le respect des scènes du pilot original pourrait inspirer l’hommage clément, certains s’indigneraient presque de cette absence de prise de risque. Rien dans cette introduction vague et mollassonne n’incitera quiconque à retrouver d’anciens partenaires de l’écran (en moins fascinants, moins inspirés et bien moins beaux) ou à rattraper ses lacunes télévisuelles placées sous le signe des chutes pubères.

Parce que Skins, spécialement, frappait par son authenticité riche en mœurs et en innovation cathodique et plaisait aux publics par son côté pied de nez fait aux univers sclérosés des teen-shows U.S. Alors que le remake de Skins est une resucée sans âme, qui absorbe la poésie pour préférer les stéréotypies narratifs et les personnages pré-pensés sans interprétation tenace.

Malgré certains changements notables (Maxxie, le danseur gay, loin des clichés, se voit remplacer par Tea, une cheerleader lesbienne, qui a tout à prouver, mais qui démontre déjà que la représentation du jeune gay est dépassée), Skins U.S, trop soucieux d’appliquer un modèle au succès proclamé, se vautre donc dans l’imitation sans saveur, sans ton à soi, comme une parodie de remake, démontrant cyniquement les fautes de goût du storytelling et de la mise en scène à l’américaine.

 

En somme, un pâle remake d’une série qui jamais ne nécessitera de quelconque adaptation pour se faire entendre.

Cruelle ironie, la version américaine, trop sage et convenue (les fucks sont censurés à coup de bips grinçants), crée déjà une folle polémique (plaintes d’associations de parents, retrait des sponsors, appels aux boycotts). Et si l’authenticité à la télévision, ce n’était  qu’une question de culture ?

4/10

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