12.10.2010
Shit My Dad Says (S.1) D’un Twitter amusant à une série médiocre

Parmi les utilisateurs de Twitter, qui n’a pas dans ses following le compte de Shitmydadsays, tenu par Justin Halpern, tendance Tanguy, un trentenaire américain vivant avec son patriarche âgé de 79 ans ? Caustiques, rogneuses et goguenardes, les déclarations de ce pater familias à la retraite retransmises par le fiston ironique sur Twitter alimentaient les éclats de rire et les abonnements en masse depuis des mois (près de deux millions de lecteurs). Pas étonnant que télévision s’est emparée du phénomène pour en faire une sitcom sur un patriarche atrabilaire. Supposé aussi décapant que le vrai bonhomme et pourtant…
C’est le season premiere de Community qui avait flairé avant tout le monde l’étrangeté et la médiocrité d’une telle adaptation. Parodiant ce micro-phénomène comique, Pierce est devenu le « oldwhitemansays » dont les joutes verbales sont retransmises sur Twitter par Troy. Lucides, Abed et les autres ont bien compris qu’une telle formule à la télé ne marcherait jamais.
Et les héros de Community ont raison. L’intérêt premier de Shit My Dad Says était d’apporter sur la toile des répliques isolées, sorte de pastilles cyniques venues de nulle part, sans lien avec une histoire ou personnage notoire, qui symbolisaient un vieil homme grabataire lambda, faisaient de lui un emblème de l’âge acariâtre, drôle et parfois un peu vrai. Et cette forme de déclaration, propre au site de micro-blogging, a été complètement mis à mal par l’adaptation de la série, destinée à démystifier cet emblème générique.
Au détour d’une première scène en carton pâte, Shit My Days s’est vautrée dans un genre caricatural comique, enchaînant les répliques sur-écrites, les interprétations forcées et les situations sans naturel. D’autant que des personnages séniles et renfrognés, à la limite de la caricature, le paysage télévisuel n’a pas attendu Shit My Dad Says et Justin Halpner pour en créer de toutes pièces, à tel point que le vieux des clan familiaux a toujours sa place ou sa visite régulière, souvent forte en naphtaline, dans les comédies américaines.
Alors, sous cet angle, difficile de voir dans Shit My Dad Says, une quelconque innovation conceptuelle, la série, non inspirée et creuse, se fondant exclusivement sur les moues sans originalité du chef vieillard (incarné avec trop de rigidité par William Shatner).
Décor hideux, lumière aveuglante, personnages moches, histoire risible, Shit My Dad Says est une série typiquement CBS : une sitcom repoussante figée dans des répliques automatiques et sans impact.
3.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Shit My Dad Says | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : shit my dad says, william shatner, justin halpner, critique, cbs |
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