12.01.2011

Shameless (Saison 1) La crasse, c’est de famille

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D’un côté, il y a les nombreux amateurs de trasheries juvéniles, attendant impatiemment la redite par la reine du clip, MTV. De l’autre, un petit groupe ayant adoré les frasques déglinguées de la famille Gallagher. Entre Skins et Shameless, rien en commun, si ce n’est ce ton férocement décomplexé qui a fédéré les férus de bloody hell et l’annonce d’un remake impactant. Alors à l’aube de leur diffusion, le public américain s’en pourléchait les babines, à la manière d’un The Office jadis. Et avec le début de Shameless dimanche dernier, les foyers US ont eu raison de croire en leur salive.

 


On en parlait depuis des lustres, la série culte anglaise, Shameless, allait être adaptée. Showtime, la chaîne qui s’associe déjà avec des homologues anglais pour la production d’une grille moderne (Secret Diary of a Call Girl), remet le couvert du remake, comme à l’époque des gays de Pittsburgh. Avec Shameless, Showtime ne quitte pas sa ligne de prédilection, à savoir le sacrosaint sujet familial, mais en montrant à tous qu’elle ne compte plus seulement sur ses succès (Dexter, Weeds, Californication) qui aujourd’hui prennent un peu la poussière.

Loi du remake oblige, Shameless U.S reprend les pistes narratives et les codes de la série anglaise. Un clan dysfonctionnel, les Gallagher, qui agite son monde foutraque aux yeux des autres, non plus à Manchester, mais à Chicago, la ville du sans foi ni loi. Un chef de tribu malade (William H. Macy), qui vit collé à la bouteille, une mère partie, et de nombreux marmots (Ian, Liam, Carl, Debbie, et Lip) qui ne peuvent compter que sur Fiona, l’aînée responsable du clan, pour vivre leur enfance bancale.

 

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Moins de voix-off que dans la série originale, ni de plans saccadés, le Shameless américain essuie avec brio le risque de l’adaptation sans âme, en conservant toutefois une identité de fond qui sied à l’univers de Paul Abbott, le créateur. Pas étonnant puisque John Wells (The West Wing) assure l’adaptation outre-atlantique. Pour autant, le style visuel plus lissé et le fond moins arraché du remake ne donne pas l’impression d’une redite sans goût, comme de coutume avec les maudites habitudes U.S.

Outre une étude comparative, pertinente ou non, qui donnerait probablement quelques points au remake 2011, la série de Showtime force déjà la satisfaction. De ce clan à la fois désoeuvré et  funky, une vraie énergie d’ensemble, servie par un humour relevé sur fond scénaristique sans ombre au tableau. Le début de la série a beau imiter l’originale, à la situation près, Shameless US emporte la conviction, avant tout grâce à ses personnages, bien adaptés (William H. Macy en ivrogne déculpabilisé et Emmy Rossum en chef de rang) et attirants dans leur histoire respective.

Des pistes vulgaires (des adolescentes nympho, des revues pornos et une maison en ruine) pour calibrer son sujet, et copiner avec la très bonne Raising Hope dans un registre du clinquant grossier, Shameless U.S s’avère tout aussi convaincant, comme le traitement de l'histoire homosexuelle, (l'un des cadets de la tribu couche secrètement avec son patron épicier), et cette histoire d’amour, forcément, entre l’héroïne aînée et un beau premier, qui pourtant nous soulage lorsqu’il quitte son costume fringuant pour finir voleur de voitures assuré.

 


Pas d’ennui donc devant Shameless U.S, mais une bonne humeur grandissante et un attachement rapide. En définitive, une belle promesse pour les dimanches de Showtime qui enfin commence à remédier au cas terrible de Hank Moody.

7/10

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