14.09.2011

Ringer (Saison 1) Parano et trahison : Buffy voit double

roinger,sarah michelle gellar,buffy,cw,critique,nestor carbonell

Ringer, première série à passer au crible de la critique pour cette rentrée 2011 riche en gros calibres. Prévue pour CBS mais rapidement tombée dans les bras de la chaîne juvénile CW, Ringer a l’honneur de signer le comeback d’une actrice sérielle culte : Sarah Michelle Gellar. Dans le (double) rôle de jumelles aux lourds secrets respectifs, l’héroïne antivampire s’en donne à cœur joie. Peut-être un brin trop ?

 

 

D’emblée, l’histoire fait penser à un simulacre à suspense psychologique façon Amélie Nothomb. Siobhan et Bridget sont sœurs jumelles, l’une est riche, mystérieuse, l’autre, pauvre, ex-alcoolique et témoin clé dans une affaire de meurtre. La première disparaît soudainement au cours d’une promenade en bateau, avec sa sœur comme seul compagnon de bord. Alors pour fuir son propre fardeau, Bridget décide de prendre l’identité de sa sœur, au point de découvrir que celle-ci pourrait bien être aussi généreuse en problèmes sérieux. Alléchant, non ?

roinger,sarah michelle gellar,buffy,cw,critique,nestor carbonell

Introduire son pilot avec une scène des plus cheap –une ballade en bateau sur fond de mer en carton-, n’est peut-être le meilleur moyen pour donner à l’ensemble une véritable conviction. Mais Ringer tente pendant toute son ouverture de nous prendre au jeu. De nous laisser croire que son mystère, fondée sur le dédoublement, le vol d’identité, les secrets des riches, les problèmes des pauvres, est un bon mystère. Mais les ficelles de Ringer sont trop grosses, trop élimées pour vraiment permettre l’adhésion rapide du téléspectateur. A la fois dans la relation principale opposant les deux sœurs dont on devine le concept dès les premières scènes (et qui constitue malheureusement son cliffhanger de fin), dans la nouvelle vie usurpatrice de Bridget, le fond résonne faux, maladroit, faussement aguicheur dans son envie mystérieuse, à mi chemin entre affaire policière d’état et thriller paranoïaque.

 

Mais il reste quelque chose d’intriguant dans cette histoire, à force de répliques lancées sur le ton du mystère. Même si l’épaisseur de l’intrigue ne semble pas dépasser celle d’un écran plat, il est toujours plaisant de retrouver Sarah Michelle Gellar, ce qui n’est pas toujours le cas des actrices des années 90 (Alyssa Milano peut bien nous laisser tranquilles). La vieillesse un peu plus acquise, l’ex Buffy ne s’en sort pas avec trop de faiblesse dans ce jeu à double emploi où elle est supposée jouer deux contraires, deux caractères un brin caricaturaux. L’actrice a toujours un talent fin pour écarquiller des yeux, fuir les individus mal intentionnés et minauder et sa prestation donne un certain équilibre, une mesure au début de Ringer.

 

 

Ringer ne semble pas être la série mystérieuse, le thriller schizophrénique de l’année, mais il se pourrait que l’intrigue dépasse nos attentes, vienne nous surprendre dans ses rebondissements qui probablement seront nombreux et archi-prévus. A défaut, il reste Sarah Michelle Gellar que l’on regardera bien plusieurs épisodes pour finalement s’en défaire de nouveau.

5.5/10

roinger,sarah michelle gellar,buffy,cw,critique,nestor carbonell