23.06.2011
Raising Hope (Saison 1) L’art d’éduquer une future white trash

Les comédies sales et salaces n’ont pas dit leur dernier mot. Si Kath & Kim a tiré rapidement sa révérence il y a deux ans, malgré une Molly Shannon épatante, de nouveaux renforts au genre trashy sont à l’antenne cette année. Shameless, sur Showtime ou le remake de la série anglaise bien connue et Raising Hope, première comédie de la FOX (mal)honnête et (très) inspirée.
Raising Hope, c’est l’histoire d’une famille white trash ordinaire recluse dans leur foyer miteux autour d’une grand-mère dégénérée. Le fils de la tribu, Jimmy, 23 ans, accumulant les petits boulots ingrats avec le patriarche nigaud, croise un jour le chemin d’une névrosée psychopathe. Après une nuit coupable, et neufs mois d’incarcération pour la mère névrotique, un bébé atterrit dans les bras de Jimmy : Princess Beyonce, ou Hope pour les intimes.
Née de l’esprit foutraque de Greg Garcia (déjà responsable de My Name is Earl), Raising Hope renoue avec le genre comique arraché sans tomber dans la pâle caricature de la comédie déglinguée. Avec cette série, le constat n’est pas uniquement coupable, il en devient particulièrement jubilatoire. Dans Raising Hope, pas de tics de jeu, de situations prétextes à gag, la série trashy s’apparente à une dramédie dynamique sans s’embarrasser d’un fardeau tire-larmes mélo. La série assume son propos, sur l’éducation, la différence de classes, ni vraiment familial, ni trop social, une sorte de sketch global et bigarré tirant vers le grossier sophistiqué.

Dans cette première saison, Raising Hope n’amplifie pas non plus ses effets du côté du vulgaire et du racoleur. La série n’est pas un ramassis de clichés-déchets sur les petites gens et les bouseux des bas quartiers. A l’inverse, la famille renvoie même à une image plutôt noble, malgré la pauvreté et le manque d’éducation, les sales gueules et les survets cheaps.
Composée par des personnages hauts en couleur attachants -de la matriarche désabusée jouée par Martha Plimpton au fiston en passant par la génitrice sociopathe que l’on aimerait revoir de temps à autre ou la jeune employée de supermarché, (Shannon Woodward, The Riches), la galerie éclectique de Raising Hope est son atout le plus convaincant, gage d’une vraie énergie d’ensemble et sa dimension la plus crédible. A ne pas négliger, la grand-mère de la tribu, Maw-Maw, une octogénaire clinquante enclin malheureusement au syndrome Alzheimer responsable des scènes les plus loufoques et jouissives de la série.

A l’inverse de My Name is Earl, série souche imbécile, Raising Hope n’est pas une comédie d’abrutis sur des abrutis faite pour des abrutis. Inédite et décalée, bien plus que Modern Family cette année, Raising Hope parvient à nuancer son fond stupide volontairement décomplexé tout en restant désopilante. Pour sûr, on suivra l’éducation de cette Princess Beyonce par cette clique attrayante de loosers pour une saison deux.
8.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Raising Hope | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : raising hope, fox, luca neff, shannon woodward, martha plimpton, critique, saison 1 |
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