21.06.2010

Persons Unknown (Saison 1) S'isoler dans le néant

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Pilot - 1.01 (diffusé le 07.06.10) (créée par Christopher McQuarrie, scénariste de The Usual Suspects)


Sept étrangers sont retenus captifs dans une ville fantôme. Ne sachant rien de ce qui s'est passé pour en arriver là, ils tentent de survivre pour retourner à leur vie normale.


Il y a des séries comme ça que l'on commence avec des à-prioris qui ternissent notre jugement. Persons Unknown en fait partie pour moi. Je ne suis pas très friand des séries high concept, qui se prennent beaucoup trop au sérieux avec un casting où chaque acteur est là pour représenter un groupe ethnique ou un trait de caractère (le vétéran, la blonde, le gros dur, l’innocente empathique). Ça me fait grincer des dents dès le début. Alors forcément, quand le pilote commence avec une scène très CSI-friendly où une mère observe sa petite fille sur le toboggan (<< you can’t fly >>) mes à-prioris sont confirmés. Et pendant tout le pilote en fait, qui ne décolle jamais. Sauf à la fin, bien sûr.


Le pilote use et abuse des ressorts techniques propres à une série de cette haleine-ci : une caméra agitée et  une musique pompeuse qui rendent les altercations entre les personnages plates comme peu car sous-titrées jusqu’à l’os. L’histoire a un potentiel certain, mais le pilote n’est qu’un ersatz pâle de ce qui a pu être fait dans le passé avec ce postulat de départ : rien n’en ressort, ni même une ambiance quelconque (la scène dans le restaurant chinois est fade), ni même un personnage qui attise la sympathie. Parce que le choix de personnages est on-ne-peut plus classique et les acteurs n’ont aucun charisme. Le résultat est finalement un plat sans goût dont les ingrédients donnaient néanmoins l’eau à la bouche.


Cela dit, il y a quelque chose d’intéressant dans Persons Unknown, c’est la dynamique d’isolement. Comme le dernier plan nous le confirme, les personnages sont littéralement isolés et l’idée légitimise en partie les décors kitsch. Les scénaristes peuvent pousser le délire jusqu’au bout en usant de cet atout pour en faire un divertissement atypique. L’idée du restaurant chinois n’est pas mauvaise mais il n’en ressort rien de spécial, à part les messages. Persons Unknown peut davantage surprendre en s’amusant avec sa pauvreté formelle, un peu comme l’avait fait Harper’s Island sur le plan narratif l’année passée. Il en ressortirait peut-être quelque chose de moins codé et donc de plus original.


Un pilote pompeux peu convaincant, car ne donnant pas une idée quelconque de ce qu’est la série. C’est du réchauffé fade et sans réelle patte personnelle. Je vois déjà venir une saison pleine de rebondissements futiles à la Harper's Island pour une conclusion évidente et tout le monde aura oublié la série. Not my cup of tea.


5/10


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