08.10.2010
Outsourced (Saison 1) L’humour yankee délocalisé

Experte de la comédie nouvelle génération, à single camera, la chaîne NBC lance cette année Outsourced. Sorte de Community moins subtil, décrivant la délocalisation d’une entreprise d’achat cadeaux rigolos en Inde et la formation d’un personnel peu acclimaté par la culture U.S. Foncièrement original mais risques antidémagos faciles.
Après visionnage du pilote, il se pourrait bien que Outsourced soit la surprise comique de l’année, à la manière d’un Community l’an passé. Comme cette série, Outsourced mise sur un petit noyau de gens inadaptés au capital sympathie manifeste. Cette fois, pas de croisade pour l’obtention d’un diplôme d’un community college américain ordinaire, l’objectif est de former la population indienne à la culture mainstream américaine.
Ce même fond marginal est donc le décor de Outsourced. Comme Jeff, Annie, Shirley, Abed et Britta accumulant avec brio des personnalités versicolores, le casting de Outsourced rappelle cette équipe de bras cassés, bigarrée et attachante. En vingt minutes, la série parvient à mettre en place une bande hétéroclite et amusante de travailleurs indiens dirigée par Todd (Ben Rappaport), un jeune cadre américain bien ancré dans sa culture pop. Tous présentent un caractère propre, un potentiel comique bien caché sous leur sari, et pourquoi pas, un intérêt de principe. Entre le bavard Gupta, homologue de l’employé américain nigaud et logorrhéique, l’effarouchée Madhuri, la charismatique et réfléchie Asha, les autres expatriés, Charlie et Tonya, et enfin Manmeet, le jeune indien qui rêve d’une carte verte, le groupe commercial et impeccablement joué d’Outsourced a donc du propos caustique à revendre.
Plus exotique que The Office, le propos managérial d’Outsourced rappelle aussi la boîte de Scranton tenue par Michael Scott. Si les clichés sur les différences culturelles et les écarts de mœurs ne sont pas évités, la série osant quelques répliques faciles sur la nourriture indienne indigeste et le symbole religieux de la vache simplement bonne à fournir des hamburgers de l’autre côté de l’océan, Outsourced assure un humour efficace et créatif qui tient à son équipe de bosseurs et à la bonne marche de l’entreprise. Aussi, on s’amuse de cet humour antiaméricain vif et sympathique, notamment lorsqu’un employé indien est appelé à caricaturer un cul-terreux du Texas ou lorsque la timide et confuse Madhuri est contrainte de voir du faux dégueulis et des faux excréments à un jeune étudiant américain qui compte piéger ses colocs. Si la culture américaine est réduite à peau de chagrin comique, on est ravi de ce nivellement par le bas assumé d’Outsourced qui préfère voir les américains comme la cible rêvée pour l’achat de gadgets idiots, mugs patriotiques, jouets en plastique couinant et autres peluches animales simulant l’orgasme.
Outsourced est une promesse comique moderne et efficace, une série yankee et antiaméricaine à la fois, qui se moque des coutumes américaines, ose les clichés étrangers et prend surtout beaucoup de plaisir à faire évoluer dans un seul cadre nuances humoristiques et symboles culturels. En somme, une série dans l’air du temps, qui pourrait devenir férocement créative.
7.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Outsourced | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : outsourced, nbc, critique, saison 1, ben rappaport |
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