23.09.2010
Mike & Molly (Saison 1) Derrière le bourrelet, une sitcom classique

Après les geeks atteints d’Asperger, le maître de la sitcom américaine figée, Chuck Lorre, s’en prend aux gros. Sa nouvelle vitrine, Mike & Molly s’avère être une comédie romantique centrée sur deux personnages en surpoids. Mais la série tombe dans l’écueil facile du surpoids synonyme de grosseur du trait comique et de ton moraliste boursoufflé.
Cette année, la fat TV a connu un essor important en accueillant en son sein des séries d’un genre inédit : les séries grande taille. Après Drop Dead Diva ou Huge cet été, Mike & Molly est le nouveau symbole adipeux en cette rentrée sérielle.
D’un côté, Mike, un flic au bord de l’obésité morbide, gentillet et cynique qui rêve de faire quelques centimètres de tour de taille en moins aux bras d’une charmante fiancée. De l’autre, Molly, une instit’ guillerette et douce qui lutte contre ses envies gourmandes et une famille jenfoutiste pour viser la ligne. Les deux obèses bien malgré eux vont croiser leur chemin lors d’une réunion pour mangeurs compulsifs anonymes.
Contrairement à Huge qui a su établir une vraie sincérité de ton dans le discours de ces ados obèses en camp d’amaigrissement, Mike & Molly frôle le moralisme et la romance de supermarché. Derrière le propos légèrement politique de l’obésité, Mike & Molly n’est qu’une sitcom romantique classique, destinée à mettre en ménage ses deux héros maladroits et timides. Des rouages cousus de fil blanc, des situations parfois poussives dans des décors en carton pâte et des costumes de personnages qui manquent de finesse, Mike & Molly rate le coche de ce qu’on attendait d’elle : une comédie moderne et décomplexée sur des individus gros d’aujourd’hui.
Si la romance est un parti pris louable pour le genre comique, à plus forte raison sur la chaîne sclérosée CBS, Mike & Molly manque clairement de mordant. Alternant répliques gentiment cyniques sur le concept du gras et des situations plus tendres sur le regard des autres ou les besoins sentimentaux, la série offre un spectacle se voulant doux-amer mais pourtant trop lisse, trop propret, trop caricatural. Si Melissa McCarthy (qui jouait déjà la bonne cuisinière guillerette dans Gilmore Girls et la meilleure amie de service dans Samantha Who ?) s’en sort plutôt bien dans ce premier « premier rôle », il n’en est rien pour le casting masculin, en tête Billy Gardell, totalement fade et anémique. A croire que les hommes obèses sont plus ennuyeux que les femmes rondes, évidemment pétillantes et pleines de vie.
Début timide pour Mike & Molly, qui passe complètement à côté d’un concept actuel, en préférant une vision clichée de gros sur les gros, ou une histoire de fond qui pourrait devenir rapidement calorique.
5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Critiques, Mike & Molly | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : mike & molly, abc, saison 1, critique, melissa mccarthy, billy gardell |
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