01.02.2010
La La Land (Saison 1) Débandades et inepties à la Borat

Pilot - 1.01 (diffusé le 25.01.10)
Pour 2010, Showtime adopte une nouvelle sorte de comédie. Avec La La Land, la chaîne à péage américaine se met à la mode Borat, en s’inspirant fortement du Da Ali G Show (du même Sasha Baron Cohen) et des séries anglaises satiriques de la trempe de Little Britain.
La La Land raconte l’arrivée de trois anglais à LA, tous incarnés par le performer Marc Woottom. Comme Toni Colette mais avec moins de classe, le comédien anglais donne vie à trois personnages à la personnalité opposée. Une sorte de parodie bêta de Michael Moore, Brendan Allen, un réalisateur de documentaire un peu altermondialiste qui manque de moyens.
Un faux médium travesti définitivement gay, Shirley Ghostman, que le comique incarnait déjà au théâtre. Et Gary Garner, un anglais vieux garçon qui veut percer dans le cinéma, convaincu par son talent, et poussé par sa mère, actrice porno, qui lui a confié vouloir le voir acteur avant de passer l’arme à gauche sur un lieu de tournage exhib’.
Ces trois excentricités vivantes débarquent ainsi à Los Angeles, prêtes à en découdre. D’emblée, il faut saluer la prestation de Marc Wootom, qui réussit à interpréter avec conviction et agacement ces trois héros antipathiques. Bien que courtes et saccadées, ces scènes où l’homme enchaîne les casquettes donnent fière allure au comédien qu’il est. Mais le scénariste qu’il est également est quant à lui très perfectible.
Parce qu’à la différence d’un Sasha davantage mesuré, la comédie mené par Wootom manque foncièrement de nuance. L’ensemble à l’ambition hautement sarcastique est délibérément bête et méchant. Les répliques volontairement idiotes sont seulement idiotes. L’ineptie n’est pas un crédo pour stigmatiser un comportement politique ou dénoncer socialement un mal actuel.
Contrairement à Borat ou même Brüno qui possèdent un fond, maigre mais existant, La La Land se contente de patauger gaiement dans la surenchère burlesque en se moquant des situations gênées. L’interlocuteur de Marc Wootom est voué à ne jamais tenir le beau rôle, pris en grippe, il est condamné à demeurer dans l’embarras et la frustration sans comprendre ce qui lui arrive.
25 minutes plus tard, les bases lancées, le pilot ne relève le niveau. La série préfère miser sur un genre cruel répétitif et acharné sans vouloir évoluer ou même apporter un peu de bon sens à cette mécanique scénaristique de la connerie assumée, un peu trop exploitée dernièrement.
4.5/10
Ecrit par Adam dans La La Land | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la la land, showtime, saison 1, marc wottom, sasha baron cohen |
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