11.04.2010

How To Make It In America (Saison 1) L’Entourage de la débrouille

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Bilan de saison

Il y a de ces séries nouvelles qui nécessitent un temps aussi long qu’une saison inaugurale pour parvenir à un univers attirant et pourlécher avec un concept qui ne transpire pas de fausseté. How To Make It In America en fait partie.


En huit épisodes inauguraux, la série sur l’art de la combine à New York a donc pris son temps, préférant privilégier la forme, le ton, les relations entre protagonistes que son fond véritable. A force d’intrigues qui n’en sont pas vraiment, la série lorgnait plutôt du côté de la comédie à épisodes anecdotiques, sans liant entre ses chapitres. Pourtant, à en juger par la saison récemment achevée, How To Make It In America avait bien des airs de série à propos.


Entre les jeunes deux héros, Ben et Cam (Greenberg et Razuk, très bons), désireux d’industrialiser leur marque de jean et T-shirts, Crisp, mais aussi Rene (Luis Guzman, toujours impeccable), le vieil oncle réhabilité qui se prend à rêver d’un empire de boisson gazeuse, ou les deux jeunes décoratrices à la boîte encore fragile, la série avait bel et bien pour cible l’envie de réussite individuelle, la promesse d’un succès pour tous ceux, qui du bas de leur échelle sociale, louent un ode à l’indépendance récompensée.

Un propos mûr, qui plus est conjoncturel, tombant à pic de pertinence dans un contexte de disette économique où la crise sonne désormais comme une justification, un nouvel état d’être. On a beau eu craindre les discours de consternation et de marché impitoyable, HTMIIA l’a joué subtile, sans grand rentre-dedans idéologique, avec une force d’humour et de ton simplifié plutôt louable et rare pour une comédie HBO.
Comme Hung, qui elle aussi a, cet été, évoqué en pratique les conséquences du déclin économique américain en ravivant le mythe du plus vieux métier du monde sous un angle nouveau (c’est l’homme de famille qui désormais s’y colle et il le fait avec une maladresse attachante), HTMIIA a profité d’un contexte pour développer un propos actuel sans trop en faire.

 

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Dans ce discours très urbanisé centré sur New-York -qui d’autre ?, le pilot indiquait aussi que la ville tendrait à devenir un personnage à part entière, un héros complexe, à la fois chic comme une galerie d’art contemporain et cheap comme un vieux hangar désaffecté. D’emblée, la volonté de ne pas s’embourgeoiser ou pire, prôner un misérabilisme de décor, donnait une authenticité formelle à la série. Pas de parti pris, ni de jugement de classe, les soirées aiment à allier fils à papa en pleine ascension et bande d’anciens copains encore sur la brèche juvénile. Il s’agit sans doute du meilleur atout de cette nouvelle recrue, qui là s’est trouvé un crédo des plus inédits, voire antiEntourage.

 

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Evidemment, le nombre faible d’épisodes n’a pas encore donné la possibilité à la série de se maîtriser vraiment, de trouver une image, une empreinte. L’intrigue principale, -ou une problématique fil-rouge sur le business de Ben et Cam- ordinaire et souvent sur-simplifiée, ainsi que quelques subplots et des relations encore à l’état d’essayage n’ont pas suffi pour étoffer la série. Mais même si HTMIIA ne s’est pas véritablement attardé sur ses finitions, la série a réussi à entretenir une ambiance propre et une humeur tout en misant sur quelques nouvelles valeurs implacables comme l’amitié masculine, l’amour passionnel à vingt ans, le sens de la famille.

Une astuce  payante pour une série qui s’expérimente encore. Si une suite est commandée –on croise les doigts, rien pour cette galerie de jeunes new-yorkais attachants, How To Make It In America gagnerait en cohérence et en force de persuasion en développant sans allure simplificatrice son matériel scénaristique. Parce que l’autoentreprenariat pourrait bien devenir un thème sériel à la mode.



Grâce à son ambiance et ses dialogues très travaillés, How to Make It In America a réussi à s’imposer comme un programme chaleureux et divertissant. En filigrane, elle s'avère être une chronique citadine loin d’être déconnectée de toute réalité.

Saison 1 : 6.5/10

 

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