25.07.2010

Haven (Saison 1) L'Etrange médiocrité

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Souvenez-vous, il y a vingt ans, l’étrange s’appelait Twin Peaks et le monde changeait  à jamais grâce à Laura Palmer. Aujourd’hui l’étrange fait recette, c’est devenu un concept, voire une majuscule. L’Etrange se mêle à la science-fiction, fait des clins d’œil à l’apocalypse et forcément recrute le FBI (le FBI, c’est un peu comme un partenaire frisson des mystères de l’Etrange). Et chaque année, des villes très étranges pullulent sur nos écrans. Ca donnerait presque envie de retourner à Capeside.



Bienvenue à Haven. Petite bourgade sans histoire près du Canada qui connaît le brouillard et les intempéries. Malgré l’apparente normalité des orages, quelque chose ne va pas chez les habitants d’Haven. On murmure même que certains contrôleraient les forces de la nature avec leurs humeurs*. Il n’en faut pas plus pour qu’une jeune et jolie agent du FBI soit sur le coup.

Adapté du roman de Stephen King, The Colorado Kid, Haven ressemble donc à ces schémas-types littéraires à la King ou Herbert où tout est excuse à mystère. Entre les routes qui se fissurent, les attaques enneigées et les habitants louches, Haven polit gentiment son tiroir à bizarreries.

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Et malgré le côté actif des mystères, rien n’apparaît tellement anormal dans cette petite ville, où tout est surjoué, puant le faux intriguant à des kilomètres. A commencer par l’actrice première, Emily Rose (garantie sans exorcisme), qui avait déjà officié dans l’étrange, à travers John From Cincinnati. Son personnage principal, agent du FBI, est plus en phase avec les répliques cinglantes à la Pretty Little Liars (parfois bonnes) qu’avec l’attitude sombre d’une agent fédérale.


Si l’envie de procurer à l’atmosphère pensante quelques bribes signées ironie est louable, Haven peine à concilier les deux et finit par cabotiner tout le long (même le cliffhanger final fait sourire). Outre Audrey Parker, à côté de la plaque, les personnages masculins n’ont pas le charisme nécessaire pour entretenir une quelconque intrigue ménagère (ou supplanter la jeune blonde).

Et le potentiel scénaristique d’Haven, à en juger par cette enquête introductive digne d’un mauvais épisode de Ghost Whisperer* (niveau plus bas, tu meurs), garantit une lente descente aux enfers pour les spectateurs avides de suspense étrange. A côté, Fringe est la série fantastique du siècle, aux dialogues de génie et aux renversements de situation impensables.



John From Cincinatti, Carnivàle, Meadowlands, Happy Town, Eureka, The Lost Room, Fringe et j’en oublie trente sont toutes des séries sur le paranormal au quotidien. Bon nombre d’entre elles meurent avant même d’avoir donné les clés de leur mystère (on murmure que c’est parce qu’elles sont rouillées de l’intérieur). Pire, Day One, série promise en septembre 2009 puis en janvier 2010, puis en format téléfilm, est officiellement une série mort-née.

Si ces séries s’anéantissent d’elles-mêmes, c’est souvent parce qu’elles sont anormalement ridicules (même chez HBO, c’était pas toujours fameux). Haven ne faillit pas à cette règle et enfonce même le clou. Pour notre bien-être mental, on lui souhaite de succomber à une morte rapide et inodore.
4.5/10
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