17.07.2010

Covert Affairs (Saison 1) Alias la série décomplexée musclée

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Avec White Collar, USA Network a trouvé la série idéale pour un doublon placé sous le ton de l’action ironique. Covert Affairs, série dynamitée l’est autant pour ses intrigues trépidantes que pour son humour musclé.



La chance du débutant, c’est quelque chose que connaît bien Annie Walker, jeune apprentie de la CIA récemment embauchée dans les gros locaux grâce à ses talents polyglottes et son allure féline. Perfectionniste dans l’âme, méthodique dans l’art de manier les règles de l’agence secrète, Annie est rapidement mise à contribution, en prenant le rôle d’une call girl chargée de capturer un méchant russe (pardonnez le pléonasme, ils le sont toujours dans ce genre sériel). Mais celle-ci ne sait pas que la CIA se sert d’elle pour remonter la piste de son ancien mystérieux petit ami.



Dans Covert Affairs pourtant, l’histoire de fond n’importe pas tant. On a beau nous embarquer au Sri Lanka, nous impressionner avec des scènes d’action interminables mais terriblement déjà-vu, le fond de Covert Affairs reste classique et pourrait même faire désuet par rapport à d’autres séries ultra-calibrées actuelles. Mais grâce au dynamisme de la série et de ses personnages, le charme made USA Network opère ici, contre toute attente. Comme pour White Collar, le rythme soutenu et l’intelligence des scenarii et des dialogues procure à Covert Affairs une jolie image de série finaude, à contre-emploi.


A la Chuck, avec les geekeries en moins, la CIA est vue par des néophytes, qui ont le sens de l’humour et une famille sage et concernée qui les attend le soir. Mais ici, pas d’humour fantasque, ou pire, de caricature, la série conserve l’esprit du genre espionnage.


Dans le rôle Ms. Chuck, c’est Piper Perabo qui s’y colle. On craignait le pire pour cette actrice habituée aux nanars en tout genre (The Crypt, Carriers, Because I Said So). Mais ceux qui l’ont aimée dans Coyot Ugly seront surpris par l’aptitude de l’actrice à jouer les agents secrets.
Féline et sarcastique, Piper n’essaie pas d’entrer dans la peau de Bristow ou d’être la concurrente directe d’Olivia Dunham. Si les efforts physiques de la belle sont là (scènes d’étranglement et de course poursuite à l’appui), Annie Walker séduit surtout par son franc-parler éclectique et sa moue d’apprentie ahurie. Qui plus est, l’héroïne est accompagnée par un agent aveugle, Auggie Anderson -la preuve que la série ne se veut pas tant sérieuse. Incarné par Christoper Gorham (le geek dans Ugly Betty, le psychopathe dans Harper’s Island), Auggie et sa nouvelle BFF, Annie forment un duo complice et différent, qui nous changent des relations forcément ambiguës entre mesdames les agents secrets et leurs collègues séduisants.



Produit par Doug Liman, à qui l’on doit tous les films castagne de ces dernières années (la trilogie Bourne, Mr & Mrs Smith), Covert Affairs avait tout pour être la série musclée et vide de sens de l’été. Pourtant, le show de USA Network nous surprend avec son joli casting (Peter Gallagher et Kari Matchett, aussi) et sa ligne de conduite différente. Pas étonnant que le démarrage a fait un carton plein dans les foyers américains.

7/10

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