09.06.2010
Community (Saison 1) L’esprit de groupe, sans les lauriers tressés

Pascal’s Triangle Revisited – 1.25 (diffusé le 20.05.10) (finale)
Une année s’est écoulée au community college de Greendale où les personnages séniles et sales fréquentent les apparents terroristes et les féministes aux grandes dents. Une année d’entente au diapason, de péripéties burlesques, de situations qui relèvent du génie narratif, malgré une conclusion étonnamment teintée mélo.
Coup dur pour Community : et si son épisode de fin était l’épisode le moins probant de toute sa (majestueuse) saison inaugurale ? Pour les éternels spectateurs habitués au shipping télévisuel, l’épisode sera cependant une grande réussite formelle, les auteurs ayant écarté les idées de scenarii ingénieuses pour mettre en avant les triangles amoureux, peut-être même un carré romantique inattendu et risqué (Jeff ou l’art de la polygamie, clin d’œil à HBO ?).
Parce que la série maîtrise l’art de l’overzetop avec dérision et ironie (même Troy fait sa référence à Happy Days et à la théorie sériephile du jumping the shark), la série use et abuse du fond sentimental et en fait un concentré de vingt minutes, peut-être ironique, en tout les cas sacrément déstabilisant. Slater, l’ex de Jeff Winger revient à la charge mais Britta, en pleine compétition de midinette de fac, réalise que cette fois elle ne laissera pas son promis dans les bras pendants d’une prof ratée. La compétition entre les deux jeunes femmes est attrayante, nous rappelant cet avant-dernier épisode génial qui pour sûr aurait du être le rideau final de Community. Mais parce que celui-ci, en veillant à mettre en œuvre des intrigues romantiques, perd en (mauvais) esprit et en (bonne) camaraderie.
Résultat, le fond humoristique de cette fin s’en ressent, malgré la bonne humeur intacte et les références subtiles (sur Lost et Ben, entre autres) ou les actions des autres de la troupe. Mais les atouts Abed ou Shirley sont mis en retrait pour les besoins de l’intrigue amoureuse ampoulée, heureusement le personnel de Greendale, du proviseur loufoque, au conseiller alcoolique au poussif Senor Chang gagne aussi en représentation scénique. Ambiance de fin maussade.
Community est et restera la meilleure nouveauté de ce cru sériel 2009-2010. Par son originalité, sa maîtrise de la culture populaire et son art de la mise en scène légère et intelligente, Community est une sitcom qui renouvelle le genre, malgré une conclusion un brin plate. Une exception qui confirme la salutation.
6/10

Ecrit par Adam dans Community, Episodes | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : community, saison 1, critiques, nbc |
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