03.06.2010
The Big Bang Theory (Saison 3) Geekier than geek ?

The Lunar Excitation - 3.23 (diffusé le 24.05.10)
Jeté de rideau à côté pour le final de la série scientifique de CBS. Alors que The Big Bang devient de plus en plus romancé et plat, on se demande : mais où est passée la théorie ?
Syndrome de la saison 3 pour cause, The Big Bang Theory aura cette année manqué de mordant comic-comique. A l’image de cet épisode conclusif où les blagues de scientifiques sont étouffées par les répliques amoureuses et les façades sentimentales, les geekeries, elles, tendent à disparaître de l’univers. Lequel, dirait Sheldon, contrarié par son manque de contrôle ?
Parce que si Sheldon a beau rester un sympathique geek asperger, l’écueil fait Barney Stinson dans HIMYM n’est jamais loin pour une sitcom traditionnelle à personnage atout unique. Sheldon ne peut pas assurer efficacement la dynamique humoristique à lui tout seul. Voilà pourquoi la seconde saison de la série d’ailleurs était subtilement délicieuse, Penny la voisine avait été désignée partenaire de force opposée à Sheldon et les répliques grandissaient en références geek, en cynisme et en ironie.
Comme cet épisode le montre, l’ambiance de cette saison tend à se rosir, sous les pluies des ruptures, même le pauvre Sheldon, qui pourtant était longtemps resté en dehors des contingences mélo, pourrait bien se voir affublé d’une compagnie féminine le temps d’un arc pas forcément inspiré sur le fond. Si les geeks ont la frustration amoureuse comme référent quotidien (ou même l’art de la science dans les gênes), ils représentent également d’autres idiosyncrasies, d’autres manières d’être, qui pourraient se greffer aux caricatures faites ici de nos personnages.
Evidemment, les auteurs s’efforcent encore d’opposer le geek expérimental au mâle lambda, comme cette scène sur le toit de l’immeuble. Mais les recours deviennent systémiques, quasi présomptueux. Faut-il être véritablement dégénéré pour ne pas comprendre un discours de thésard, n’existerait-il parfois davantage de nuance ? A croire la série, il y a d’un côté les geeks trop intelligents, de l’autre les abrutis finis. Sous cet angle, The Big Bang Theory paraît manquer de personnages passe-partout, quelques têtes bien pensantes qui ne soient ni expertes en astrophysique ni en menu fast-food. La voisine du dessous, qui signe là sa première apparition, serait déjà une avancée symbolique pour la série qui on l’espère étoffera sa quatrième saison.
Une conclusion en forme de déception. A force de trop miser sur l’intrigue de Penny et Leonard (ou une histoire qui d’emblée manque de passion et d’intérêt), la série s’enlise dans des scénarii déjà-vu dans lesquels Sheldon tente comme il peut de faire figure d’antimodèle. Et l’évolution des espèces dans tout ça ?
5.5/10

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01.06.2010
How I Met Your Mother (Saison 5) Quête et contrariétés

Doppelgangers – 5.24 (diffusé le 24.04.10) (finale)
Un final pur de fan pour une série devenue quasi-exclusivement un repère de spectateurs aveuglés par leur passion so 2007 pour ladite sitcom. Pourtant, la série a décidé de corriger le tir et fait (enfin) évoluer son petit monde. Mais comme ambition fait season finale, le résultat global reste un peu maigre.
Avec des épisodes totalement creux sujets à permanence scénaristique, des sketchs éculés sans but, des dialogues rabâchés par des personnages qui n’y croient plus, How I Met Your Mother a bénéficié de sa plus médiocre saison, qui pourtant était sérieusement concurrencée par les deux précédents chapitres de la comédie.
Depuis Robots vs Wrestlers qui avait ouvert la voie à un peu d’évolution, cette fin de saison d’How I Met Your Mother s’est repris narrativement. Il était difficile de faire autrement : garder le rythme et l’allure monocorde de la série dont on reproche depuis des années son absence de créativité lui aurait infligée l’estocade en pleine moelle épinière. Alors, pour signer une évolution et sustenter les admirateurs du joyeux clan, les auteurs ont décidé de parler bébé et engagement. Bonjour mère originalité.
Comme annoncé il y a deux épisodes, il est temps de fonder une famille pour Lily et Marshall, qui fricotent sagement depuis des années. Les scénaristes reprennent cette bonne idée de sosie excentrique de chaque protagoniste pour aiguiller la trame principale de ce final. Après la lesbienne Robin, la strip-teaseuse Lily, le mexicain mangeur Marshall et le catcheur Ted, il ne manquait plus qu’une version loufoque de Barney pour que Lily accepte enfin que Marshall « mette un enfant dans son ventre » . Si pour cette histoire, l’épisode comporte les habituels schémas tourne en rond de la série, avec situations tirées par les cheveux à la clé, la fin collégiale apporte une once symbolique à la série.
Robin troque enfin ses valeurs carriéristes à l’amour, malgré une déception amoureuse prévisible mais bien amenée. Barney continue les conquêtes, ici étrangères mais avec cette grossesse préannoncée, le casanova se verrait bien oncle gâteux. Ted lui est le seul à piétiner dans son coin. Il faut reconaître que sa quête à lui n’avance guère, arc principal de la série pour cause.
Malheureusement, malgré la blondeur de son intrigue (au demeurant, divertissante), Ted ne convainc plus, ni dans son rôle de narrateur qui nous entraîne dans ses souvenirs (d’autant que ses enfants de la scène introductif paraissent quasi-vintage), ni même dans celui d’amoureux éconduit. Comme dans cet épisode, Ted renoue avec sa nouvelle mission de sidekick comique, l’astuce fonctionne mais paraît risquée sur le long terme.
Si cet épisode conclusif n’avait été qu’un épisode typique de la saison, How I Met Your Mother aurait pu se vanter d’avoir une sixième cru de goût, en ayant su restaurer l’image sympathique d’un groupe et de leurs quotidiens divertissants. Malheureusement, sous couvert d’une évolution quasi exigée pour la survie du show, cette fin à des airs d’épisode calculé, faussement authentique dans une lignée maudite d’épisodes sans teint. La bonhomie d’How I Met Your Mother et son lot de surprises sont bien loin.
6/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, HIMYM | Lien permanent | Commentaires (55) | Tags : how i met your mother, saison 5, critiques, episodes, cbs, ted, robin, barney, lily |
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31.05.2010
The Middle (Saison 1) La famille américaine (très) moyenne
![ban[327].jpg](http://www.blabla-series.com/media/02/00/97079572.jpg)
Average Rules – 1.24 (diffusé le 19.04.10) (finale)
Premier season finale pour la nouvelle The Middle d’ABC qui l’an prochain continuera à nous amuser avec sa beaufitude assumée. Pour terminer comme il se doit la première saison d’une série volontairement moyenne, quoi de mieux qu’un épisode moyen sur l’art de la moyenne attitude ? Parce qu’il n’y a pas à dire, avec les Heck, le moyen est le nouveau branché. Serena Van Der Woodsen n’a qu’à bien se tenir.
Ce n’était pas un véritable risque scénaristique, plutôt une sagesse de la part des auteurs qui ont pendant toute l’année (hormis un avant-dernier épisode humoristiquement inexistant) su consacrer l’art du beauf sans le trait caricatural. Ce fut encore le cas avec cet épisode final qui a su réunir toutes les meilleures facettes de la série.
L’année scolaire est sur le point de s’achever dans l’ignorance absolue. Mais chacun des enfants Heck est alors confronté à un problème récurrent de son quotidien. Les livres pour le bizarroïde Brick, l’apprentissage pour Axl et les participations extrascolaires et l’existence physique tout court chez Sue. On mise ainsi sur les tares gentiment comiques des enfants inadaptés de la famille Heck, quitte à reléguer les histoires des géniteurs au second plan, comme souvent, Frankie et Mike vont se contenter alors de leur rôle de parent impuissant, pourtant en phase avec l’inaptitude chronique de leurs progénitures à « réussir ».
Avec Betty White dans le rôle de la bibliothécaire qui mène la vie dure à Brick (mais qui se susurre à elle-même comme le petit génie du livre), l’épisode s’est soigné dans la forme. Sue nous régale comme aux grands débuts avec son inadaptation chronique (elle enchaîne comme personne les clubs malgré son allure fantomatique et son absence de trace photogénique) et Brick dégaine les bons mots avec un grand naturel comique. Seul Axl, qui grommelle un peu trop et dont l’issue narrative s’avère plus que prévisible, casse le rythme de cet épisode pourtant bien défini.
Comme toujours dans The Middle, la fluidité de la narration et l’imbrication des histoires sont impeccables, se dégage de cette sitcom pourtant d’une facture très standard un sentiment de maîtrise. Et force est d’avouer qu’après même les Raymond, les Malcom, les filles à ne pas toucher ou autre famille afro-américaine délurée, les Heck et leur quotidien paresseux nous offrent une bonne série traditionnelle, moyenne dans le fond, assumée dans la forme, toujours distrayante. On se rencarde l'an prochain, pour sûr.
7/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, The Middle | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : the middle, abc, sitcom, comédie, critiques, saison 1, patricia heaton |
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28.05.2010
V (Saison 1) Les visiteurs font du porte à porte

Fruition – 1.11 & Red Sky – 1.12 (diffusé les 11 et 18.04.10) (finale)
Pour sa saison inaugurale écourtée, V. a gardé ses dernières cartouches pour un final haletant, mêlant existentialisme, humanisme et action popcorn. Tout un programme parfaitement calibré qui permet à la série de finir sur une impression finale des plus positives.
Avec ses deux derniers épisodes, le remake de V s’est enfin révélé. Oubliés les flottements de mi-saison, les épisodes bouche-trou aux allures de formula show sans fond, les péripéties sans impact et cette impression d’ambition de bac à sable, V met en relief peu à peu ses véritables enjeux.
La série avait démarré fort, en incarnant rapidement toutes ses facettes principales (affrontement idéologique, religion, propagande, sectarisme). Puis, le grand plat, le show de l’alphabet, fort d’une pause longue qui aurait pu l’enterrer, s’est quelque peu enlisé dans un rythme et un ton fantastique de façade. Mais cette fin a corrigé le tir. Déjà, avec Fruition, la série avait complètement malmené sa logique mollassonne en exploitant comme il faut toute la galerie des personnages de V. La série ne savait pas les gérer, cette fois, c’est la bonne : le journaliste, les ados bêta, la femme enceinte inutile, le groupe de résistants et la Fifth Column contribuent enfin à une dynamique d’ensemble qui permet une plus grande hauteur à la série.
Le changement s’était opéré grâce à l’évolution de Lisa, fille sournoise d’Anna, qui enfin paie le prix du plan d’invasion de la Reine des V en se faisant briser les os comme il se doit. Très visuel, d’un sadisme alléchant, cet avant dernier épisode avait signé la cruauté jusqu’au boutiste d’Anna et avait permis de centrer le sujet de V sur la lutte entre les lézards et la Fifth Column. Le final a pris le même chemin, puissance trois.
Avec le changement de camp de Lisa (mais aussi de Jack qui s’affirme, de Ryan et de Decker), l’affrontement subtil entre Anna et Erica, les rebondissements en pagaille, le sort enfin scellé de certains personnages secondaires (Vanessa), V a fait son grand ménage avant sa première révérence. La série nous laisse ainsi à la veille d’une lutte qui s’annonce bien plus acharnée et explicite, plus élaborée aussi (la question de la religion revient au premier plan). Preuve en est, la naissance du mi-lézard mi-humain à la queue salivante, et l’évolution de Morena Baccarin qui s’est enfin révélée, victime de sa première émotion humaine, décidée à en découdre. Seul hic, les quelques soucis numériques (apparemment, l’original était atrocement pire) mais cette fin rouge-sang est à couper le souffle (un peu).
V a gagné son renouvellement à la sueur du front. Vu la qualité de ce final très SF, V ne l’a pas volé. Il n’y a plus qu’à espérer que la série visiteuse conserve son même entrain lors de la saison prochaine et aille plus loin que la mini-série culte. Le rendez-vous est pris.
8/10

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26.05.2010
New Adventures of Old Christine (Saison 5) Vieille et increvable

Get Smarter – 5.21 (diffuse le 12.04.10) (finale)
Les aventures finales d’Old Christine ont un arrière goût aigre. Le show de Julia Louis-Dreyfus ayant été annulé par CBS, son avenir est plus que sur la sellette. On murmure qu’ABC pourrait racheter la Vieille Christine pour sa grille à la manière d’un Scrubs l’an passé. Mais rien n’est encore assuré. Alors quand ce season final, hypothétique series finale, clôt sans grand humour la saison (ou série), l’éclat de rire fait place à la déception.
Pour cet épisode conclusif, si l’humour décapant n’était pas véritablement au premier plan, l’évolution et l’approfondissement des personnages ont été sans conteste de vrais atouts mis à profit par la série. En cinq année, la Vieille Christine et sa clique ont grandi, troqué valeurs superficielles pour d’autres plus vénales. Si la série a toujours voulu s’écarter des chemins moralisateurs en faisant faire à son héroïne principale tout et n’importe quoi, les auteurs se sont toujours focalisés sur une vraie cohérence de personnage.
Voilà pourquoi Christine Campbell est sans aucun doute le personnage féminin de sitcom le plus attrayant et le plus attachant du paysage sériel américain. Avec ses tares bien sûr, alcoolisme, égoïsme, racisme, ignorance mais aussi avec sa psychologie contrastée et ses envies de bien faire, Christine est l’héroïne moyenne par excellence, non une anti-héros un peu imbécile et caricaturale, mais bel et bien un personnage avec ses vertus, ses qualités et ses (nombreux) défauts, au potentiel comique inégalable. Cet épisode poursuit l’évolution du personnage de Christine.
Deja, depuis deux ans, la quadra n’était plus la mère possessive qu’elle était jadis (la réplique de la scène introductive allant en ce sens "je crois que quelqu’un l’a emmené à Disneyland"), maintenant, avec la confrontation à l’univers scientifique de son futur époux (Eric McCormack, toujours aussi bon), Christine pourrait aussi développer quelques complexes intellectuels. La thématique est bonne, quoi qu’un peu acharnée et cruelle à l’égard de ce personnage qu’on aime à défendre quoi qu’il nous en coûte. Malgré une scène déjà culte où Christine babille devant la poupée de Richard, plus de légèreté et de répliques cinglantes par le clan des Campbell aurait été de meilleur goût.
Les autres gais lurons ne sont pas non plus en reste, question évolution. Avec Richard notamment, à nouveau affublé d’un fardeau de paternité, tellement pris à cœur que l’homme n’hésite pas à s’afficher bébé en plastique sur le ventre, ou même Matthew qui d’année en année a gagné en considération (et en diplôme). Barb, fidèle à elle-même, demeure le sidekick comique absolu de Christine. Là encore réunis, on espérait plus du thème imposé « surprise party », la loufoquerie de cette saison pourtant constante en excellence s’est ici un peu émoussée. La peur du rideau final, sans doute.
Si cet épisode est la dernière chronique d’Old Christine, le spectateur et admirateur de Julia Louis-Dreyfus pourrait bien difficilement s’en remettre. Un épisode final aurait du inclure une prestation unique de Barb, un scène avec New Christine, une réplique signée Riccie, un moment dans la Prius. Mine de rien, Christine bénéficie d’un vrai paysage à elle. Pourvu qu’il se maintienne en vie, cela en va de l’humour américain et de l’héritage seinfeldien.
7/10

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24.05.2010
Grey’s Anatomy (Saison 6) Après la mort, il reste les engelures

Sanctuary – Death and All This Friends - 6.23 – 6.24 (diffusé le 20.04.10)
Quand Grey’s Anatomy la joue Elephant, ce n’est pas affaire de plaisanterie. Résultat, les têtes sautent, le sang coule, les embryons se désagrègent et les larmes s’incrustent plus que jamais dans l’univers habituellement placide du SGH. Mais entre la subtilité contemplative de Gus Van Sant et le manichéisme lacrymal et crétin de Shonda Rhimes, il y a tout un fossé épineux dans lequel nos amis rois du scalpel se sont gaiement jetés, gueule ouverte.
Grey’s Anatomy a décidé que son final serait théâtral ou ne serait pas. En soi, ce n’est pas une surprise, la série aime tirer des révérences pompeuses et mélodramatiques et aime à réaliser des épisodes placés sous le signe du spectacle. A cet égard, aucun doute, le contrat est formidablement rempli. Pour sa sixième conclusion de saison, la série s’est convertie gore, enchaînant les rebondissements surprises à la Scream et les ambiances de traque à la Elephant. L’amateur lambda de spectacle pop corn partira content, parce que la peur n’a jamais autant hanté les couloirs gris du Seattle Grace Hospital et parce que le résultat visuel est exagérément entretenu.
Si le médical et le soap ont laissé leur place de traître au gore bêta, ce n’était pour guère longtemps. Si les aficianados des blockbusters estivaux attraperont leurs orteils de joie devant cette théâtralisation à la démagogie facile, les autres, amateurs du vrai genre et d’autres plus terre à terre, pourraient bien trouver à redire.
Malgré leur envie d’épater la galerie, les auteurs de la série ont cédé au mal essentiel qui couve le lit de Grey’s Anatomy depuis toujours. Entièrement prévisible depuis le départ (du sauvetage de Derek en passant par la perte du bébé de Meredith), cet épisode n’était qu’un gros artifice monté, qui à l’exception de deux trois scènes étonnantes (le retournement de situation quasi-final en pleine salle d’opé), s’est montré très paresseux dans son cheminement narratif et consternant de moral, stigmatisation nœud-nœud sur le port d’armes aux Etats-Unis (par le tueur en personne, évidemment).
Des scènes ultrasaccadées qui n’assument pas la tension et les enjeux du vrai carnage que l’épisode sous-tend (Lexie manque de se faire décalquer puis enchaîne sur Karev), aux pénibles monologues toujours tire-larmes, en passant par la bande son inappropriée et sans effet dont la série s’accommode plus ou moins avec le temps, l’épisode ne revisite pas sa créatrice phare et se contente d’une pure distraction de cirque meurtrier sur fonds de commerce inchangé.

Idem pour le personnage du tueur fou, absolument raté, qui symbolise cette intrigue mal embouchée. Monsieur Clark veut venger la mort de sa femme et a verrouillé ses cibles (Lexie, Derek, Richard). Mais l’homme va rapidement perdre la raison et viser à loisir celui qui se mettra en travers de son chemin tueur, en particulier les chirurgiens.
Rapidement, la série boursoufle son idée de départ (pourtant cohérente, cette histoire ayant un vrai ancrage passé) en grossissant le trait. Franchement scandaleuses, ces scènes purement gratuites où le tueur quasi-omniscient s’infiltre dans chaque lieu-dit clé de l’épisode (de la chambre de Mandy Moore, qui joue formidablement la morte, où Clark débarque tel un serial killer en manque de peau à scalper à la visite de chaque service (en pédiatrie, il y a même des compresses), de chaque personne).
Faux-jeton en simultané, la série n’assume jamais cette idée de déraison saugrenue et donne matière à compréhension (le tueur qui tue de sang froid finit Parrain devant Derek et ose même la dénonciation du système de vente d’armes aux Etats Unis), à regard apitoyé (plusieurs scènes dont celle de l’explication made Oprah par Sarah Drew a signé un non-retour dans le ridicule du show). Enfin, au vu des morts sacrifiés sur l’autel du suspense à deux franc (Reed, Charles (les deux nouveaux insipides), des figurants et un embryon à la va-vite), on ne peut s’empêcher de déceler l’arnaque à plein nez à la façon d’un « c’était finalement si surprenant que ça ? ».
Néanmoins, la série nous épargne un cliffhanger faussement insoutenable en réglant la présente situation, il n’y aura pas d’attente impossible programmée début octobre. Et sous les coups de feu, en filigrane, un triangle amoureux (Cristina, Owen et Teddy) et le rabiboche de deux lesbiennes qui s’aiment sont également réglés. Heureusement que les acteurs (Ellen Pompeo, Sandra Oh) se sont surpassés.

Au revoir le soap et la tragédie prosaïque. La série la joue peur bleue/coup de feu, à mille lieux de son genre établi et des valeurs simplement sentimentales qu’elle défend. On murmure déjà que les prochains épisodes spéciaux de Grey’s Anatomy se dérouleront en costumes d’époque, celle du XVIIe siècle pour un bal romantique vraiment spécial ; puis dans la voie lactée pas loin du Soleil, dans une ambiance futuriste tirée au cordeau, évidemment filmée en 3D. Sacrée série touche à tout qui finalement ne palpe pas grand-chose.
5/10
Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Grey's Anatomy | Lien permanent | Commentaires (56) | Tags : grey's anatomy, saison 6, abc, meredith, cristina, derek, izzie, critiques, résumés |
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22.05.2010
Gossip Girl (Saison 3) - College attitude et fausses afféteries

Last Tango, Then Paris – 3.23 (diffuse le 17.04.10)
Un dernier cauchemar en forme de louboutin, puis le repos estival bien mérité. C’est avec cet effort de grande éthique que s’est instaurée la grande conclusion de Gossip Girl, qui après une saison en demi-teinte, voire en absence de teint tout court, a failli plus d’une fois passer à la trappe (plutôt : la bouche d’égout de Brooklyn).
Et pourtant, pour son jet final, la série a retrouvé ses airs de série teen-show décomplexée. Avec un avant-dernier épisode emmêlé et manichéen jusqu’à la moelle, Gossip Girl a conclu la plupart de ses intrigues alambiquées (mère malade, père sur le retour, infidélités affabulées et Serena en pleine crise juvénile et quête identitaire) pour faire temporairement peau neuve.
Une simple intrigue de série jeunesse : plusieurs quiproquo amoureux qui provoquent des raz de marrée d’hormones dans l’univers des têtes blondes aisées. Celles là même qui dictaient leurs règles deviennent alors des personnages simples aux questionnements bêtas : l’amour, le programme des vacances, le regard des autres.
Le temps d’un épisode conclusif, Blair et sa clique, Jenny contre le reste du monde et les grandes zou de Serena ne sont plus ceux qui dénouent les crises familiales et les complots, à force de stratagèmes élaborés et de plans sans faille (ou l’insupportable ambition de la série). Blair ne pense qu’à Chuck qui ne pense qu’à Blair. Serena hésite entre Nate et Dan qui hésite entre Vanessa et Serena. Et Jenny prend enfin le pouls de son entourage face à ces sempiternelles actes de sale peste.
Le spectateur lambda a alors envie de crier victoire. Gossip Girl a fini de se prendre pour ce qu’elle n’est pas. Le show de la CW renoue ainsi allégrement avec le ton et les storylines de son acabit. Et le résultat est plutôt payant : son art d’établir des ultimatums amoureux est intact, la tension émanant du duo de Blair et Chuck s’avérant presque aussi prenante que celle d’un ancien épisode de Dawson’s Creek.
C’est donc principalement l’intrigue réservée à Blair et Chuck qui donne l’allure finale à ce 23e épisode que l’on n’attendait plus. Cette histoire bénéficie enfin de l’ampleur scénaristique qu’elle mérite et l’association avec la brebis galleuse nommée Jenny (enfin convaincante dans son rôle de laissée pour compte qui commet l’irréparable) n’était que l’unique sublime idée de la saison. Evidemment, le fond a peu de solidité mais le temps de quelques scènes calibrées, musique dramatique à l’appui, la série a montré une fois n’est pas coutume qu’elle maîtrisait ses associations de personnages.
Moins efficace, le triangle amoureux inopiné formé par Nate, Dan et Serena. Mais la série ne se contente pas de poser les bases d’une nouvelle histoire à l’avance pénible. Gossip Girl instaure de rapides changements et avance dans le temps, comme elle l’avait fait en fin de seconde saison. Les personnages évoluent, leurs priorités aussi, et les dynamiques essentielles à ce show perturbé, encore plus. Du coup, le spectateur se retrouve propulsé aux frontières françaises, avec des retrouvailles de BFF enfin décidées à ne plus penser avec leur vagin, et en plein Prague avec du rebondissement à soap presque trop guilty-pleasure pour être honnête.
Une réussite in extremis.
6.5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, Gossip Girl | Lien permanent | Commentaires (34) | Tags : gossip girl, saison 3, episodes, critiques, cw |
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18.05.2010
The Vampire Diaries (Saison 1) Cher journal, je suis hémophile

Founder’s Day – 1.22 (diffusé le 13.05.10) (finale)
Pour son grand épisode conclusif, The Vampire Diaries a sorti l’attirail poussiéreux, postiches frisées et robes à double-identité à la clé. Il ne manquait plus qu’une Neve Campbell souffreteuse pour clore cette soirée épico-mouvementée de bas étage. Triste fin de pacotille.
Malgré toute la bonne volonté juvénile concentrée pour visionner la fin de la première saison de The Vampire Diaries, force est d’avouer que la série a perdu en mordant vampirique et en révélations rythmées pour patauger un peu plus dans le soap boutonneux au fur et à mesure des épisodes.
La plus grande erreur de la série, c’est d’avoir rendu le personnage de Damon sympathique, au summum du lisse lors de ce final sans saveur. Voilà que la brebis galeuse se met dorénavant à remercier les sorcières, à flatter les jeunes sosies de Katherine, à avouer sans complexe ses sentiments et à prodiguer des conseils sur le thème imposé de « la vie, c’est mieux quand on est mort ».
Où diable est donc passé le Damon qui ne souciait que de lui ? Qui écarquillait des yeux tout en arrachant la carotide de jeunes nymphettes de Mystic Falls ?
En rasant le manichéisme assumé de la série au travers ses deux héros attachants, la série a perdu en intensité. La palette de personnages, consensuelle à souhait, perd par ricochet en intérêt, les forces maléfiques à combattre étant de terribles caricatures diaboliques sur pattes (John en particulier). La fine nuance au cœur de la mécanique de ce teen show sans complexe n’est plus que lointain souvenir.
Malgré le désir de la série d’ériger un cadre exceptionnel (une soirée municipale à la Gilmore Girls qui finira mal, à la Scream), The Vampire Diaries ne profite à aucun moment de l’importance de son intrigue pour entretenir un quelconque suspense. Entre l’accident de voiture de Caroline et ses amis (on se fiche de la véritable identité du maire et son fiston, bien que l’on mise sur le loup-garou ou le croisé vampire, pure invention au potentiel intéressant), le faux danger entourant la vie de Damon (John tue Anna personnellement sans se soucier du sort de Damon, pourtant le véritable ennemi de lui et Isobel et la raison principale de cette rafle nocturne, -perplexe), la série n’a pas bien mesuré ses enjeux et nous offre une soupe froide en guise de conclusion haletante (on ne parle même pas du rôle insipide de Bonnie, qui mérite d’être brûlée vive).
La série avait démarré sous des auspices favorables au genre teen-fantastique. The Vampire Diaries était rapidement parvenu à se débarrasser de l’apparat ridicule autour de la romance ado-vampire pour assumer sa folie gore, enchaînant les sombres péripéties. Dommage que le triangle amoureux peu subtil et sans nuance manichéenne (à croire qu’Elena les rend tous imbéciles) ait empiété sur l’essentiel. Et le twist final efficace mais peu impactant n’a rien changé à ce triste constat inodore.
5/10

Écrit par J.D.L (Webmaster) dans Episodes, The Vampire Diaries | Lien permanent | Commentaires (57) | Tags : the vampire diaries, cw, saison 1, twilight |
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