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  • This Is Us (Saison 1) La fable du groupe

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    Adoubée par le public à la mise en ligne du trailer, This Is Us, la nouvelle série de NBC, s’est imposée au fil des semaines comme la nouveauté importante de la chaîne du paon. Les débuts de la série le justifient, délicate et bien interprétée, la série a tout pour être la nouvelle série familiale du paysage américain.

     

    Cela débutait mal. Un titre un peu mièvre qui rappelle les grands succès d’Anna Gavalda, et un concept qui l’est tout autant. This Is Us expose quatre grands protagonistes nés le même jour et liés d’une façon ou d’une autre dans le grand univers. Une sorte de prédication à la facon de Sense 8 sur Netflix. Pour autant, pas de spiritualisme débordant, ici, This is Us s’emploie uniquement à suivre le destin de ses personnages le jour où de leur anniversaire, le jour où chacun d’entre eux décide d’une nouvelle page pour leur vie.

    Parmi eux, le couple amoureux transi, Jack (Milo Ventimiglia tout aussi intense depuis Gilmore Girls) et Rebecca (Mandy Moore, diva des romcoms), ce premier fête son anniversaire le jour où sa femme accouche, une procédure à risques puisque Rebecca attend des triplés. Kevin et Kate sont quant à eux jumeaux, ils fêtent leur trente-six ans malgré une immense insatisfaction personnelle. Lui est acteur d’une série potache, il refuse d’incarner l’acteur raté d’Hollywood tout juste bon à enlever  son t-shirt devant les caméras et montrer ses muscles saillants. Elle a des problèmes d’alimentation et un régime qui la hante. En surpoids, elle appartient à un groupe de soutien mais ne se sent pas à sa place. Enfin, Randall (Sterling K Brown, merveilleux dans The People vs O.J Simpson) fête aussi son anniversaire. Il est père de famille comblé, deux filles exemplaires, une femme sans failles, mais décide de retrouver son père qui l’a abandonné à la naissance.

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    Tous ces personnages ont ainsi en commun leur date de naissance. Une anecdote narrative à l’intérêt limité. Pour autant, ce qui les lie va au-delà. Privilégiant le mystère sur leurs liens, le pilote de la série offre en conclusion un twist narratif nouant définitivement les protagonistes de la série. La série créée par Dan Fogelman, responsable de The Neighbors et surtout de Crazy Stupid Love, se situe pile dans l’esprit de la dramédie aux bons sentiments. Des scènes sur fond de Damien Rice, des larmes, des doutes, This Is Us est la nouveauté fleur bleue de la saison. Pour autant, la série n’est jamais mièvre, elle s’écarte des poncifs nœud-nœuds grâce à des personnages d’emblée attachants et une intrigue ficelée et astucieuse.

    7/10

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  • Fleabag (Saison 1) L’errance féminine

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    Phoebe Waller-Bridge est une bosseuse. Après Crashing, il y a quelques mois, série communautaire joliment déjantée sur une bande de trentenaires voulant vivre différemment, l’auteure et actrice remet ici le couvert en adaptant son personnage de scène. Un coup de maître existentiel et sévèrement pessimiste.

     

    Héroïne et scénariste, Phoebe Waller-Bridge incarne Fleabag, une jeune femme dépressive aussi mal aimée que mal amoureuse. Fille cadette et orpheline de mère, Fleabag se sent seule mais ne sait pas comment apprivoiser les autres. A commencer par son petit-ami, un chic type qui lui pardonne tout, même ses actes masturbatoires face à des discours de Barack Obama. Sa sœur, rigide et autoritaire et son mari fantasque qui tirent à la couverture à eux. Ou même sa belle-mère, Olivia Coleman, une artiste tyrannique qui a envahi la vie de son père après la mort de sa mère. Face à ces gens antipathiques, Fleabag préfère se parler à elle-même.

    Sourires narquois face caméra, petits clins d’œil, moues ironiques, commentaires off, l’héroïne s’amuse avec nous de ses échecs. Mise en abyme maligne de la série, comme autant de remarques que l’on s’inflige tous, Fleabag met en perspective ses frasques, toutes les petites situations embarrassantes qu’elle crée volontairement pour mieux s’accommoder de sa morne existence. Dépressive, malhabile, cynique, oui, Fleabag l’est, mais surtout elle est lucide. Elle n’attend rien, elle n’espère plus grand-chose, Fleabag contemple ses défaites et ses vices. Elle est une femme torturée qui avance dans le noir, à l’aveugle mais elle le sait.

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    Dans le jargon anglais, fleabag signifie plusieurs choses, une personne peu plaisante, un sac à puces selon l’expression, même un animal laissé pour compte, un animal sans intérêt. A l’image du cochon d’inde que Fleabag a offert à Boo, sa meilleure amie, avec qui elle tient un salon de thé et qui, il y a peu, s’est tuée soudainement par tristesse amoureuse.

    Cet animal de basse catégorie, désormais c’est Fleabag elle-même. Une jeune femme déchue et hantée par la mort de son amie. Cette mort qu’elle refuse de qualifier de suicide alors que Boo s’est jetée sous les roues d’un bus. Depuis, tout l’équilibre de Fleabag se brise. Tous ses repères se fissurent. Traumatisée, Fleabag en est prise de souvenirs de son amie en vie, elle continue d’appeler son numéro pour entendre sa voix, une récurrence qui la malmène et qui la pousse à la résignation.  La série montre ça, cette latente dépression, une femme qui baisse les bras petit à petit, vautrée dans l’inconséquence.

    Série sur le néant existentiel, l’envie et l’amour qui décline, le féminisme  éclaté et la dépression nerveuse qui guette, Fleabag n’est pas un remède, un antidote à l’insatisfaction. C’est tout l’inverse. Pessimiste à l’envi, complaisante, la série offre des scènes de cruelle lucidité, des moments d’une poésie folle. Comme cette scène dans le métro où Fleabag imagine les gens près d’elle se mettre à danser et à hurler. Pourtant, c’est en elle que tout se joue. Dans sa tête, dans son corps. Parce que Fleabag, c’est surtout ce personnage féminin, complexe et intense, aux nœuds acérés, aux enjeux incompris, à la marche incertaine, à la culpabilité dévorante. Un travail d’inspection formidable, d’une noirceur palpable mais servi par une écriture lumineuse et un jeu ingénieux. Phoebe Waller-Bridge fait déjà partie des grands.

    9/10

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