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  • Sense8 (Saison 1) Les Wachowskis à la télé

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    Après quelques navets ou oeuvres incomprises, les Wachowskis prennent les manettes de leur première série chez Netflix. Budget colossal pour une série tout aussi imposante.

     

    Sense8 a du cran. Une ambition digne du célèbre duo américain. Un projet un peu fou digne de leur rang mystique. Une sorte d'état des lieux du monde, un bilan humain et politique qui prolonge Cloud Atlas, cette œuvre générique qui traversait les âmes et les siècles. Déconcertante ou bien géniale.

    Là encore, on s'interroge. Chaque épisode de Sense8 est une remise en cause. Chaque réplique au cordeau. Dans Sense8, il y a tout. Une volonté humaniste de cartographier nos cultures et nos consciences, à travers huit destins d'hommes et de femmes inextricablement liés par leur sensibilité. Huit héros du monde entier qui résonnent ensemble, qui se projettent, se retrouvent, malgré les kilomètres, et par l'entremise de témoins presque divins (Daryl Hannah). Londres, Berlin, Nairobi, Mexico, Séoul, l'Islande, l'Inde, Chicago, la série tournée en ces lieux veut réunir le monde et les individus, tout en évoquant cette toute-puissance chère aux anciens papas de Matrix. Cela pourrait laisser de marbre mais on se laisse volontiers hypnotiser.

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    Au delà d'un pilot raté, trop démonstratif, Sense8 se reprend par la suite, plus affûtée, plus soucieuse de chacun de ses héros perdus aux quatre coins du monde. La série aime répandre les mythes et récolter les réponses. Tantôt mièvre, tantôt new-age, souvent sincère ou métaphysique, la série transcende notre époque à travers des personnages clés. Des conducteurs de bus africains, des DJ européens, des lesbiennes-trans à SF, des japonais financiers, des flics américains, des acteurs mexicains de telenovela, des chercheurs indiens, autant de cartes d'identité peu inspirées mais faciles à suivre. Et bien sûr, tout y passe. Le transsexualisme bien sûr, l'homosexualité, la famille, la corruption, la maladie, la mélancolie, des pistes vues comme des des gangrènes contemporaines qui agissent ici comme le dioxyde de carbone de cette bible.

    Certaines trames  fonctionnent efficacement, à la façon d'une machinerie lancée par JJ Abrams, grâce aux hommages à Lost (le personnage de Sun ou l'acteur Sayid) ou bien Heroes, même Twin Peaks ou Soderbergh en cherchant bien. Mais la série profondément divertissement vise à l'excès une noblesse qu'elle ne peut atteindre, malhabile souvent, éclatée dans le monde entier à la façon d'un mauvais Game of Thrones.

     

    Sense8 est bien loin du best-viewer d'HBO, de sa superbe surtout et des ponts scénaristiques qu'elle bâtit entre ses univers. Plus triviale dans ses cheminements, souvent maladroite et démagogique, et sans enjeu intense. Malgré tous ces défauts pèle-mêle, Sense8 est une oeuvre ambitieuse dans son récit mondialiste, agréablement bordélique et sirupeuse.

    6/10

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