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  • Love (Saison 1) Amour et égarements

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    Première nouveauté de Netflix avant une ribambelle de recrues, Love est une série aussi simple que son titre. Une histoire d'amour entre deux personnages que tout oppose. Son plus ? L'esprit Judd Apatow.

     

    On en attendait beaucoup de Love, la troisième comédie de Netflix qui réussit son intronisation humoristique après l'hilarant Kimmy Schmidt et l'intelligent Master of None. Après Tina Fey et Aziz Ansari, il fallait une pointure comme Judd Apatow, ici accompagné de Paul Rust (et l'équipe de Girls, notamment sa femme, Lesley Arfin). Love met en scène l'histoire entre Mickey, une programmatrice de radio désabusée, ancienne toxico et alcoolique, et Gus, un professeur binoclard qui enseigne à des jeunes actrices sur les plateaux d'une série de sorcières et d'idioties, un type riche en bonhomie, drôle et maladroit, passionné par les bandes originales de films qui n'en ont pas et que lui compose avec sa bande de copains, tout aussi dork que lui.

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    La série reprend là où Hello Ladies s'était malheureusement arrêtée sur HBO. Quand le célibataire ringard parvient enfin à conquérir la jeune fille populaire. Sauf qu'entre Hello Ladies et Love, il y a un monde. Pas de cruauté chez Love, de cynisme féroce, de désenchantement acharné, seulement cette peur tenace de l'engagement que l'on retrouve formidablement dans Girls. Ici, tout est vif et sincère. De ces deux personnages qui ne s'aiment pas au même moment, Mickey qui s'indiffère de ce pauvre type, Gus qui s'accroche, qui accepte de sortir avec la colocataire candide, qui arrive toujours trop tôt aux rendez-vous donnés, qui abîme toujours plus son amour-propre. Et puis tout à coup l'inverse. La redistribution des rôles. C'est ce qu'il y a de plus beau dans Love, cette façon d'être dans les deux camps, cette quête impossible et désavouée de la relation amoureuse, quand l'autre n'est plus là. Quand l'intensité disparaît sous terre. Mickey (Gillian Jacobs, tout aussi sarcastique que dans Community, l'air froncé et le fond tragique en plus) a tout pour mépriser Gus, un réseau, une popularité intouchable, une façon de se frayer un chemin, de s'engueuler avec n'importe qui, de se moquer du premier venu et, pourtant, tout bascule sous nos yeux.

    Après un pilot complètement indigent et beaucoup trop long, Love n'a pas toujours su gérer son rythme, s'encombrant souvent d'historiettes et de personnages inutiles (les collègues ou les voisins), la série voulant bêtement séparer ses deux personnages principaux. Mais au fil de la saison, Love a rectifié le tir, ciselant son allure Apatow, gentiment désillusionnée, amusante et mélancolique, réunissant toujours plus ces deux héros.

    Sur dix épisodes, Love décrit avec justesse cette histoire tumultueuse qui semble mener nulle part, entre des rendez-vous vains, des personnages en double-file, des occasions manquées et puis quelque fois, cette promesse au loin entre eux deux, cette osmose, ces trois épisodes forts qui jalonnent le parcours amoureux, à la façon de Master of None. On se réjouit de ces personnages sincères, en proie à la solitude, festonnés de failles, de démons intérieurs, de carences affectives, comme l'a déjà tenté You're The Worst cette année. On les aide, les soutient, les désavoue à tour de rôle, à mesure qu'ils évoluent, changent ou prennent à contre-courant le rôle qu'on leur a donné.

    8/10

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  • False Flag (Saison 1) Le faux espionnage

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    Après le succès d'Hatufim sur ARTE, Canal + proposait ce mois une autre série israélienne. Autre série d'espionnage et d'infiltration. Autre série paranoïaque mais, cette fois, à l'ambiance plus éventée.  

     

    False Flag, faux drapeau en français, désigne une opération de guerre d'un Etat consistant à utiliser des symboles du camp ennemi -tenues, identités, pratiques- pour mieux le duper sur son terrain. En somme, une tactique militaire d'espionnage qui donne à la série tout son concept. Ici, la série démarre au moment où cinq ressortissants de l'Etat hébreu sont arrêtés après avoir été accusés de fomenter un plan d'assassinat contre le ministre iranien de la Défense. Passeports à la clé, les autorités russes fondent leurs poursuites criminelles à l'égard de ces cinq citoyens, mais ceux-là ne sont que des personnes ordinaires à la double-nationalité et au probable passeport volé. Parmi eux, un chimiste volage, sa maîtresse, un jeune roots, ainsi qu'une institutrice en manque d'adrénaline et une future mariée. Des gens-tout-le-monde, selon les apparences.

    Inspirée de cette vaste opération en date de 2010 contre le haut gradé du Hamas, Mahmoud al Mabhouh, fondateur des brigades Al Qassam et dont le Mossad est le principal suspect, cette série avait de quoi nourrir les passions. Proposer une traque haletante mêlant le vrai au faux, réalité et fiction, à la façon de Homeland, saison 4. Pourtant, la série mène à l'ennui. En distribuant les cinq cartes des personnages comme de possibles prises de vue, la série perd peu à peu sa tension globale et cette promesse de lutte diplomatique entre Israël et l'Iran. Se voulant originale, quotidienne dans son traitement, la série se concentre sur les cinq protagonistes et frôle trop souvent avec le drame facile, où les rebondissements excessivement attendus et les secrets évidents de chacun peinent à donner le change.

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    En reprenant plus ou moins les ingrédients d'Hatufim, génitrice d'Homeland sur Showtime, cet entremêlement du vrai et du faux, la créatrice Maria Feldman montre ici son attachement au genre du thriller, à ses conspirations sans fin, son ambiance paranoïaque, assoiffée d'enjeux grandiloquents, absurdes voire carrément improbables. Pourtant, à la différence d'Hatufim, bien plus ample et ténue dans son enquête, Flase Flag est un puzzle plutôt mou, constitués de personnages sans grand intérêt et de situations au dénouement souvent douteux. Seule la future mariée est une héroïne qui a du cran, une héroïne au double visage profond, qui insuffle une tension et de l'aplomb à la série, à la différence des autres, méchamment indifférents et désincarnés, la jeune institutrice hystérique en tête, beaucoup trop fabriqués  dont on observe leurs sous-péripéties avec un détachement rieur.

     

    Si Hatufim a su offrir à la télévision une attention méritée, False Flag reste sévèrement en retrait, victime de son envie d'épater les foyers et d'une enquête téléphonée, légèrement vaine.

    5/10

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