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  • Superstore - Telenovela (Saison 1) Petites comédies

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    Après l'arrêt de ses grandes comédies, NBC retente sa chance pour cette mi-saison avec Eva Longoria et America Ferrera, deux stars de série qui portent à bout de bras, l'une mieux que l'autre, leur projet plus ou moins hésitant.

     

    La première s'illustre dans Telenovela, une série parodique copié sur le modèle du soap sud-américain qui raconte l'histoire d'Ana, une actrice malmenée par le network depuis que son ex-mari joue le nouvel héros de sa série. Dans le rôle d'Ana, cette actrice haute en couleurs jouant sur le petit écran Pasíon, une vamp séductrice accoutrée de robes à sequins, Eva Longoria essaie de maintenir son niveau comique atteint par Desperate Housewives. Malheureusement pour elle, tout s'effondre d'épisode en épisode, à mesure que la série plie sous l'excès de sa propre caricature.

    A force de moues grimaçantes et de chutes idiotes, Eva Longoria glisse vers l'inévitable ridicule tout en abîmant son capital sympathie. Si l'actrice ne parvient pas à se sauver d'une telle impasse, c'est surtout parce que la série repose sur des fondations terriblement fissurées. Fidèle à son concept de comédie parodique, à l'image de Jane the virgin, bien plus solide, la série abuse des étiquettes attendues qui desservent le moindre personnage de la série (la matriarche perverse, le confident gay, le second rôle pataud, la nymphette écervelée, la gentille assistante) tout en accumulant les gags insipides et désolants sur le thème de la célébrité et des coulisses télé. On préférera volontiers une bonne cuvée d'Episodes ou encore mieux l'intégrale d'Extras plutôt que ce comeback burlesque doublement parodique et doublement foiré.

    3/10

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    Moins navrant, le retour d'America Ferrera se fait en douceur dans Superstore, la seconde comédie lancée fin 2015 par NBC. L'actrice d'Ugly Betty joue ici -et le joue bien- Amy, l'assistant manager d'une équipe de vendeurs de supermarché. Un supermarché typique, avec ses rayons de converses et de légumes habituels, sa pharmacie, son stand technologie et son équipe de bras-cassés. Parmi eux, un petit nouveau Jonah (Ben Feldman), jeune type je-sais-tout qui fait face à Amy, déboussolée par ce travail sans charme et toute une bande de collègues autoritaires, névrosés ou simplement paumés. Tour à tour gentille et corrosive, servie par des personnages plus complexes qu'ils n'y paraissent, la série rappelle The Office ou Parks and Recreation, ces bonnes séries d'antan où l'humour et la cruauté se liaient sur les lieux de travail.

    Pour autant, la sagesse de Superstore est loin d'atteindre le niveau engagé des séries à caméra embusquée de la décennie 2000. Mais son ambiance dénuée d'hystérie, sa vitrine de maux sociaux et ses vignettes amusantes sur la vie quotidienne d'un supermarché font d'elle une comédie intéressante et animée qui peut se déployer dans la durée et garantir un vrai succès.

    7/10

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  • Doctor Foster (Saison 1) Moment d'un couple

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    Il y a deux choses que les gens aiment regarder. Les récits de guerre et les histoires d'adultère. On a beau avoir fait le tour du sujet, la tromperie amoureuse, moment aussi ordinaire que sulfureux, n'en finit pas de nourrir les imaginaires. Avec Doctor Foster, la  chaîne anglaise BBC One propose sa version, un mélodrame élégant, étonnamment puissant.

     

    Doctor Foster est un portrait, celui de Gemma Foster (Suranne Jones), médecin en chef d'une petite clinique, adulée par ses patients pour son empathie touchante, son sens de la réalité, son sourire pudique. Gemma ne fait pas semblant, c'est une femme digne, belle, avec sa profondeur dans le regard, cette allure bien à elle. Ses amis aussi l'aiment, elle, et Simon, son mari, ils forment un couple réputé et complice, invités régulièrement à dîner dans les restaurants de cette petite bourgade de l'Angleterre, une famille au portrait idéal, corbeille de fruits sans pépins, avec leur fils Tom. Mais cette vie apparemment heureuse va basculer, le jour où Gemma découvrira un simple cheveu blond sur la veste de Simon. Quand alors elle suspectera son mari d'entretenir une liaison.

    Très vite, cette série créée par Mike Bartlett séduit, à l'image de son héroïne, par sa distance dans le traitement. La série saisit l'adultère avec une élégance rare, de celle de ces mélodrames intenses dont on ne devine pas encore le réel enchevêtrement, toujours en se rangeant du côté de Gemma. La caméra, c'est elle. Chaque mouvement, chaque pas de côté, chaque fil à recoudre de l'énigme amoureuse à laquelle elle fait face, malgré elle. En recousant l'histoire, Gemma va apprendre la triste banalité de cette tromperie,  une banalité pourtant atroce qui se déforme, s'accule, et s'empire de vérité en vérité.

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    Il y avait longtemps qu'une série n'avait pas réussi à capter ces moments de couple avec autant de superbe. Jamais de mièvrerie, d'égarement sentimental, la série dépeint, malgré quelques facilités d'écriture, les carcans domestiques avec une véracité totale, superposant les mensonges comme des couches sordides anéantissant l'héroïne et avec elle le spectateur. Le feuilleton doit beaucoup à l'actrice principale, Suranne Jones, habituée des productions télévisées mais qui, ici, incarne un personnage fort et charismatique peu à peu en proie à une extrême faiblesse, un trouble radical, parfois même inattendu.

    La série mène cette chute tragique avec une maîtrise théâtrale, patiente, minutieuse, jusqu'à la crise ultime, une urgence frappante où le spectateur est happé, en plein doute quant à une résolution possible. Si la série reprend une formule amoureuse toute faite, Doctor Foster y donne tout son corps et surprend toujours dans sa narration, son sens des personnages secondaires, et son moment de couple, cette histoire vieille comme le monde, toujours aussi intime et puissante.

    9/10

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