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  • Supergirl (Saison 1) Des galipettes en super-cape

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    Les héros continuent de piailler. Avec le retour improbable des héros de NBC et les recrues Marvel, Supergirl se fait une place de choix derrière Big Bang Theory. Reste à savoir pour combien de temps.

     

    Repensée par Greg Berlanti, Supergirl est la version revisitée de la cousine de Superman. Une histoire où la super-héroïne, Kara Denvers, est naïve et délicate, courageuse quand il faut combattre et protéger les siens. Son ADN fait d'elle une super-héroïne toute trouvée, parce que cousine de Superman, elle porte des lunettes BCBG et travaille sous un magnat de la presse américaine.

    Pour se distinguer de la masse sérielle, la série cible parfois un parti-pris féministe, défendre la cause des super-héroïnes, des girls talentueuses qui n'ont peur de rien, à l'aube de la naissance de Jessica Jones sur Netflix. Pourtant l'ensemble reste maladroit et fabriqué. Parce que Supergirl reste une héroïne de bas étage. Le jour, une assistante de direction qui dit amen aux caprices de sa patronne (Calista Flockhart, plus décomposée que dans Brothers & Sisters), la nuit, une redresseuse de torts connue pour ses débuts bancals, attrayante, jolie, beaucoup plus timide et bégayante que le héros masculin valeureux. Quand elle décide d'embrasser son rôle à plein temps, Kara en parle à ses proches, jeune fille bavarde un peu sotte.

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    Forcément, la série fait sourire, dans ses lubies quotidiennes, l'héroïne s'avère être une jeune femme attachante et sympathique, Melissa Benoist, ses yeux de biche, son sourire à la Black Lively font d'elle un personnage mignon tout-plein, fraîchement maladroit et cabotinant dans tous les sens.

    Mais a force de petits rictus charmants, la série peine à trouver du charisme.  Son décor fait grise mine, trop de grimaces durant les combats, des effets spéciaux franchement moches et des personnages maléfiques trouvés dans un vieux grenier, à l'image du papa adoptif de Kara, Dean Cain, l'ancien Clark Kent de Metropolis, quinquagénaire désormais tout enflé, dénué de répliques, juste bon à zoner sur un second plan pour le clin d'oeil malin de la série. Les héros vieillissent aussi et à Hollywood, ils ne sont pas beaux à voir.

     

    Amputées de scènes d'action vilaines et de sa mythologie, Supergirl serait une série super-distrayante, super-mignonne si elle se contentait de raconter les déboires de cette jeune femme que tous aiment piétiner. Mais elle s'appellerait Ugly Betty ou Crazy-Ex Girlfriend et ce serait bien mieux.

    6/10

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  • Mr Robot (Saison 1) La complexité humaine

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    Présentée comme une série estivale sur USA Network, Mr Robot s'annonçait comme une série proprette sur un petit groupe de hackers. Mr Robot est tout l'inverse. Elle évoque l'homme et Lacan.

     

    Pensée et écrite par Sam Esmail, Mr Robot est une série à tiroirs, labyrinthique, un dédale confus pataugeant dans plusieurs réalités, une vision du monde corrosive et cynique. Hello friend, c'est ainsi qu'elle débute. Ce pirate virtuose, Elliot Alderson (Rami Malek) s'adresse au public comme à l'un de ses proches. C'est avec sa complicité qu'il prépare ses coups. D'apparence, lui n'est pas grand chose. Un salarié sans histoire adepte des cryptages, salarié d'une petite boîte de cybersécurité chapeautée par un patron débonnaire. Accro à la morphine et à sa dealeuse, il en pince surtout pour son amie d'enfance qui a vecu le même drame familial que lui (la perte d'un parent). Elliot consulte chaque semaine. Il s'assure de connaître le quotidien de sa spécialiste. Il ne peut pas s'empêcher de fouiller dans la vie des gens. Une sorte de catharsis pour lui. Quand soudainement un groupe, FSociety,  l'approche pour attaquer de front une multinationale, sa vie revêt une réalité. Et le labyrinthe se déploie.

    Mr Robot est un show sombre et dense, où tout est rendu tortueux et impalpable. Une réalisation impeccable à la David Fincher pour une intrigue alambiquée, propice à la complexité informatique, sa connaissance codée et ses algorithmes impossibles. Menée par une voix-off caverneuse, celle de l'antihéros, la série ébahit par son atmosphère. Sa sécheresse, son style froid, clinique, aboutissant à des épisodes désordonnés, un peu foutraques, à l'image de l'esprit infernal du héros.

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    Si parfois la série perd volontiers son téléspectateur, à coup d'épisode isolé, de passage psychédélique, de moment âpre, elle s'assure de le retrouver très vite. Pour ça, Mr Robot excelle dans deux choses. Le personnage. Des pions qui ont du cran, des hackers charismatiques, de la petite femme voilée à Mr Robot, bon chef de rang binoclard, en passant par la psychologue, ténébreuse et bienveillante, et des personnages centraux, Elliot en premier, son allure adolescente, son ambition tuméfiée, ambigüe, paradoxale, un héros singulier dont la psychologie ne ressemble à aucune autre ; ou encore son nemesis, Tyrell, cadre haut placé au sein de la multinationale ennemie, sa silhouette névrotique  tout droit sortie d'un roman de Bret Easton Ellis.

    Et ce sens, surtout, de la narration. Des rebondissements frappants, twists surprises venant anéantir les esprits, rendant plus friable la frontière entre réel et virtuel. Au delà du virtuel, la série s'amuse à ça. Mesurer la complexité de l'homme, farfouiller au scalpel sa condition, ses fantasmes et son incomplétude, dans  une position très lacanienne. Désireuse de tartiner en complexité, à tel point que la série peut parfois provoquer quelques scènes conceptuelles, deux-trois exercices de style appuyés, quitte à jalonner la déconstruction à venir. Mais dès les premiers instants superbement intenses de la série, la fumée a déjà pris place dans nos têtes, face à l'errance d'Elliot, dans ce monde ultrainformatisé et ultracynique, où le spectateur l'accompagne, dans cette marche lente et douloureuse, fascinante et hautement romanesque.

    9/10

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