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  • Life in Pieces (Saison 1) Petites scènes drôles

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    Si les critiques louent The Grinder comme la meilleure comédie de l'année, série simpliste et un peu soporifique avec Rob Lowe, c'est que ces gens-là n'ont pas vu Life in Pieces. Ou alors ils ont perdu tout sens de l'humour à force de débit médiatique.

     

    Une série familiale découpée en petites saynettes de vie, ça ne rappelle rien à personne ? Ce hit show habitué des récompenses qui ne fait plus rire personne depuis trois-quatre ans. Cette série un peu vide, avec une colombienne à la voix prononcée, qu'on regarde quand même parce qu'on les aime bien, au loin, comme des oncles et des tantes de second degré un peu attachants. Mais désormais, peut-être qu'on ne la regardera plus, Modern Family, peut-être que la septième saison devra redoubler d'effort parce que Life in Pieces est une relève sérieuse. Les débuts de cette nouvelle série de CBS sont implacables, drôles à chaque fois, inspirés, pas moralistes, jamais démesurés.  En un mot, la qualité de Modern Family sans ses défauts.

    Oubliés les Pritchett-Dunphy-Delgado-Tucker, le clan de Life in Pieces est là pour la suite. Et il n'a même pas de nom de famille. Ici, on parle de Jen et Greg et leur nouveau-né, de Heather et Tim, mariés depuis belle lurette et de leurs trois enfants. De Matt, aussi, le frère cadet qui récemment endetté est contraint de revivre chez leurs parents, Joan et John, deux septuagénaire énergiques, ni ronchons ni caricaturaux. Chaque clan a son sketch, son moment mais tous sont reliés les uns aux autres. On appelle ça une famille. Encore une. Pour autant, pas de réunion gentillette en toute fin d'épisode, de poses mièvres qui rappellent les vertus de la génétique. Dans Life In Pieces, on conçoit la vie comme une somme de détails difficiles, humiliants et un peu désopilants.

     

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    Ainsi morcelée en quatre parties la série créée par Justin Adler (responsable des très bons Better Off Ted et Samantha Who?) rappellent les tares de la vie en communauté. Ici, l'attention est faite aux détails. Aux réactions des héros, chacun d'entre eux étant dans une phase de vie clé, la retraite, la parentalité, le départ d'un enfant à la fac, le célibat.

    On aurait pu craindre l'effet conceptuel de la série et son manque de liant entre les personnages à force de découpage. Mais la série se défend à merveille, à coup de répartition équilibrée. A tel point que tout le monde est drôle, sympathique et avenant. Les nouveaux parents, Colin Hanks et Zoe Lister Jones,  sont géniaux d'emportement et de laisser-aller, aussi riches que les enfants de Betsy Brandt qu'on retrouve un peu partout depuis l'arrêt de Breaking Bad, aussi complices et intéressants que la matriarche, Dianne West et son mari, James Brolin, qui n'a d'autre lubie que d'organiser son propre enterrement pour fêter ses soixante-dix ans. Sur le papier, tout a l'air un peu compliqué mais la série montre à quel point il est facile de faire rire d'une famille.

     

    En somme, un casting irréprochable où personne (encore) ne tire la couverture à soi, à l'image de cette série parfaitement menée, toujours amusante, moderne elle aussi, subtile dans son approche du rire. Alors on peut le dire sans frémir : la meilleure comédie de cette année.

    9/10

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  • Crazy Ex-Girlfriend (Saison 1) Une folie jamais-vue à la télé

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    Avec la parodique Jane The Virgin l'an passé, la CW avait montré de quel bois elle se chauffait. Avec sa nouvelle recrue, Crazy Ex-Girlfriend, aussi aliénée que son titre, la chaîne montre qu'elle en a dans la cheminée (métaphore temporaire, rétractation possible).

     

    Crazy Ex Girlfriend est une histoire de dingue. A commencer par ses coulisses, son projet d'abord destiné à Showtime en une comédie courte, puis rejetée par les patrons, récupérée à la hâte par des grosses têtes de la CW, retravaillée au cordeau pour devenir un format long, adapté au public jeune de la chaîne. Malgré les ajustements, le départ de réalisateurs, le lissage de scripts, la série est là, toute prête. Et le résultat est impressionnant. Sans perdre de sa verve, la série séduit par son ironie affûtée et son ambiance insensée, surtout indescriptible.

    La comédie raconte l'histoire de Rebecca Bunch, une jeune avocate brillante, soumise à l'exigence maternelle, une jeune femme un brin mélodramatique, sujette à des crises névrosées calmées par les pilules. En recroisant par hasard son ancien flirt de l'été de ses seize ans et envoûtée par une publicité pour une marque de beurre, Rebecca plaque New York et une carrière de pointe pour déménager à ses côtés, dans une petite ville paumée de Californie (à quatre heures de la plage). Le problème, c'est que le type, lui, s'en fout complètement.

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    Alambiquée, la série doit tout à son héroïne,  Rachel Bloom, également créatrice et scénariste de la série,  plus proche de la loufoquerie d'Amy Schumer que de l'esthétique figée des héroïnes de Vampire Diaries. Connue pour des clips absurdes postés sur Youtube (You can touch my boobies, I steal pets, I was a mermaid and now i'm a pop star), Rachel aime écrire et se mettre dans la peau de femmes  allumées, psychologiquement instables, toujours sur le fil. Comme dans la série. Grâce à elle, et à la réalisation de Marc Webb, expert en passades psychédéliques depuis 500 Days of Summer, le début de Crazy Ex-Girlfriend révèle toute sa folie géniale. Sa puissance aussi, son décalage permanent et une maîtrise ambitieuse, inédite pour une série publique.

    En une heure inaugurale, Rachel Bloom séduit totalement. Son personnage de jeune avocate sentimentalement perturbée, étonne par son jeu grimaçant, son talent de performeuse quand l'héroïne se lance dans des chants de comédie musicale pour louer son bonheur. La série accumule les étiquettes dangereuses, sketches musicaux, gags mystiques, blagues racistes, scènes ambitieuses de fellation pleurnicheuse ou d'épilation anale. Pourtant, Crazy Ex-Girlfriend n'est jamais pesante. Ses excès jamais pénibles, jamais attendus. A l'inverse, la série ravit et trace son sillon comme personne. Une recette miraculeuse, où tout est calibré, mené avec une expertise vertigineuse, où chaque aventure détraquée prend de court le téléspectateur et l'époumone, comme rarement à la télévision publique américaine.

     

    Toujours intense et insensée, servie de répliques fines et hilarantes, Crazy Ex-Girlfriend est une prouesse, une lubie absurde et délicieuse qui réinvente l'héroïne et la série jeunesse. Immanquable.

    10/10

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