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Crazy Ex-Girlfriend (Saison 1) Une folie jamais-vue à la télé

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Avec la parodique Jane The Virgin l'an passé, la CW avait montré de quel bois elle se chauffait. Avec sa nouvelle recrue, Crazy Ex-Girlfriend, aussi aliénée que son titre, la chaîne montre qu'elle en a dans la cheminée (métaphore temporaire, rétractation possible).

 

Crazy Ex Girlfriend est une histoire de dingue. A commencer par ses coulisses, son projet d'abord destiné à Showtime en une comédie courte, puis rejetée par les patrons, récupérée à la hâte par des grosses têtes de la CW, retravaillée au cordeau pour devenir un format long, adapté au public jeune de la chaîne. Malgré les ajustements, le départ de réalisateurs, le lissage de scripts, la série est là, toute prête. Et le résultat est impressionnant. Sans perdre de sa verve, la série séduit par son ironie affûtée et son ambiance insensée, surtout indescriptible.

La comédie raconte l'histoire de Rebecca Bunch, une jeune avocate brillante, soumise à l'exigence maternelle, une jeune femme un brin mélodramatique, sujette à des crises névrosées calmées par les pilules. En recroisant par hasard son ancien flirt de l'été de ses seize ans et envoûtée par une publicité pour une marque de beurre, Rebecca plaque New York et une carrière de pointe pour déménager à ses côtés, dans une petite ville paumée de Californie (à quatre heures de la plage). Le problème, c'est que le type, lui, s'en fout complètement.

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Alambiquée, la série doit tout à son héroïne,  Rachel Bloom, également créatrice et scénariste de la série,  plus proche de la loufoquerie d'Amy Schumer que de l'esthétique figée des héroïnes de Vampire Diaries. Connue pour des clips absurdes postés sur Youtube (You can touch my boobies, I steal pets, I was a mermaid and now i'm a pop star), Rachel aime écrire et se mettre dans la peau de femmes  allumées, psychologiquement instables, toujours sur le fil. Comme dans la série. Grâce à elle, et à la réalisation de Marc Webb, expert en passades psychédéliques depuis 500 Days of Summer, le début de Crazy Ex-Girlfriend révèle toute sa folie géniale. Sa puissance aussi, son décalage permanent et une maîtrise ambitieuse, inédite pour une série publique.

En une heure inaugurale, Rachel Bloom séduit totalement. Son personnage de jeune avocate sentimentalement perturbée, étonne par son jeu grimaçant, son talent de performeuse quand l'héroïne se lance dans des chants de comédie musicale pour louer son bonheur. La série accumule les étiquettes dangereuses, sketches musicaux, gags mystiques, blagues racistes, scènes ambitieuses de fellation pleurnicheuse ou d'épilation anale. Pourtant, Crazy Ex-Girlfriend n'est jamais pesante. Ses excès jamais pénibles, jamais attendus. A l'inverse, la série ravit et trace son sillon comme personne. Une recette miraculeuse, où tout est calibré, mené avec une expertise vertigineuse, où chaque aventure détraquée prend de court le téléspectateur et l'époumone, comme rarement à la télévision publique américaine.

 

Toujours intense et insensée, servie de répliques fines et hilarantes, Crazy Ex-Girlfriend est une prouesse, une lubie absurde et délicieuse qui réinvente l'héroïne et la série jeunesse. Immanquable.

10/10

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