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  • Quantico (Saison 1) La recrue terroriste

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    Estampillée meilleure nouveauté de la rentrée par les critiques, soutenue par les gentils d'Allociné, Quantico est un show facile mais prometteur qui pourrait donner du tort aux productions de Shonda Rhimes et aux autres.

     

    Lancée par ABC pour persévérer dans le succès, Quantico n'est pas ce qu'on attendait. Un blockbuster balourd, faussement trépidant,  qui brasse laborieusement de mini-intrigues pendant des semaines jusqu'à l'annulation. A l'inverse, elle pourrait être un bon divertissement. Elle raconte les premiers pas d'agents du FBI encore en formation, à Quantico. Un petit groupe de jeunes gens au physique plutôt joli et policé pour ne faire fuir personne, au sens de l'humour recherché et à la déduction parfaite. Parmi eux, l'héroïne, Alex Parrish (Priyanka Chopra) qui six mois plus tard se retrouvera au milieu d'une scène terroriste tragique, suspectée par ses pairs.

    Bien sûr, difficile de ne pas voir les rapprochements entre Homeland pour son terreau paranoïaque, son héroïne traquée, son ambivalence, et les pastilles publiques à la How To Get Away With Murder pour cette ambiance juvénile. Mais Quantico pourrait être plus singulière. Déjà, la série se veut beaucoup moins épileptique que ses consoeurs. Moins orgueilleuse, moins perfide qu'une Olivia Pope grimaçante, Quantico se veut mystérieuse sans être suffisante. Pertinente sans être fière. Soap bien sûr sans être grotesque. Ses débuts sont justes, souples, soucieux de montrer l'étendue de ses personnages-types (l'orpheline, le gay, la jeune voilée, le séducteur snob) et la promesse d'une belle intrigue -ou non.

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    Réalisé par Marc Munder (Utopia), le pilot est typique du genre, construit sous formes d'allers-retours rapides, entre l'évènement majeur, l'attentat terroriste à Grand Central, et les origines, à savoir les débuts des agents à Quantico quand l'agent double a fait ses armes. La série est efficace dans son déroulement, consciente de ses rebondissements improbables et de son enquête à venir, où l'héroïne sera une accusée à tort-modèle.

    Jusqu'au-boutiste, la série livre le produit clé en main et tel un Damages, parvient rapidement à faire planer le doute. Quelques facilités persistent, une bande-son parfois en surplomb, des répliques moins fines que d'autres mais Quantico n'ennuie pas et réussit souvent à être percutante. Grâce à ses histoires de personnages, du secret de famille à la quête idéologique, la série veille à prendre avec elle toutes ces thématiques du moment, ces sujets conspirationnistes, cet héritage abîmé depuis le 09/11, qui au-delà d'un effet voyeuriste pourraient ici tenir la route.

    8/10

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  • Happyish (Saison 1) A peu près corrosif

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    La nouvelle série de Showtime parle du bonheur. Un bonheur souvent amer, déçu, frustré, caractérisé par une famille qui en veut à la terre entière. Décapant mais assez lassant.

     

    Happyish ou le bonheur à peu de choses près est une série créée par Shalom Auslander. Un écrivain connu pour La lamentation du prépuce ou Attention Dieu méchant, des romans-essais critiques de la religion juive vendus au kiosque relais de chaque gare, faisant parfois l'objet d'une promotion deux pour le prix d'un.

    Dans Happyish, on retrouve l'obsession d'écriture de Shalom, la quête de soi, la famille, la religion, l'entreprise. Elle raconte l'histoire d'une famille américaine à peu près ordinaire, un père catholique non pratiquant, un publicitaire aigri depuis que son entreprise fait la part belle aux jeunes talents assoiffés d'innovations et une mère juive non pratiquante, qui jongle avec difficulté entre les tâches maternelles et sa peinture. Tous les deux viennent d'un horizon différent mais tous les deux sont en colère.

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    La série parle de ce bonheur en perte de vitesse. Elle parle de choses qui irritent. Qui donnent des brûlures. La société de consommation, l'obsolescence programmée façon Apple, le malaise au travail, le questionnement religieux, l'emprise parental, les chansons Disney. Des pistes riches mais ici traitées avec un ton agressif et souvent superficiel. A l'image de son générique hurleur et agaçant, une version rock d'une comptine sur le bonheur (Si tu es heureux, tape dans tes mains), la série peste et râle en continu, au risque d'élimer l'intérêt. La série veut bien faire pourtant. Soucieuse de montrer qu'elle a raison, que dans notre société sclérosée, il y a de quoi râler. Mais au delà de sa véracité, dont personne ne trouverait à redire, Happyish croûle sous des concepts aveuglants, souvent maladroits et inégaux.  Entre ses titres, ses discours introductifs (Dieu, Thomas Jefferson, les aliens, Arthur Miller), ses voix-off ou ses passages psychédéliques, la série s'alourdit dans sa démonstration. Pas assez simplifiée pour surprendre, pas assez nette, ni percutante.

    A force de performance, la série délaisse ses personnages, simples garde-fous, prisonniers de ces réflexions littéraires, des réflexions un peu m'as-tu-vu, et sans réel enjeu si ce n'est une gueulante pour la forme. Des acteurs de goût comme Steve Coogan, Ellen Barkyn ou Kathryn Hahn méritaient mieux. Pour autant, l'exercice de style est habile mais le feuilleton, peu attachant, n'est pas à la hauteur.

    6/10

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