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  • Les comédies 2014-2015 - Le rire comme option

    Pour rire cette année, peut-on regarder de nouvelles comédies ? 

     

    The Odd Couple

    C'est devenu une tradition annuelle, comme Thanksgiving ou les Emmy, Matthew Perry dans une comédie plus ou moins sur mesure, taillée sur le personnage qu'il aime interpréter depuis vingt ans. Après Studio 60, injustement annulée, Go On ou Mr Sunshine, Matthew Perry devient cette fois la vedette d'une sitcom classique, presque trop safe : l'histoire d'un journaliste séducteur qui de jour au lendemain se voit héberger son ami de longue date, un type maniaque et psychorigide. Adaptée d'une pièce éponyme, la série essaie tant bien que mal de faire rire. Mais faire rire avec l'actrice Leslie Bibb, c'est difficile. Perry s'y adonne comme autrefois, avec une sorte de conviction désuète. Le duo fonctionne assez, grâce au talent comique et nouveau de Thomas Lennon. Pour autant, ses débuts sont bancals, manquent de rythme et de souffle, peut-être aussi de crédibilité : Matthew Perry, bouffi, vieilli, en séducteur notoire ? On a du mal.

    6/10

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    Black-ish

    Qu'en est-il aujourd'hui de la culture noire américaine ? Une question qui résonne dans cette nouvelle série afro, plus moderne et pensée que My Wife and Kids. En racontant la vie banlieusarde d'une famille afro, un patriarche vice-président d'une entreprise de pub, une mère chirurgien, des enfants inscrits dans le privé, Black-ish, que l'on pourrait traduire par "à peu près noir", cerne à comprendre la culture noire de nos jours. Un beau pari, qui parfois fonctionne, parfois manque de tact et d'avenant. D'un point de vue comique, la famille fonctionne (surtout les enfants, spontanés et assez nuancés), mais le père, Anthony Anderson, est crispant. Il gesticule, grince des dents, élève sa voix trop facilement. Pour autant, bien produite, Blackish fonctionne dans le créneau de la comédie familiale, et grâce à la locomotive Modern Family, ses beaux jours sont devant elle.

    8/10

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    Fresh Off the boat

    En explorant toujours plus la question de l'immigration et de l'identité, à travers Black-ish et Cristela, ABC continue sa thèse. Fresh Off The Boat raconte l'arrivée d'une famille chinoise d'un quartier communautaire de Washington à Orlando où les codes américains sont figés dans le goudron. Intégration scolaire, voisinage parmi les housewives, ouverture d'un steak house, la famille Huang s'essaie au rêve américain tant bien que mal. Malgré les deux jeunes fils studieux et dociles, l'aîné, Eddie Huang (l'auteur du livre support à la série), en est un visage phare, un pré-ado de douze ans, accoutré de t-shirts extra-larges à l'effigie de 2-Pac, rebelle dans la démarche, qui n'hésiterait à vendre père et mère pour devenir un rappeur noir américain. La série est aussi sympathique que cette famille, amusante, honnête et assez originale, mené par un duo parental qui détonne, un père entrepreneur gentillet et une mère pète-sec, attachante et folle, peut-être le personnage le plus drôle de la série. Outre l'identité, la série fait un hommage revival des années 90, comme une suite naturelle des géniaux Goldbergs et de l'époque eighties.

    8/10

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    Selfie

    Puisque le selfie électrise les esprits, au point que Kirsten Dunst plaide dans un court-métrage détracteur, la télé s'y est mise. Selfie, titre fédérateur, raconte l'histoire d'Eliza, une jeune femme, anciennement impopulaire mais désormais jolie et lookée, qui ne jure que par les tweets, photos et autres lubies égotistes, avant de réaliser que sa vie nécessite plus d'altruisme. Avec l'aide de son boss, Eliza, va tenter de se repentir. Une repentance qui associe caricature et hystérie. Dans la série, cela crépite, humeurs excentriques et gags à grosse pointure. Pensée par Emily Kapnek, créatrice de Suburgatory,  la série n'hésite pas à rajouter sur la superficialité de l'actrice, au point d'être une vitrine jubilatoire de vices 2.0 et de répliques assassines. Certaines fonctionnent, grâce à l'énergie d'ensemble, malgré un concept attractif mais éphémère (le selfie a été lu mot de l'année en 2013 par le dictionnaire Oxford). La preuve, la série est déjà aux oubliettes.

    6/10

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    Mulaney

    On n'imite pas Seinfeld comme ça, sans y penser sérieusement. Pourtant, Mulaney, la nouvelle série de la FOX, tente le coup. Mais Mulaney n'a pas compris ce qu'a su mettre en scène Seinfeld en son temps ou Louie récemment. Mulaney, c'est ce type en vue sur Internet, une recrue comique 2.0 à qui on offre l'opportunité télé. Mais comme S**t my dad says, qui reprenait les tweets d'un anonyme très sarcastique, la série n'a aucun équilibre, aucune énergie, aucune envie, se limitant à des situations essorées sur la vie amoureuse et la vie en colocation de ce Mulaney, qui patauge péniblement sur scène ou chez lui, entouré de ses compagnons dénués de charisme. Le résultat est fade, trop-vu, un peu navrant, et on souhaite à ce garçon de retrouver très vite le calme de son intimité.

    3/10

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    A to Z

    Comme Selfie, A to Z est une série à concept. Un panorama sur la vie de couple, de ses balbutiements à son extinction, façon 500 Days of Summer. Mais A to Z n'a pas que des airs de copie arriérée. Cette série narre avec un humour charmant et légèrement mélo l'histoire d'amour d'Andrew, un célibataire oisif employé dans une société d'online dating, et Zelda, une avocate chevronnée, pendant une durée établie : huit mois, trois semaines, cinq jours et une heure. Suffisamment inspirée pour être une romcom bien campée, ce compte à rebours permet d'insuffler un souffle intéressant, comme au temps d'How I Met Your Mother. Mais la mécanique est ici moins figée, le décor est plus aéré, notamment grâce à la narration et aux personnages principaux, spontanés et bien choisis (Ben Feldman (Mad Men) et Cristin Milioti (How I Met Your Mother).

    7/10

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    Benched

    La comédie moins attendue et la plus efficace, c'est peut-être elle, Benched. Cette série diffusée sur USA Network convainc depuis ses premiers épisodes. La série décrit avec une belle ironie les premiers pas d'une ancienne avocate d'affaires en vue dans le monde de la défense publique, après un burn-out spectaculaire qui l'a définitivement exilé de la sphère de pouvoir. Pensée par Michaela Watkins, très présente depuis quelques années sur les écrans (Old Christine, Trophy Wife, Enlightened dont elle a puisé légèrement le concept), Benched est une petite pastille dont la force comique vient principalement  de l'héroïne, Eliza Coupé, toujours aussi grimaçante et imposante depuis Happy Endings. L'ensemble du show tient debout, les scènes ne manquent pas de caricature, mais l'écriture plutôt nuancée permet une dynamique agréable, souvent drôle, assez différente du format des comédies publiques, à l'image de Playing House il y a quelques mois.

    9/10

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    Marry Me

    Après Happy Endings, il y a Marry Me, avec la même actrice, Casey Wilson. Ce n'est pas un spin-off, simplement la nouvelle série de David Caspe. Comme Happy Endings, Marry Me évoque le couple, les tentatives ratées d'union, les peurs et les doutes avant l'engagement. Très attendue, cette nouvelle série s'offre probablement le meilleur duo comique du moment, Ken Marino (Party Down, Veronica Mars) et Casey Wilson, une des actrices les plus drôles du moment. Pour ces débuts, la série n'est pas aussi aboutie qu'Happy Endings, des situations moins percutantes l'alourdissent, la faute à son concept plus centré sur le couple et moins sur la bande de proches qui l'entoure. Ici, des protagonistes trop typiques et trop divers -les parents gay, la meilleure amie superficielle, l'amie lesbienne, le compagnon lourdaud, le même que dans l'époustouflante Broad City-. A l'image de l'héroïne, gentiment hystérique et maladroite, la série vise une drôlerie légère et attendrissante, sans avoir le niveau hilarant d'Happy Endings après trois saisons. Mais patience.

    7/10

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  • Homeland (Saison 4) La renaissance

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    Trois ans avait suffit à Homeland pour devenir une série pop-corn un peu tiède, régie par des codes épuisés et épuisants. Mais pour cette quatrième saison, la série a tourné la page et s'est révélée.

     

    On n'attendait plus grand chose de Carrie Mathison et de ses amis, les espions de la CIA. Après deux années tumultueuses avec le soldat Brody, la série était devenue une pile d'épisodes inconséquents et vains, jusqu'à la conséquence ultime. Après la mort publique du héros  à Téhéran, nécessaire pour la survie narrative de la série, Homeland a du se creuser la tête pour la suite.

    Plus de Brody, d'amour frustré, d'enfants pénibles, la série terroriste fait peau neuve au Pakistan, tandis que Carrie est devenue chef exécutante d'une station. Surnommée la drone queen, elle devient le bras droit de l'ambassadrice américaine à Islamabad après l'assassinat de son prédécesseur. Toujours experte en ambiance paranoïaque, cette nouvelle histoire de Carrie a été ponctuée de moments forts, d'actions au cordeau, opposant son clan aux Talibans (menés ici par un Haqquani plus vrai que nature) et au gouvernement du Pakistan dont le double jeu intriguant parcourt la saison, saison rehaussée par un casting brillant, la géniale Nina Hoss, Nimrat Kaur, Suraj Sharma, quelques acteurs internationaux très en vue.

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    Avec cette saison, Homeland prouve que l'ambivalence de son jeu et de son décor est la recette miracle. Parce que toujours Homeland en révèle plus qu'elle n'en montre, spécialiste du faux semblant et  du rebondissement surprise, pour nous dire que le mal est partout, insidieux, dans chacun des camps, même dans un couple. Plus qu'une série d'action, Homeland a montré toute la part d'ombre qui planait aujourd'hui sur la CIA, entre la polémique des drones, la torture, les doutes moraux (ceux de Saul, captif) et les échecs cuisants.

    Pour autant, la série n'en a pas négligé son fil psychologique, décor tendu et pesant, qui donne à la série toute sa force, toute sa maladie. De beaux épisodes ont permis de voir Carrie de retour dans sa famille, auprès de sa fille, à l'enterrement de son père, sur les traces de sa mère. Des repères parsemés pour comprendre cette espionne devenue impeccable, professionnelle et sans faille, mais dont la personnalité reste trouble, voire inquiétante, à l'image de cette scène terrifiante, à peine visuelle, où Carrie donne le bain à sa fille et l'immerge sous l'eau le temps d'une seconde, comme un doute tenace sur sa nature profonde.

     

    Apre et entêtante, pessimiste, presque poétique, Homeland a prouvé toute sa tenue, son intensité et offre ici sa meilleure saison, époustouflante sur la forme, spectaculaire sur le fond, dans ses constatations glaciales et ses histoires narratives à tiroirs.

    9/10

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