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  • Damages (Saison 5) R.I.P Justice

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    Après cinq années, la justice menée d'une main de fer par Patty Hewes a rendu son verdict. Une saison ultime, forte, sans concession, qui aboutit à une belle conclusion.

     

    L'histoire de Damages a toujours été chaotique, respectant un schéma volontairement flou, ponctué de flash forwards brumeux et de révélations surprises. Pour clore la grande histoire de Damages, les auteurs ont fait le plus efficace : remettre Patty Hewes et son ancienne protégée, Ellen Parsons, en duel final, au sein d'une cour de justice. Mais plus qu'une simple affaire médiatico-juridique, cette saison a pris le duel comme leitmotiv. L'opposition entre les deux femmes, leurs manières de faire, leurs justices et leurs histoires a été totale. Cette saison s'ouvre d'ailleurs sur Ellen que l'on découvre mourante dans une ruelle avant le procès qu'il l'oppose à Patty. Le flash forward est facile mais réussit son effet d'entrée.

    Plusieurs histoires s'imbriquent à cette dynamique générale. L'affaire de l'année tourne autour de Channing Mclaren, joué par Ryan Philippe, un petit génie informatique et lanceurs d'alertes sur le monde (ou un moyen de mettre en fiction l'association Wikileaks). Les fuites d'informations alertent tout Wall Street, le secteur financier se débarrasse de la source, Naomi Walling (interprétée par une Jenna Elfman convaincante) et le génie est mis en cause. Bien entendu, celui-là est défendu par Ellen tandis que Patty, comme à son habitude, met la main sur la victime, la fille de la source.

    Cette histoire de leak a su rester plausible, loin du cliché financier attendu, tout en resserrant sur l'histoire personnelle d'Ellen et de son compagnon, l'ancien soldat de High Star . Damages a ainsi mis en retrait certains rouages de ce scandale (par manque évident de connaissance), quitte à éluder dans sa conclusion le propos du départ, afin de se concentrer sur le combat final entre les deux héroïnes.

     

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    Subtilement, la série parvient à garder la force manipulatrice de son propos tout en déplaçant le curseur psychologique. Ellen, au caractère endurci par les années, n'est plus qu'une recrue de Patty, elle devient son double. La même avidité victorieuse, le même gout pour la mise en scène, Ellen réussit à s'émanciper de l'autorité de Patty tout en la défiant directement (en voulant témoigner contre elle au profit de Michael pour la garde de sa fille). Au fil des années, la série a ainsi perdu de son manichéisme et s'amuse toujours à rester dans le non-dit symbolique, en cultivant l'ambiance paranoïaque de la première saison, et ces doutes, toujours, cette suspicion autour de Patty Hewes.

    Toujours dans Damages, ce sont ces deux femmes qui fascinent. L'une, diaphane et sensible, l'autre, au regard carnassier et à la bouche immense. Le spectacle féminin garde l'aspect vertigineux du début. Les visions cauchemardesques de plus en plus nombreuses, le poids de la famille et du patriarche respectif, la série cultive ce rapport étroit même maternel entre les deux avocates. Car entre les deux femmes, on retrouve cette force commune, ce respect mêlé de méfiance, cet attachement. Plus qu'un combat final, la série offre un portrait dual de femmes, indépendantes, ambitieuses mais aussi très émouvantes.

     

    En cinq années, Damages a réussi une étude impeccable de personnages dans un thriller juridique souvent haletant. Cette saison offre de beaux moments de vérité et conclut avec délicatesse Damages, une grande série de cette décennie.

    9/10

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  • The Newsroom (Saison 1) Les coulisses du mépris

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    Attendu comme le messie sériel le nouveau Aaron Sorkin a tout du profil religieux. Démence, hauteur, moralisme, grandiloquence et odeurs de naphtaline.

     

    Pour la plupart des grands sériephiles, The West Wing fait partie des séries fétiches, celles qui accompagnent tantôt Six Feet Under, The Wire, Gilmore Girls ou Battlestar Galactica dans leur refrain nostalgique d'experts en c'était mieux avant.

    Et avec Aaron Sorkin, l'expression reprend un peu d'actualité. Avec The Newsroom, Sorkin prouve qu'il peut reproduire un show de l'élégance et du ton de la série A la maison blanche, mais en oubliant l'essentiel. Comme si finalement The Newsroom est tout ce qu'était A la Maison Blanche dans les années 90, cette fois, dans un univers parallèle, sombre, où les défauts s'accumulent et égratignent l'image de ce showrunner chef de file de la logorrhée magique.

    The Newsroom débute comme toutes les oeuvres du monsieur sous vitamines. Une scène de rupture, de transgression, où le héros délivre ses opinions  en se fichant du reste. A partir de là, la série se construit, une nouvelle équipe se forme afin de distribuer les cartes du plus grand journal télévisé câblé du paysage américain.

     

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    L'énergie est là, vibrante sur l'écran, comme la lumière des séries Sorkin, l'esprit, la délicatesse, même le générique très nineties, interminable succession des têtes penseuses de la série sur fond instrumental pompeux et crispant. Mais comme tous les génériques, celui-là aussi prévient les consciences. D'épisode en épisode, The Newsroom dégringole, abime son image et celui du grand Sorkin. La série remonte l'actualité, depuis 2010, depuis la marée noire du Golfe du Mexique. Les catastrophes s'enchaînent mais l'ardeur peine à rester, les débats frisent le ronflant et la série, le grotesque.

    Pourtant, avec Jeff Daniels en présentateur rigide et autosatisfait, Emily Mortimer et les autres, plus jeunes, chargés en promesse (Olivia Munn, Dev Patel, Alison Pill), le casting de The Newsroom est parfait. Mais la mentalité condescendante du créateur est coriace et surplombe la vue. A tel point qu'elle contamine ses personnages, incompréhensibles, imbéciles ou agaçants, ces héros prétentieux et puérils gâchent le propos de ce JT en plein chaos. Le mélo de chacun vient parasiter l'information, à coup de répliques bêtes et méchantes et de tirades romantico-patriotiques. Un triangle amoureux, une affaire de mœurs usées, des investigations manichéennes, la forme de la série est désuète et enfonce ce fond informatif souvent trop emphatique.

     

    Conçu comme le troisième volet d'une trilogie télévisuelle, après le très bon Sport Nights et le maudit Studio 60, The Newsroom est une étape finale ratée. Un espoir moderne flanqué dans la terre glaise. 

    Peut-être un ratage complet, la série est sûrement la plus belle déception de l'année.

    4/10

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