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  • Secret Diary of a Call Girl (Saison 4) Du bling au chagrin

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    Hannah, ou la Belle des intimes, est revenue nous vanter ses charmes sur ITV2 et ce pour une dernière partie de jambes en l’air. Ultime saison pour la Call Girl qui après une troisième saison de gloire mouvementée, avait grand besoin d’évoluer.

     

     

    Depuis quatre ans, regarder Billie Piper incarnant la Belle de Jour, dictant sa loi glamour, son teint chic, ses manières douces sur les anglais affamés était devenue une habitude, un plaisir coupable fait de situations cocasses, de bons mots et de quelques situations dramatiques. Mais depuis les récents épisodes, Belle s’épuise à la tâche et Hannah ne nous dit plus rien.

    Victime du syndrome Carrie Bradshow, Billie Piper est devenue une icône du sexe sous cellophane, affichant tenues décomplexées sur talons haut. Grandiloquente, désinhibée, cette année, l’héroïne est devenue un emblème-mode, une statue à l’effigie de l’outrance. La preuve, Hannah est devenue une grande dame, propriétaire d’une grande maison bourgeoise dans laquelle le blanc épuré règne. Trop beau pour être vrai ?

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    Si la call girl est un personnage qui aspire à une évolution, une maturation, celle qui nous parle face-caméra depuis quatre ans est devenue une ombre d’elle-même, une figure qui recule. Toujours aussi mignonne et sincère, Hannah est malheureusement devenu un produit sexy à la dérive, rattrapé par sa vie privée qu’elle gère avec une cruelle maladresse et ce maquillage qu’elle ne prend plus la peine d’atténuer.

    Sans l’attendrissante Bambi  à ses côtés, Hannah s’isole, finit par tenir des discours tourne-en-rond. Avec Stephanie, son ancienne patronne derrière les barreaux, Belle est devenue une madame, gérant les escorts d’une main subtile, avec humour aussi. Si la confrontation avec la call girl asiatique sadomasochiste donnait du piquant à cette nouvelle saison, aucune lutte n’a fini par voir le jour. Petite conclusion sommaire fondée sur l’entente forcée, Belle fait des compromis, au risque de paraître un peu fade. A l’image de cette saison globale, notamment cette relation entre Hannah et Poppy, la fille de Stéphanie, gentiment humoristique mais plutôt facile et prévisible.

    Idem pour la relation amoureuse au cœur de la série. Pour réunir Ben et Hannah, les shippers étaient de la partie. Les romantiques transis ont d’abord eu ce qu’ils voulaient : très vite, le meilleur ami Ben, toujours aussi gentil serveur mais un brin lunatique, retrouve les bras de sa dulcinée sur-maquillée.  Il faut dire que comme Ross et Rachel, ces deux là s’aiment depuis le début. Pour autant, aucun enjeu, aucune émotion ne se dégage de ce couple retrouvé.

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    Si les tourtereaux emménagent ensemble, pas d’émoi à l’horizon, la relation conserve sa face conflictuelle, ses complications liées au métier suranné de la belle Hannah sans jamais évoluer, envisager le compromis, accepter les mœurs faciles au sein de ce couple uni.  Alors, la quatrième saison s’est achevée sur l’inévitable, cette rupture mélo sur fond d’Adèle s’égosillant sur la fin amoureuse. La simple présence d’un flic dominateur, faux Jude Law, et supposé aimant idéal pour la dévorante Belle, entre elle et Ben, n’a pas été suffisamment réaliste pour compliquer l’équation de départ. Dramatiquement, la série a retrouvé son niveau, les pleurs dans la rue, la souffrance comme leitmotiv. Bien dommage alors que la série se soit contentée d’une évolution bas de gamme, qui ne rend pas hommage au feuilleton mouvementé de la Call Girl.

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    En conclusion, la saison ultime de Secret Diary of a Call Girl ressemblait davantage à un chapitre frivole anecdotique qu’à des adieux en bonne et due forme. Tantôt poussive, tantôt tragique, Belle ne savait plus sur quel pied danser. Espérons que le film apportera une conclusion plus générale à cette série originale et attachante.

    6/10

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  • Girls (Saison 1) Etre une fille après Carrie Bradshaw

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    Pour HBO, il fallait bien des sacrifices (Hung, Bored to Death) pour accueillir une série de la qualité de Girls. Cette nouvelle recrue sur la vie de quatre demoiselles vingtenaires à New-York de nos jours fait enfin la transition entre le juvénile sans liant et l'amèrement réaliste. Il était temps.

     

     

    Produit par Judd Apatow, Girls est à des années lumière des produits ados où de jeunes beaux brillent par leur impertinence, leur ironie et leur air fringuant. A l'inverse, Girls est une photographie actuelle, un instant vrai, dans lequel évoluent quatre jeunes filles ordinaires, et même un peu vilaines. Et c'est peut-être ça la réelle différence entre les séries préfabriquées et les propositions artistiques.


    Girls est créée, écrite et jouée par Lena Dunham, cette américaine juive d'à peine vingt-six ans, fraîchement diplômée, petite bagage artistique familial, et  new-yorkaise pur souche maîtrisant son sujet. Dans la série, elle interprète Hannah, une jeune fille de vingt-quatre ans qui poursuit un stage indéfini dans une petite maison d'édition en parallèle d'un manuscrit qu'elle écrit et qu'elle juge générationnel -ou presque. Pour l'écriture, pour New-York, pour sa vie, elle a besoin de l'aide financière de ses parents mais ceux-là jettent l'éponge, Hannah doit se débrouiller seule.

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    Dans la contrainte, Hannah est consciente de la réalité. Pas d'ambition trop naïve, de discours neuneu, ni d'humour witty à la série californienne, cette jeune fille, à l'image de la série, a la tête sur les épaules et les pieds dans des godasses abîmées. Ses copines sont comme elle, des parcours de vie  forts, à tonalité et personnalité précise, des filles pas très jolies, mais raffinées, du charme quelque part. Du côté des garçons, la série réussit autant les portraits, les petits-amis notamment ont cette passivité touchante, cette perdition nostalgique, celui d'Hannah particulièrement, un ancien obèse, au corps difforme, un visage étrange, et des lubies qu'il fait appliquer cul-nu sur son canapé-récup de couleur vert bouteille.

    Pour autant, Girls n'est pas excessive. Ni glamour ni garage, la série ouvre la voie à une nouvelle héroïne, la fille après Carrie, une girl next door citadine, actuelle, qui connaît le marché du travail et les petits boulots, les boutiques cheaps et les rêves têtus. Dans Girls, il n'est jamais question de renier l'héritage new-yorkais flamboyant de la bande à Bradshaw mais Girls sait aussi composer avec la réalité, pas de façon branchée comme How To Make In America, ni même en mode hipster comme I Just Want My Pants Back. La série refuse les répliques dosées et les personnalités marquées, préférant jauger les expériences et questionner les incertitudes.

     

    Girls est une série fine, imprévisible, gentiment amusante, comme une rencontre. Avec Enlightened, elle est la nouveauté à ne pas manquer.

    9/10

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