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  • Bored to Death (Saison 3) La suite dans les idées

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    Bored to Death, la petite série de HBO dont personne ne parle (il en faut toujours plus aux new-yorkais de HTMIIA) revient nous délecter pour un troisième cru. L’écrivain et anti-héros, Jonathan Ames, virevolte avec le même entrain dandy et la même énergie caustique parmi les aventures épiques et les répliques subtiles. Toujours aussi charmant.

     

    Tout recommence par une sombre histoire de meurtre dont Jonathan est le principal suspect. Sur deux épisodes, l’affaire a de quoi mettre en branle le nouvel équilibre du héros, après une publication désespérée de son second livre et une presse attentive (surtout de la part de blogs) qu’il n’attendait plus. Grâce à son flair inouï, Ames élucide ce nouveau mystère avec brio mais retrouve très vite la perplexité des intrigues qui jadis égayaient son quotidien.

    A partir de là, tout s’enchaîne. Jonathan découvre qu’il est issu d’une donation de sperme, dans les années 70 et part à la recherche de son père, thème qui circulera tout au long de cette saison. Avec cette quête en tête, ce héros aussi affriolant qu’un animal Disney réussira à mener la danse, toujours en compagnie de  ses amis loufoques indispensables au bien-être du show.

     

     

    En ce qui les concerne, peu de changement à l’horizon. A la personnalité intacte, Ray et George voguent sur les mêmes courants décalés et gentiment drolatiques. Ray réussit à vivre quelques moments avec son enfant, encore une question de donation de sperme et de retrouvailles tardives (avec une lesbienne) mais toujours en cumulant les maladresses dont il a le secret, notamment mener une relation avec une sexagénaire sortie de nulle part. Mais cette fois, ses petites manies dignes du personnage balourd qu’il incarne n’énervent pas.

     

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    Plus délicat, plus nuancé, le personnage de George explorera lui aussi du côté familiale, en acceptant l’idée d’un mariage saugrenu entre sa fille avec qui il renoue à peine et un homme de son âge, dont elle aime qu’il incarne son chien-chien. Fantaisiste, forcément, le personnage gagnera en humanité dans son rôle de père symbolique pour Jonathan et Ray, désormais, dont il aime s’occuper avec générosité.

     

    Si ces trois mâles conservent l’essentiel, les guest stars féminines ont été à l’honneur cette année, Bored to Death ayant accueillie la femme à la ville de Ted Danson, Mary Steenburgen, ainsi qu’ Isla Fisher, plus comique qu’à l’accoutumée aux côtés du détective Ames et  celle qui assure les rires hebdomadaires dans Happy Endings, Calsey Wilson, dans un rôle de femme schizo hystérique qui lui va évidemment comme un gant.

    Toujours aussi succincte (huit petits épisodes), la dernière saison de Bored to Death met toutefois les bouchées doubles pour entretenir sa vivacité et son parti-pris marginal. Moins d’intrigues isolées, de rentre-dedans à formule pour un arc plus corrélé, Bored to Death réussit à maintenant cet état d’esprit ancré dans son petit groupe de personnages, devenus attachants avec le temps et évoluer avec les modes et les lubies actuelles.

     

    En bref, un déploiement d’humour et de fantaisies dans cette nouvelle saison de Bored to Death. Plus concentrée sur ses personnages et leurs histoires personnelles, la série de HBO réussit à fidéliser le téléspectateur et créer une dynamique bien à elle à laquelle on finit par adhérer plus qu’on le pensait.

    8/10

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  • House of Cards (Saison 1) La machinerie politique

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    Attendue en ferveur par la masse, House of Cards était la promesse d'un nouveau genre sériel. Une percée politique en treize épisodes diffusée par Netflix, un service VOD en essor. Une promesse largement tenue.

     

    Dans ses formes, House of Cards n'est pas véritablement une série ni une proposition câblée, diffusée sur une plateforme nouvelle dans le monde des télécommunications, House of Cards est d'abord une proposition osée : une oeuvre immédiate, en treize parties livrée clé en main sur le site Netflix à date établie. Le site misant sur l'intérêt des utilisateurs du service et leur abonnement global.

    Pour une première oeuvre hybride, House of Cards bénéficie d'un décor parfait. Casting, direction, écriture, scénario, la série brille par sa matière d'une finition et d'une ambition rare. Souvent décrite par ces médias crétins comme la série du cinéaste David Fincher (à l'image de Gus Van Sant pour Boss) qui n'est en fait que le producteur et le réalisateur du pilot, House of Cards est surtout l'oeuvre de Beau Willimon (scénariste des Marches du pouvoir), qui plus est, adaptée d'une mini-série anglaise du début 90 et d'un roman éponyme de Michael Dobbs.

     

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    En treize épisodes, Beau Willimon fait naître une oeuvre créative et visuelle haletante, au prisme du politicien Frank Underwood, incarné par Kevin Spacey. Frank Underwood est un député et le chef du parti démocrate ayant oeuvré pour l'élection du président en place. Mais lorsque ce dernier ne le nomine pas au poste de Secrétaire d’Etat comme promis, Frank Undewood décide de ruiner la carrière des responsables et ce, avec l'aide d'une jeune journaliste aux dents longues, jouée par Kate Mara (American Horror Story). Plus qu'une petite vengeance à l'eau salée, House of Cards est un feuilleton politique d'une extrême finesse, où bien sûr, la minorité dominante exerce une manipulation quotidienne sur l'intérêt commun, mais surtout, où chaque relation politique, chaque enjeu est apparat.

    Toute la mécanique de la série est vue par les yeux Kevin Spacey, qui n'hésite pas à commenter ses actes contestables et ses stratagèmes face caméra, comme le fait Don Cheadle, dans House of Lies. Si le côté manipulateur se montre ainsi un peu appuyé, la série s'en accommode, grâce un personnage central convaincant, à la fois fort, attachant et redoutable.  A mesure des épisodes, de mieux en mieux construits et mobilisants, House of Cards fustige une sphère connue mais toujours théâtrale et attirante, chaque épisode explorant un peu plus la politique politicienne, les petits accords de couloir, les bluffs, les conflits d'intérêt, les pressions des lobbies et les moyens mis en œuvre pour étouffer les scandales. Rarement manichéenne, toujours feuilletonnante (bien plus que Borgen), la série trouve un bel équilibre grâce à la multitude convaincante des seconds rôles  (et leurs apports progressifs) et grâce au couple phare, un couple étrange et passionnant. Robin Wright joue l'épouse Underwood, machiavélique, glaciale, sublime, une femme de pouvoir à la tête d'un empire dévoué à la charité. Une thématique fascinante qui mériterait qu'on s'y attarde. Pour une nouvelle série.

     

    Conçue comme une descente aux enfers pour certains ou une montée au pouvoir pour d'autres, House of Cards est une série sur l'ascension et l'enjeu décisionnel. Une série impeccable, implacable, d'une ressource scénaristique futée et d'une interprétation dense, à faire frémir ces chaines à péage chefs de file.

    9/10

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  • The Following - Deception (Saisons 1) Le thriller pas au RDV

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    Pour cette midseason un peu terne, FOX et NBC tentent de relancer la machine en offrant deux séries de genre, teintée thriller, secrets et beaux éclats. Une critique comparative qui abuse des comparatifs.

     

    D'un côté, Deception, pour la chaîne du paon, ou l'histoire d'une jeune flic (Meagan Good) envoyée en infiltration dans une famille de notables pour enquêter sur la mort de la fille aînée, qui n'était autre que sa meilleure amie d'enfance. La série s'offre un climat luxueux, des thématiques voulues splendides (le milieu financier, la bourgeoisie, les petits mensonges en costumes trois pièces), mais à trop vouloir loucher du côté de Dirty Sexy Money ou Damages (Tate Donovan est d'ailleurs de la partie), ce soap guindé ne bénéficie d'aucun prestige et se laisse dévorer par les clichés.

    En plus d'un effort scénaristique un brin grotesque (un médicament responsable du cancer, quand même) Deception accumule les gros traits en milieu manoir, et particulièrement les personnages caricaturaux, de la belle-mère tyrannique engluée à son verre de Chardonnay à l'adolescente impertinente. L'histoire de cette mort centrale ne prend pas non plus, la faute aussi à son concept éculé à aucun moment remis au goût du jour, Deception se contentant d'offrir quelques intrigues plates, sans grand entrain. Pourtant créée par Liz Heldens (auteure du côté de Friday Night Lights), Deception s'apparente facilement à ces séries de remplissage de grille, comme Vanished ou Cashmere Mafia, qui ne laisse pas de traces après son départ.

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    3.5/10

     

    Plus d'attentes se fondait sur The Following, né de l'esprit de Kevin Williamson, créateur de Dawson et scénariste de la saga Scream. Le maître de l'horreur connu pour ses punchlines ironiques et son goût du jeu propose cette année pour la FOX une série moitié-horreur, moitié-conspirationniste. Une histoire un peu abracadabrante mais alléchante : un tueur (James Purefoy) passionnée par la littérature noire de Poe et coupable d'une série de meurtres à l'esthétique gothique, refait surface après des années d'emprisonnement, l'enquêteur expert (Kevin Bacon) reprend l'affaire et découvre que le psychopathe a engendré un réseau de tueurs endoctrinés.

    Si le casting est davantage plus solide, The Following, malgré son concept ambitieux, ne déchaîne pas les passions. Les premiers épisodes enchaînent davantage les bavardages et les scènes tourne-en-rond plutôt que les péripéties écœurantes digne d'un slasher movie. L'hommage de Scream et l'esprit meta de la série a beau vouloir se mettre en place, par quelques artifices un peu fragiles, cette série publique n'a pas encore l'étoffe d'une production à frissons à la American Horror Story et préfère s'embarrasser de clichés datés, scènes flashbacks, discours en voix-off, mise en scène sage, qui cassent l'énergie du concept. Une petite déception pour les débuts d'une série que l'on murmurait jamais-vue à la télévision publique, mais qui finalement, fait du tout-vu sans jamais déborder.

     

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    5.5/10

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