Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • American Horror Story (Saison 2) Le catalogue des horreurs

    american horror story,saison 2,critique,asylum,chloe sevigny,jessica langa,sarah paulson

    Nouvelle saison pour la série-anthologie, American Horror Story, qui inflige un beau succès à la chaîne FX. Après la malédiction d'une maison  et le désespoir de Connie Britton, l'horreur s'invite cette année au creux d'un asile religieux, là où les fous fricotent avec les pieux.

     

    Pour planter un décor angoissant, rien de mieux qu'un asile. Lieu béni où les laissés pour compte enragent en silence, où les hurluberlus à tête lisse chantonnent  près d'innocents accusés à tort aux joues poissées de larmes. Lieu de l'enfermement, des sévices corporels et de l'autre qui dérange, l'asile méritait d'être l'invité d'honneur de la série horrifique de Ryan Murphy.

    L'histoire s'ouvre lorsque Kit Walker (Evan Peters) est reconnu coupable du viol et de la décapitation de plusieurs femmes, y compris la sienne. Avec lui, on découvre l'asile de l'intérieur, ces patients singuliers, ce personnel abusif, cette odeur. Sobrement intitulée Asylum, cette saison étonne par son caractère impitoyable et prêt à tout. L'asile, celui du manoir Briacliff dans les années 60, prend une existence effroyable sous nos yeux. Dirigée d'une main de fer par Sister Jude (Jessica Lange), ce lieu des abominations est le refuge des criminels dangereux jugés irresponsables mentaux. Sur le thème principal de la santé mentale, Asylum tire un malin plaisir à entretenir cette ambiance clinique de torpeur, dans un décor effrité et insalubre qui symbolise (un peu facilement) l'horreur psychiatrique.

     

    american horror story,saison 2,critique,asylum,zachary quinto,chloe sevigny,jessica langa,sarah paulson

    Mais contrairement à la saison inaugurale, déroutante par son contenu parfois risible, ses incohérences et son manque de liant, cette seconde saison étonne par son sérieux scénaristique, sa grande maîtrise formelle et son envie jusqu'au boutiste. Plus que le fond malade d'un asile, cette saison explore les crimes, les recense comme un catalogue d'immondices, pour devenir le summum de l'horreur. Ecoeurant par moments dans ses sujets et son esthétique frontale, ou intelligent dans sa narration, ce chapitre n'épargne rien.

    Exorcisme, possession, serial killer, lavages de cerveau, tortures, viols, enfermement, castration, domination, meurtres de sang-froid, trafic humain, créatures carnivores, traitement anti-homosexuel, expérimentations scientifiques, aliens, crimes nazis, tous les registres fouillés par cette saison, à l'image de ce générique obscène, appelle à un genre précis de l'angoisse, un répertoire où se nichent l'effroi et l'intime. Contre le corps, la raison ou la dignité, cet asile psychiatrique est symbole de l'horreur absolue, parfaite dans ses codes. Presque trop.

     

    american horror story,saison 2,critique,asylum,zachary quinto,chloe sevigny,jessica langa,sarah paulson

    Pourtant, la série réussit à se défaire de son manichéisme de départ, ce coté voyeuriste indécent, opposant le personnel aux patients fous ou innocents. Le personnage de Jessica Lange gagne en humanité tandis que d'autres révèlent leur part d'ombre, le contexte est sans cesse remis en cause, par de beaux revirements scénaristiques. Dans ce monde cauchemardesque, survit aussi du beau monde, outre le casting original toujours convaincant, on découvre Chloe Sevigny dans le rôle d'une nymphomane aux cheveux rasés, Sarah Paulson dans la peau d'une journaliste lesbienne enfermée à tort, ou bien Franka Potente, qui campe le rôle fou d'Anne Frank, qui aurait finalement survécu à Auschwitz.  Cette galerie de dingues porte la série dans une dynamique d'ensemble, la série aboutit à une clinique perverse où les dingues se mélangent aux monstres, en oubliant les rôles et les frontières.

     

    Parce que la série questionne la raison, la norme, la croyance, à travers des thématiques religieuses, sexuelles, historiques ou spirituelles, Asylum cogne un gros coup, en n'oubliant rien, si ce n'est pas un peu de normalité de temps à autre, un peu de répit dument mérité par un téléspectateur sans cesse malmené. Mais la chimie fonctionne, ce mélange corrosif des horreurs et des vices, grâce à des personnages forts, touchants, tous, dans leur histoire et leurs convictions. La santé mentale a trouvé sa série porte-parole.

    8/10

     

    american horror story,saison 2,critique,asylum,zachary quinto,chloe sevigny,jessica langa,sarah paulson

    Lien permanent Catégories : American Horror Story, Critiques Imprimer Pin it!
  • Nashville (Saison 1) Un feuilleton en chanson

    nashville,saison 1,abc,critique,hayden panettiere,connie britton

    Cette année, le drame le plus apprécié par la critique s'appelle Nashville. A l'instar du film d'Altman, cette nouvelle recrue d'ABC explore la musique country au prisme de visages féminins du Tennessee.  Maîtrisé et dynamique.

     

    Créée par Callie Khouri, responsable de Thelma & Louise et novice de la série, Nashville est une fresque sur la country et ses problématiques actuelles au coeur de sa capitale musicale, la ville du même nom. La série suit trois destins musicaux, Rayna James, la chanteuse superstar légèrement en déclin, jouée par Connie Britton, une star montante, Juliette Barnes, incarnée par Hayden Panettiere, une sorte de double populaire de Taylor Swift en plus garce, et un jeune espoir, Scarlett O'Conor, poétesse et songwriter qui se lance dans le folk à l'aide de son complice de boulot, l'éphèbe Gunnar Scott.

    De ses trois destins, Nashville tisse une toile de fond, aux multiples visages, aux enjeux bigarrés. Toutes les histoires apportent un regard sur la musique et ses coulisses, sans le glamour soap et la fausseté (efficace) de Smash. Sorte de Friday Night Lights de la chansonnette, en évidemment bien moins fort et singulier, Nashville tente l'authenticité à la façon Dillon, et le résultat est assez joli.

    nashville,saison 1,abc,critique,hayden panettiere,connie britton

     

    De toutes les pistes scénaristiques, on se délectait surtout de celle menée par Connie Britton, que l'on retrouve dans un rôle de femme sincère et douce, proche du rôle parfait de Tami Taylor qu'elle interprétait si brillamment dans FNL. Tout en yeux ronds, en paroles fortes, en jeu envoutant, Connie Britton campe là encore un personnage attachant dont les remous artistiques apportent une différence aux fresques musicales. Faute d'un succès d'antan, Rayna est contrainte de revoir sa tournée, de faire des publicités et d'affronter les propositions indécentes, du best-of hommage à l'éventuelle première partie de la star montante. De bons enjeux que la série néglige parfois, préférant se focaliser sur la trajectoire politique de son mari et son père tout-puissant, une histoire qui manque de poigne et d'intérêt.

    Les deux jeunes protagonistes apportent quant à elles une modernité au tableau, Scarlett, la prodige du texte folk, est un symbole de fraîcheur et son début dans la sphère musicale, un beau scénario malgré quelques facilités ça et là dans les personnages. En face, de son trône, Hayden Panettiere joue la chanteuse prête à tout, aux dents longues et à la plastique désinhibée. Si son rôle est clairement du côté des méchants, susurrant des chansons efficacement pauvres, l'actrice convainc rapidement, grâce à des thématiques expliquant son passé défavorisé, sa mère addict et ses pulsions fragiles. En cela, la série joue sur un anti-manichéisme habile opposant la reine gentille mais aisée et cette jeune favorite capricieuse aux origines contrastées. Un bel effort de création.

     

    Assez nuancée, bien écrite, Nashville maîtrise ses pistes malgré une tendance à la juxtaposition facile d'historiettes. Mais la série entretient son ambiance country et ses personnages du sud, avec une belle envie d'harmonie.

    7/10

    nashville,saison 1,abc,critique,hayden panettiere,connie britton

    Lien permanent Catégories : Critiques, Nashville Imprimer Pin it!