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  • Vampire Diaries (Saison 3) La saison du désordre

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    Cher journal, avec mes courtisans vampires et mon équipe de sidekicks, je pense être sortie indemme de la malédiction de la saison 2. Après des reines vampires égocentriques avides de vengeance, des créatures à poils, des reconversions inattendues, cette année aura été plus dense mais aussi plus désordonnée. Je me demande bien si je ne vais pas finir par vouloir un peu de répit.

     

    Entre la fin de la seconde saison de Vampire Diaries et ce retour en fanfare, rien n’a changé. Les impasses de nos héros en proie au mal, surtout celui de l’amour et de l’envie, sont intactes et les dangers vampiriques se multiplient, avec l’arrivée des Originals et de l'emblême du mal dans l’univers du triangle amoureux. Mais il est toujours appréciable de voir une série poursuivre une direction narrative ambitieuse, sans recours aux facilités de coupure et aux ellipses. Et si Vampire Diaries est une série jeunesse à ne jamais prendre au sérieux, le show de la CW  a montré plus d’une fois sa solidité de fond et sa grande maîtrise de l’intrigue.

    Encore une fois, la série fait donc preuve d’un vrai sens scénaristique en s’ouvrant sur des épisodes construits, amenant du renouveau. Toujours enlevée, la série enchaîne les coups de théâtre et les rebondissements avec une frénésie à rendre jaloux les grandes séries molles des networks. Très vite, les personnages se multiplient (Esther, Rebekah, Kol, Elijah), la galerie prend de l'ampleur, quitte à parfois rendre les histoires confuses et trop vite avortées.

    Tout ce festival gage d'une une vraie nouveauté narrative à la série permet la cadence et ce rythme fantastique caractéristique de ses grands débuts. Mais le renouveau n'est pas bon, les nouveaux pistes amoureuses ennuient, les comebacks de personnages lassent un peu (ce pauvre Jeremy), tandis que les storylines des personnages phares demeurent les plus convaincantes, les relations de Jeremy et Elena, de Caroline et Tyler, se révèlant encore une fois les plus maitrisées. Belles émotions, quelques cliffhangers de goût, répliques drolatiques de Damon qui n'a jamais été aussi délicieux qu’en vampire ambigu écarquillant les yeux.

     

    Soignée dans la forme, malheureusement moins percutant sur le fond, Vampire Diaries reste une série jeunesse jubilatoire et bien menée, dont la dernière saison est à découvrir dès à présent en DVD ou sur Avant-Premiere, le nouveau dispositif de Warner, idéal pour suivre en temps réel les péripéties de nos héros fétiches.

    6.5/10

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  • Black Mirror (Anthologie) L'expérience télévisuelle

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    Oubliés un temps la rentrée, les drames publics à l'odeur réchauffée, pour découvrir Black Mirror, une courte série futuriste qui fouille la connectivité de ce monde et capte le malaise contemporain. Immanquable.

     

    Trois petits épisodes auront suffi pour donner à Black Mirror son envergure, son mystère et son charisme. Cette série, diffusée en 2011 sur la chaîne anglaise, Channel 4, a démontré une étendue créative, un mélange de thématiques fortes et originales, rarement vue à la télévision. Ces trois épisodes, indépendants des uns des autres, racontent une histoire de mœurs post-contemporaines, où l'usager technologique, remué dans une société abdiquée, incarne son propre mal.

    Le premier épisode étonne par son audace narrative, l'histoire de la princesse royale Susannah (sorte de double populaire de Kate Middleton) enlevée par un pirate informatique. Pour la sauver d'une mort annoncée, une seule règle : que le Premier ministre britannique ait un rapport sexuel avec un cochon, un rapport filmé et diffusé sur tous les écrans et réseaux du monde. Grâce à une cheminement dramatique des plus ténus, cette histoire s'avère brillamment abjecte, une satire d'une ère jusqu'au boutiste où la provocation et la violence sont les fondements d'une société connectée et avide de sensations.

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    Le second épisode se rapproche davantage des contes futuristes sophistiqués d'une société ultra-informatisée où les gens ne sont plus que des machines à extraction tous acheminant vers un même but. Parmi eux, Bing, qui comme tous les autres, est capitonné dans une chambre où les murs ne sont que des écrans régissant chaque détail de sa vie. Publicités, appels à pornographie, jeux interactifs à la Kinect, chaque écran est lié à l'effort produit par le citoyen, qui chaque jour, est contraint de pédaler face à un écran, afin de produire une électricité virtuelle, comptabilisée en terme de mérites (sorte de vues Youtube).

     A quinze millions de mérites, chaque citoyen peut devenir candidat d'une émission reine, Hot Shot (un déguisement de X-Factor) et démontrer son talent face à un jury. Evidemment, le monde du spectacle et l'avidité du talent est gentiment mis en critique, l'agent du gain et le vertige des compétitions individuelles où chacun aspire à devenir la nouvelle figure. Dans ce décor, cette histoire imprévisible ose un cynisme absolu, presque dérangeant, où les jeunes femmes innocentes deviennent des porn-star souillées et où la contre-culture à force de rébellion et d'attention se voit à son tour ingérer par le système. Une allégorie parfaite, d'une intensité rarement témoignée à la télévision.

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    Pour tirer sa révérence, l'histoire ultime de Black Mirror décrit une société où la mémoire est devenue le maitre-mot, isolée dans une petite capsule -dit le grain- derrière l'oreille de chaque individu, afin que celui-ci emmagasine chaque moment, chaque souvenir et puisse les rejouer, les revivre, comme les dossiers d'un disque dur. Mais Black Mirror réussit ici à prendre le téléspectateur de court, en changeant radicalement de registre, cette histoire lorgnant davantage du côté du drame familial.

    Liam est marié à Fiona, heureux parents d'un marmot de deux ans. Durant une soirée où Fiona retrouve ses anciens amis de fac, Liam s'aperçoit du comportement trouble de sa compagne à l'égard d'un homme. Si les premières réactions sont purement paranoïaques, l'obsession de Liam sera nourrie par ses moyens numériques de mémoire, où le héros revivra de façon répétée la soirée et obtiendra grâce aux mémoires de chacun une reconstitution d'une vérité étanche et irréfragable. Si ici le procédé est plus commun, la construction de l'histoire, entretenue dans un climat domestique captivant, aboutit à une métaphore fiévreuse du couple (qui par exemple fait l'amour en regardant les ébats des débuts), de la conscience et du temps qui passe.

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    Créée par Charlie Brooker, le créateur du déjà très remarqué Dead Set en 2007, Black Mirror reprend une formule médiatico-destructrice dans un esprit plus critique et plus aguerri. Moins gratuit que Dead Set, Black Mirror -officiellement renouvelée- se concentre avec une acuité rare sur trois peintures malades, brutales, totales, à la fois consternantes et sublimes, trois oeuvres qui déplorent l'avidité actuelle du monde, l'ambiance paranoïaque et obsessionnelle d'Internet et l'esprit sensationnelle d'une société à vif, dénuée d'idéaux, dévorée par les vergetures et les vices. Une série intelligente comme on n'en croise ... jamais.

    10/10


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  • Mockingbird Lane (Saison 1) Le musée des monstruosités

     

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    Retour en demi-teinte pour Bryan Fuller, le créateur des séries les plus atypiques et attachantes. Sa nouvelle lubie, diffusée sur la chaîne du paon, reprend les ingrédients qu'il aime à mijoter mais sans l'humour et la candeur qu'on attendait.

     

    Wonderfalls, Pushing Daisies, Dead Like Me, chacune des créations de Bryan Fuller a su instituer une audace nouvelle, une odeur, une force au catalogue sériel. Des raretés poétiques, des odes à la vie, à la différence, à la créativité. Cette année, Bryan Fuller reprend en duo avec Brian Singer la série de CBS de 1964, The Munsters, cette sitcom noire de Joe Connelly et Bob Mosher, sur une famille de freaks. Mais malgré le potentiel de départ, l'adaptation déçoit.

    L'histoire suit la famille Munster, une famille de monstres ? Pas vraiment, plutôt des créatures. Après péripéties voraces, les Munsters posent leurs valises dans une banlieue pénarde, la charmante Mockingbird Lane, dans un manoir glauque où ont été commis d'atroces crimes il y a des décennies. Chaque personnage a sa condition, sa tare : un dragon volant, un Frankenstein, une déesse de la nature, un jeune loup-garou, cette belle famille de créatures a de quoi rendre jaloux l'ensemble des projets passés présents de la CW.

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    Malgré cette galerie des curiosités, l'intérêt faiblit vite face aux débuts de Mockingbird Lane. L'histoire, assez lisse et banale, depuis les récents efforts créatifs autour des vampires et montres à poils longs, peine à susciter la moindre curiosité. Si les jolies répliques du créateur fantasque sont toujours là, quelques bonnes idées aussi au tournant, la série enchaîne les plans extraordinaires attendus, servis par des effets, souvent numériques, toujours ratés, sur les transformations des héros, sur les décors, en tête, ce manoir médiocrement reconstitué. Ce manque de soin confère d'emblée à la série un aspect mal-fabriqué, un défaut majeur pour une série supposée fantastique.

    Mais comme à chaque fois, Fuller sait s'entourer. Après Lee Pace, Caroline Davhernas, ou Kristen Chenoweth, les Munsters sont campés par des pointures telles qu'Eddie Izzard, Jerry O'Connell ou Portia de Rossi. Dans des rôles défigurés, ces stars du petit écran s'en donnent à coeur joie et le plaisir des retrouvailles est là mais ce plaisir ne garantit pas l'ambiance, ici très pauvre, ni l'adhésion à cet univers qui en définitive manque de charme et de modernité.

     

    Diffusée le vendredi sur NBC, le jour où l'Amérique quitte son petit écran pour se rendre en salles obscures, Mockingbird Lane semble être promise à un avenir tout aussi sombre.  Une transition modeste menant au très attendu Hannibal du même créateur.

    4.5/10

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  • Arrow (Saison 1) Un héros masqué pour midinettes

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    Règle n°1 : ne jamais croire les bruits de couloir de la CW. On murmurait depuis des mois que la chaîne adolescente avait enfin trouvé un show adulte digne de redresser le niveau éditorial, mais le nouveau prodige, Arrow, n'est pas celui que l'on croit. La série justicière est aussi datée et caricaturale qu'un épisode nineties du Caméléon.

     

    Directement adapté du comic Green Arrow, la série éponyme de la CW reprend l'histoire à ses origines. Celles d'Olivier Queen, fils de milliardaire d'une ville fictive, Starling City, rescapé d'un accident de mer et contraint à vivre reclus sur une île pendant cinq longues années. Après un retour miraculeux en terre ferme, Queen  s'improvise archer et enfile une capuche, bien décidé à venger feu son père des malfrats de sa ville.

    Si l''histoire a des airs de Batman, la comparaison tient la route, DC Comics étant la maison de la chauve souris comme celle du archer verdâtre. Malgré les flagrantes similitudes, le riche milliardaire qui avance masqué, la ville fictive corrompue, le ton vengeur, la série ne fait que parodier le style Nolan de la dernière trilogie du Dark Knight par une mise en scène supposée grise, anti-manichéenne et forte en gueule. Et la série performe très vite sa médiocrité, tant le style est confus, la mise en scène, poussive et prolixe, et le scénario, anémique.

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    Entre Batman et Revenge, Arrow s'improvise triste transition. Dans son concept, la série la joue comme le hit de ABC, à savoir, faire du protagoniste un héros avide de vengeance, détenteur d'une liste de gens à abattre. Mais si Revenge est excessivement délicieux, dans ses caricatures habiles, son air mélodramatique assumé et son écriture sans (trop de) failles, Arrow n'a pas l'étoffe d'un soap abouti. Dès l'ouverture, Arrow se perd en scènes familiales chics et tristement déjà vues, en combats mal réalisés et en flashbacks pauvres en mystère. La série confond le goût d'un film moderne d'action à la X-Men avec le décor d'une série policière sans âme. 

    Très vite, la série veut s'écarter du schéma ado de la série mélo (à raison), quitte à se prendre très au sérieux, la série rivalisant ainsi d'effets et de répliques faussement sombres. Le héros, acteur de seconde zone à la plastique veineuse et atrophiée de muscles, ne réussit pas à améliorer le tableau, son jeu inexpressif se confond avec ceux des autres acteurs, énièmes acteurs de séries, croisés partout depuis des siècles, en tête, Katie Cassidy, récente intérimaire de la CW, de Gossip Girl à Melrose Place.

     

    Malgré son envie évidente de maturité, Arrow n'est qu'une série balourde, dénuée de mystère et d'intrigue de poigne, aux effets lisses et affreusement prévisibles.

    4/10

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