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  • 2 Broke Girls (Saison 1) La comédie qui n'a peur de rien

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    Vulgaire, culotté, foutraque, 2 Broke Girls, la meilleure comédie de cette année pourrait ne pas redonner de sitôt ses lettres de noblesse à l’esprit sitcom. Tant mieux.

     

    Au pitch, on pouvait ne pas y croire. Deux filles dans la fleur de l’âge, new-yorkaises de leur état mais que tout oppose, l’une est riche et blonde, théâtrale et mélo, l’autre est brune et rondouillarde, cynique et caractérielle, qui contre tout attente s’associent et se mettent en ménage pour la cause précarité. Et celle du business pancake.

    Pourtant c’est avec le talent retrouvé de Michael Patrick King, scénariste en chef de la série Sex & the City mais aussi celui de Whitney Cummings que 2 Broke Girls ne s’est pas vautré dans le cliché fade et sirupeux qu’on craignait. Au contraire, cette année, la série a brillé chaque semaine par ses aventures pimentées toujours effrénées et originales qui ont ringardisé les comédies des grilles concurrentes.

    Tout au long de cette première saison, la sitcom de CBS assure son pari risqué : celui de concilier deux esprits paradoxaux gages de girly dont chacun risque à tout moment d’imploser. Moderne et enlevée, 2 Broke Girls est une série authentique, forte en goût, qui assure du côté des rires gutturaux et des moqueries grasses.

     

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    Son tandem, rutilant à la perfection, assure toute l’énergie de la série et ses plus belles manifestations. Que ce soit, Caroline (Beth Behrs), la jeune fille simulacre de Paris Hilton, parodiant aussi l’affaire Madoff, épatante dans ses scènes d’hystérie (elle a le claquement de doigts des grandes divas afros), ou Max (Kat Dennings), sa coloc et nouvelle amie dans l’adversité, héritant des répliques les plus cinglantes, les plus osées (surtout à la télé publique), ce duo est complémentaire à l'envi, acharné dans un style comique plutôt inédit.

    Parce que très actuelle, la série ose s’aventurer dans des lieux originaux, friperies, bars branchés, hôtels de luxe, appartements new-yorkais vétustes et petit dinner dans lequel elles bossent toutes les deux en tant que serveuses au costume jaune poussin. La série sait ainsi repousser les limites (légères) de la comédie en carton pâte, aussi dans sa thématique (monter son business en temps de crise, récolter des fonds à chaque épisode) et dans sa construction des dialogues, moins figée qu’à l’accoutumée.

    Plus grossière que fine, mais bien plus décapante dans ce sarcasme à toute épreuve, 2 Broke Girls propose des rendez-vous d’un autre genre, d’un autre New-York, d’autres filles, moins nœud-nœud, moins hipster, plus terre à terre et plus cinglantes. How To Make It In America peut chialer.

     

     

    Répliques actuelles, cynisme grinçant, blagues sexuelles gonflées, 2 Broke Girls est une pépite télévisuelle, digne d’une transition royale vers la sitcom contemporaine décomplexée.

    9/10

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  • Game of Thrones (Saison 2) Le régicide et ses conséquences

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    On a quitté Game of Thrones l'an passé, après la mort du roi Stark, roi du Trône de Fer, sous les yeux cruels de Joffrey Baratheon. Cette année, la série poursuit sa lente ascension vers la lutte des seigneuries, en mêlant ambiance médiévale, intensité dramatique et découverte fantastique.

     

    Toujours dense, toujours épique, Game of Thrones est revenue à l'écran plus forte que jamais. Epaulée par la critique, soutenue en masse par les abonnés de HBO (et les autres), la série tirée de l'esprit de George RR Martin a mené d'une main de maître un second volet, haletant, précis et d'une envergure dramatique rare. Pourtant, toujours, cette même question : à qui revient de droit la couronne des Sept Royaumes ?

    Ainsi, contre le jeune tyrannique Baratheon dont la démonstration de sa cruauté et de sa perversité hérisse le poil, les familles royales gonflent le torse et de nouveaux visages se mêlent au décor.

    Les Stark en fuite prêts à riposter, Arya qui infiltre le quotidien du père Lannister, le complot de l'oncle Baratheon contre le neveu blond, l'opportunisme des Grejoy, les thématiques familiales offertes par la série assurent à la série une représentation politique du monde, entre manipulation et effarement. Habile dans ses répliques, ses états d'âme, sa rigueur dans l'action, la série à tiroirs entretient aussi une atmosphère psychologique particulièrement ténue et étouffée, une ambiance rare, propre à la série.

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    Dans sa quête du pouvoir, la série n'en néglige sa part fantastique, toujours aussi belle et intrigante. Surtout, Danaerys, l'héritière du Trône accompagnée du peuple Dothraki. La créature blonde est désormais armée de trois bébés dragons, les seuls atouts capables de faire taire les armes et le fer.

    Plus fière que jamais de braver les flammes, la Mère des Dragons prépare ainsi son retour sur le chemin du grand Trône de Fer et se réfugie dans un comté luxueux et étrange. Mais d'autres éléments extraordinaires surgissent, notamment l'homme à tout faire d'Arya, aux mille visages, et ces détails de pure fiction apportent une fascination à la série, qui cultive avec soin son paysage si varié.


    Dès les premiers épisodes de la saison, Game of Thrones révèle ses premiers mystères (aux yeux de la Garde de Nuit et du jeune Stark) pour mieux appréhender la suite. Sur le même mode de lecture que la saison inaugurale, ce chapitre de Game of Thrones entreprend un chemin de démystification du continent de Westeros, sagement, en faisant place aux manigances et aux quêtes de pouvoir, tout en distillant avec minutie les prochaines étapes de sa fresque bigarrée. 

    La série s'achève ainsi sur une révélation fantastique de taille : ce qu'il existe au delà du mur. La découverte, alléchante, garantit l'intérêt du téléspectateur tout comme le potentiel infini de ce grand roman épique.

     

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    Game of Thrones est un genre sériel nouveau. Entre le moralisme tragique de The Wire ou Carnivàle et l'histoire féroce de Rome, la série, fidèle adaptation de la saga littéraire, est un univers malade, où l'humanité est travaillée au prisme du culte et de l'aliénation.

    9/10

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  • Bunheads (Saison 1) Un Gilmore Girls en ballet

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    Depuis l'arrêt de Gilmore Girls, le monde de l'humour sériel n'était plus le même. Plus la même finesse, le même attendrissement aux adjectifs, aux phrases inédites, plus la même originalité. Il fallait attendre Bunheads et le retour de la créatrice, Amy Sherman-Palladino, pour retrouver cette empreinte bien à elle.

     

     

    Pour certains, Gilmore Girls n'était pas le chef d'œuvre indétrônable qu'il est. Bavard, mièvre, sirupeux, inoffensif, la série générationnelle pouvait en laisser de marbre, faute de discernement. Ceux-là, probablement, n'auraient pas idée de découvrir Bunheads, qui reprend les concepts de Gilmore Girls en la faisant évoluer, et c'est peut-être mieux ainsi.


    L'histoire de Bunheads, c'est celle d'Amy Sherman-Palladino, qui à travers sa série conte la frustration d'une danseuse trentenaire en manque de succès et de reconnaissance. La rigueur de la danse, sa perfection et son environnement monacal ont donné l'envie à la créatrice à chapeau de fonder son nouvel univers, déjà dans un coin de la scène de Gilmore Girls, à travers les lubies de Miss Patty.  Ici, à Paradise, Fanny une vieille dame apprend les rudiments du jeté à des jeunes filles. Paradise, d'ailleurs c'est un peu Stars Hollow, c'est communautaire, réjouissant, épique mais avec la mer.


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    Bien que diffusée sur ABC Family, la chaîne de la puberté mélo, Bunheads séduit par sa sincérité touchante, loin des envies séductrices avides de glorioles. Très proche du monde de Gilmore Girls, par ses répliques au cordeau, son langage imagé, ses actrices (on retrouve Emily Gilmore jouée Kelly Bishop ainsi que des recrues au physique très diaphane, très mutin faisant penser aux filles Gilmore), sa musicalité et son atmosphère unique. Pour autant, pas de copie, de faute d'inspiration. La série entretient un concept à soi, dans un enrobage cher à la créatrice.


    L'interprétation sensible des actrices renouvelle le gout sériel des répliques. Toujours dynamique, recherché, le jeu de l'actrice principale, Sutton Foster, une star de Broadway, étonne, au même titre que celui des quatre jeunes danseuses, prometteur et engageant.

     

     

     

    Déjà attachante, Bunheads est une série estivale antirouille. Avec l'ADN de Gilmore Girls, elle offre de jolies perspectives quant à la découverte d'un nouveau de mode vie, à la fois loufoque, artistique et bohème.


    8/10

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  • Smash (Saison 1) On gesticule dans la compétition

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    Après l'échec redoutable de Playboy, on la joue prudent sur la chaîne du paon. Son nouveau drama  est sous les projecteurs, et avec lui, Broadway, le chant, la danse, la sueur. Voilà un show tout public supposé enchanteur.

     

    L'histoire est vieille comme le monde : un rôle majeur, deux concurrentes acharnées, plusieurs moyens d'y accéder. Le concept de Smash se lit vite, se vend aussi vite, à la vitesse d'une refrain entêtant. Pour une nouvelle comédie musicale sur la reine Monroe, deux jeunes Marylin s'opposent. L'une est jeune, nouvelle, une brunette au teint malicieux qui veut sa place, mais pas à n'importe quel prix. L'autre, une voix impeccable, aiguisée avec le temps et ses prestations nombreuses de choriste, une blonde aux formes très Marylin, une diva en puissance, au début sympathique.

    Dans Smash, l'affrontement est de courte durée. Il ne s'agit pas seulement d'un casting, d'un concours trépidant. Si le doute plane toujours sur l'élue définitive, la série règle la question d'un trait, étonnamment, pour se focaliser ailleurs, peut-être le plus intéressant. Les coulisses de la production, de la création, de la mise en scène. Tout est mis en lumière, avec rythme, à traves plusieurs personnages piliers, dont Debra Messing (Will & Grace) et Anjelica Huston. Du beau monde, oui, sous la jupe de Marylin.

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    Dans Smash, le tout est évidemment cousu d'un fil légèrement épais, mais qui jamais ne vient gratter le matériau purement artistique de Smash. Naturellement destinée aux amateurs de comédies musicales et de gros coffres, la série ose l'écueil du soap. Des trahisons faciles, des rédemptions tire-larmes et des moments familiaux dont on se passerait bien. Mais Smash a une énergie, une envie de bien faire, qui lui donne une légitimité, un attrait supplémentaire qui domine.

    D'ailleurs, si ce contrat est de bonne facture,  c'est aussi parce que Smash n'est pas de n'importe qui : Theresa Rebeck, petite ronde aux boucles rousse,  une femme qui ne dit trop rien à Hollywood. Mais qui de l'autre côté est une papesse, accumulant, Broadway et Off-Broadway inclus, plus d'une trentaine de spectacles dans sa besace. Une pro donc qui s'y connaît et qui donne à sa série musicale son allure brumeuse, ses scènes dansées et ses textes originaux, à faire complexer les pubères experts en plagiat de Glee.

     

     

    Jamais sérieuse, toujours divertissante, Smash est une grosse production digne de Broadway, digne de cet héritage américain. Originale et inspirée.

    7/10

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