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  • I Just Want My Pants Back (Saison 1) Les déboires d'hipsters

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    Pour se consoler de l'arrêt d'How To Make In America, MTV pose un nouveau rendez-vous, une nouvelle bande de jeunes, un même New-York, une autre envie d'en découdre, plus réaliste et plus attachant, mais déjà annulé. A croire que les hipsters n'ont pas bien la cote.

     

    Tout commence par une beuverie. Une fête sans histoire de jeunes diplômés cherchant à se changer les idées.  Jason, un brun à l'allure plus geek que hype, y croise Jane, brune sarcastique comme les autres, et d'un geste, d'un regard, c'est l'attirance, le coup de sang qui bouillonne. La belle et son boy girl next door finissent la soirée ensemble, à copuler dans la cuisine, pieds nus sur le carrelage, tête dans le frigo. Jason est accroc mais au petit matin, Jane s'en va, avec sa paire de jeans, laissant un faux-numéro.

    Dans son titre, I Just Want my Pants Back résume l'esprit de cette série, sa quête romantique, le symbole évident du pantalon (bien mieux représenté que dans la série littéraire sur ces cinq filles et leur jean),  même si finalement, on s'en fiche un peu. Mais MTV le sait et propose ici une série presque plus juvénile où les protagonistes ont grandi, passant de l'étudiant relaxe au jeune éveillé, conscient des réalités.

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    Derrière Jason, son romantisme et ses petits boulots embarrassants, il y a sa meilleure amie, Tina la fille cool, ouverte, amusante et toujours tendance. Elle blâme les hipsters, fait des blagues culottées, ose les esclandres en fin de soirées,  mais Tina est une fille très bien.  Entre eux deux d'ailleurs, jamais de malentendu amoureux déplacé, de situation embarrassante, la série offre un duo amical rugueux, simple, porté par cette actrice, Kim Shaw, débordante d'énergie.

    Leur couple d'ami, lui, est différent. Un peu stéréotypé, ce couple représente la carrière à tout prix, elle dans le droit, lui, en médecine, toujours dans l'effort studieux et la compétition. Ce tandem amoureux frôle le crispant, les storylines laborieuses par moments, malgré une énergie globale de la bande et leur bonne humeur. Le résultat est inégal, plombé par quelques histoires saugrenues, mais la meilleure part l'emporte.

     

    I Just Want My Pants parle d'eux, de ces jeunes de tout horizon, qui picolent, font du vélo et vont à la supérette. Si le ton est parfois trop écrit, trop dans la surenchère tendance, l'ambiance est chaleureuse, drôle et détendue, un peu hip, comme une soirée dans un loft désaffecté.

    7/10

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  • Homeland (Saison 1) Une machinerie puissante et humaine

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    Retour en force pour la chaîne à péage, Showtime, qui désespérait de renouveler ses dramas. En recrutant sa nouvelle unité, Homeland, la chaîne rouge s’est vue offrir une place de choix dans l’univers télé actuel. Electrisante, imprévisible, aux allures malades, Homeland est tout bonnement la meilleure production télé de l’année, peut-être même la plus belle série depuis longtemps.

     

    Après In Treatment, il se pourrait bien qu’Israël soit passé maître en créations sérielles, Homeland étant un remake maîtrisé de Prisoners of war, série récente de cet état. Le pitch américain ? Celui du sergent Brody, un marine détenu pendant huit ans par le camp ennemi, Al Quaïda, qui rentre miraculeusement au pays, ce qui éveille les soupçons de l’agent CIA Carrie Mathison. Celle-là avait eu jadis confirmation qu’un militaire américain converti menacerait la sécurité nationale.

    Emportés par le jeu fiévreux et dense de Claire Danes et Damian Lewis, Homeland est une série complexe, à l’identification difficile. Entre deux genres, à l’intrigue à tiroirs, la série cultive un arsenal militaire et familial comme aucune autre série.

    Souvent comparés à 24, par sa dimension géopolitique et diplomatique, la série Homeland n’a pourtant rien à voir. Plus proche de la latence de Rubicon, par son aspect morne, ses questionnements en attente, son doute permanent, Homeland veille davantage à entretenir une ambiance paranoïaque qu’une toile d’action pure et dure mêlant CIA et terrorisme.

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    Si évidemment, la série taille sa part du lion dans la gestion des crises, l’avancement de son enquête terroriste, sur le chef de file Abu Nazir et ses grandes manigances, son probable traître en la personne de Brody, sa profonde originalité réside dans sa façon de psychanalyser ses personnages, les montrer sous un jour épuré, anti-manichéen, proche d’une réflexion objective. 

     

    Enseveli dans un contexte familial bouleversant, les retrouvailles avec sa femme (l’attachante Morena Barracin), désormais amoureuse de son acolyte et la découverte de son adolescent, le sergent Brody suspecté pendant une moitié de saison, gagne en valeur et en subtilité. Idem pour le personnage de la CIA joué par Claire Danes, cette héroïne (la plus fascinante depuis longtemps) qu’on imaginait intuitive, ultra-compétente et crainte de tous n’est qu’en fait qu’une jeune femme instable, atteinte de bipolarité sévère, remise en cause constamment par son entourage professionnel et familial, à ce point impliquée dans son travail qu’elle perd en réflexes éthiques et en prudence.

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    La plus grande force de la série, c’est de ne jamais aller du côté de l’attendu, monter une guerre froide entre les deux camps, diaboliser le traître américain, héroïser la jeune femme fragile seule contre tous. Le climat entretenu est constamment flou, prenant, d’une densité rare et d’une psychologie osée. A aucun moment, dans sa progression, Homeland appuie d’ailleurs sur les révélations, la série préférait les laissant filer comme des projectiles ambigus, dont on ne sait que faire.

    Le final de la série, présageant d’une seconde saison encore plus palpitante et ténue que ce chapitre inaugurale, aussi travaillé et intelligent que le reste des épisodes, démontre la haute capacité d’Homeland, son regard contemporain, loin des sentiers scénaristiques creusés par les clichés et l’attendu.

     

    Férocement bâtie, complexe et tendre à la fois, provocante et sévèrement moderne, servie par deux acteurs (Danes et Lewis) au paroxysme du talent, Homeland est la série évènement du courant actuel. Déjà indispensable.

    10/10

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  • Desperate Housewives (Saison 8) Wisteria Lane ferme boutique

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    Après huit ans de commérages, Desperate Housewives s'achève. Huit ans d'existence pour lesquelles ces héroïnes ont été les porte-parole des ménagères et du syndrome voisine intrusive. Huit ans, est plus que la durée de vie d'un couple ou d'un poisson rouge. C'est l'âge d'une série culte.

     

    En 2004, avec Desperate Housewives, l'Alphabet révolutionnait le genre de la série publique. Huit ans plus tard, alors que les networks adoptent des lignes éditoriales chaotiques, que les séries publiques ne sont plus que des vastes fumisteries prétextes à tout sauf à la création, Desperate Housewives s'en va. Elle refuse l'ultime contrat de prolongation pour partir au bon moment, même si c'est déjà un peu trop tard.

    Cette année, Desperate Housewives comptait donc sur l'émotion, retourner aux sources et faire preuve d'un ultime élan mélo pour se faire une place au cimetière des séries, se trouver un coin paisible, un peu visité, pas loin de la pierre de Six Feet Under ou du tombeau vert-de-gris de Twin Peaks.  

    Pourtant, la saison n'aura pas été si délicieuse, ces mêmes tics dramatiques qui ont phagocyté la série depuis sa seconde saison n'ont pas été éparpillés parmi les vestiges de Wisteria Lane. Toujours chroniques, les mêmes excès dramatiques, le manque de cohérence, la même hypocrisie qui règne sur le comportement fantasque mais conservateur de cette grande production. Toujours les mêmes histoires, pour un retour aux sources. Celui d'un meurtre en milieu paisible.

     

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    La victime de l'année s'appelle Alejandro. Il est l'ex beau-père de Gabrielle, qui a abusé d'elle lorsqu'elle avait seize ans. Une réapparition lors d'une soirée d'amis et tout reprend vie. Le coup mortel et les cachotteries, la complicité entre ménagères, les petits aveux et les gros chantages. Pour sa saison conclusive, Desperate Housewives aura poussé le vice du soap à son cran maximal, jusqu'au procès ultime où Bree est accusée de meurtre, devant les yeux chagrinés de ses copines.

     La tension se voulait immense mais depuis longtemps à Wisteria Lane, l'intensité s'est faite la malle. Reste une poignée d'histoires sentimentales dans lesquelles les quatre héroïnes composent, avec leurs habitudes, leurs jeux appris par coeur. Quelques épisodes touchants pourtant qui assurent le divertissement, la séparation entre Lynette et Tom, les nouvelles responsabilités de Gaby, le deuil de Susan et la fin d'un règne pour Bree, qui ici aura été toujours la grande victime, celle des divorces, de l'alcoolisme, des trahisons familiales, des accusations, des bizarreries sexuelles, des cruautés féminines. Heureusement, Marcia Cross est une créature exquise. C'est elle la vraie desperate housewife, celle qui restera.

    Codée à l'envi, Wisteria Lane partira inchangée. Derrière les répliques cinglantes et les péripéties improbables. L'épisode final en est l'ultime symbole. Le symbole du soap épuisé, qui renouvelle ses recettes, qui rebondit de façon arrangeante, façon pot-pourri sériel, en emmêlant mariage, décès, naissance, retrouvailles et départs dans son sac troué.

     

     

    Desperate Housewives part dans le soulagement, celui d'une équipe à l'inspiration émoussée et celui du public, le plus souvent indifféré. Mais derrière elle, elle laisse la banlieue, son héritage immense désormais partout. Malgré ses lacunes, Desperate Housewives, ce mode de vie, ce genre de feuilleton, ce regard quotidien, cet esprit, on s'en souviendra très longtemps.

    6/10

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  • Best Friend Forever (Saison 1) Une sitcom passagère

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    Parfois, il faut apprendre à nager à contre-courant, à accepter l'isolement. Si Best Friend Forever bénéficie de critiques déplorables et d'une annulation injuste, ici on trouve que la série de NBC sur les retrouvailles de deux amies après le divorce de l'une d'elles est joyeuse et plaisante. Du Bridesmaids bon marché.

     

    Ce qu'il y a de pire dans Best Friend Forever, a.k.a BFF pour les fans de Gossip Girl, c'est sûrement son titre, très girly, mais aussi très 2006. Au delà de ça, cette nouvelle comédie de la chaîne du paôn remplit son contrat, maigre bout de papier d'une série programmée le temps de quelques semaines de négligence.

    C'est sur la tendance Bridesmaids (Mes Meilleures Amies, en VF) que Best Friend Forever s'inscrit. Sans l'humour osé et les nuances toujours subtiles du film de Paul Feig mais quand même. La comédie de NBC essaie de s'y rapprocher, tacitement, au prisme de cette relation fusionnelle entre deux copines de vieille date.

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    Derrière les deux bestah, Jessica et Lennon, il y a les vraies Jessica St Clair, connue pour ses nombreux petits rôles (Tara, Parks and Recreation, Weeds, Curb mais aussi Bridesmaids) et Lennon Parham,toutes deux créatrices et scénaristes de la série. Encore une fois moins talentueuses dans l'écriture et dans l'interprétation de leur consoeur Kristen Wiig (mais à ce petit-jeu là, beaucoup s'en cassent les dents), pour autant les deux copines démontrent qu'il y a du vrai dans cette relation posée à l'écran et assurent une comédie de bonnes répliques et de mordant.

    Décriée par son manque d'originalité (mais quel concept peut actuellement se targuer d'être original ?), BFF a le mérite franc de la sincérité. Le modèle des deux copines qui se connaissent par coeur, se chamaillent et gesticulent dans l'hystérie est ici complètement imprégné. Jessica et Lennon forment un tandem de copines pour la vie aux bords foutraques et bavards mais qui très certainement s'inspire de la vraie vie.

    Ajoutée à cela des dialogues plutôt bons, tirant vers le aigu mais qu'importe c'est le genre qui veut ça, des personnages secondaires étudiés (le compagnon bonne âme dans l'esprit d'Andy de Parks and Rec et la petite fille de l'immeuble chargée de cynisme trop écrit et de jeu rigolo), BFF convainc, et au delà du pilote, dans ses péripéties gentillettes, hystériques et toujours dotées de références pop chantées par les deux pine-co.

     

    Pour quelques épisodes, la petite Best Friend Forever se révèle dynamique et attrayante, comme il faut.

    6.5/10

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