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  • Bent (Saison 1) Coup de foudre en bleu de travail

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    NBC a encore raté le coche. Avec sa nouvelle série, Bent, la chaîne du paon prouve qu'elle maîtrise moins les séries tout public que ses vertus élitistes. Médiocrement programmée (six petits épisodes diffusés par duo en trois semaines expédiées), Bent souffre d'une politique éditoriale désastreuse mais jamais de bonnes idées.

     

    Un concept ultra-simple : un maçon, une avocate. Un point de vue antagoniste mais une attirance romantico-hystérique. Bent se résume à ça, petit cache-misère scénaristique sans prétention. Et pourtant, Bent ne baisse jamais les bras et convainc.

    Dans ses idées, dans ses interventions, Bent la joue mignonne et affriolante. Mais c'est surtout sa modestie qui prime. Avec Amanda Peet, dans le rôle de la jeune avocate employeur, et David Walton (découvert dans 100 Questions), dans la peau du constructeur viril un brin miso, le tandem comique est osé, mais impactant. Energie farouche, alchimie brûlante, le duo de stars fonctionne à plein régime, à coup de répliques vachardes et de piques rarement délicates.

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    Si le concept de Bent n'en est pas vraiment un, la mécanique de la série fonctionne. C'est aussi grâce au talent des sidekicks autour, campés d'un côté par des connaisseurs, Jeffrey Tambor (Arrested Development), J.B Smoove (Curb Your Enthusiasm), de l'autre, par des surprises, Margo Harshman (la Guerre des Stevens) et Jesse Plemons (Landry dans Friday Night Lights) et la jeune Joey King.

    Le tout débouche sur une troupe originale, multigénérationnelle, qui grâce à une énergie commune, aux allants sympathiques et affables, permet d'établir le ton, entretenir cette atmosphère joyeuse et printanière. Constituée majoritairement par des saynètes sans parti-pris à sketch, Bent fait évoluer ses personnages dans un lieu de vie commun -les décombres d'une maison en rénovation- et ose toutes les alchimies, les complicités. Résultat, de l'humour plutôt fin, jamais absurde, des interactions, une ambiance.

     

    Plus accessible que les comédies majors de NBC mais jetée aux lions par NBC, Bent est une série bien fichue, amusante et revigorante. Pour sûr, elle finira martyre de son temps.

    7/10

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  • GCB (Saison 1) Vacheries religieuses entre texanes

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    Avec l'arrêt de Desperate Housewives, ABC planifie ses hivers prochains. Autrefois appelé Good Christian Bitches, désormais réduit à son acronyme, GCB, la chaîne de l'alphabet mise sur de nouvelles quadras. Manipulatrices, plantureuses mais surtout pieuses. L'habit du moine n'a qu'à mieux s'enfiler.

     

     

    Dans le genre soap, la place sérielle est bientôt vacante. Avec l'arrêt contractuel de Desperate Housewives, ABC devait rebondir. Et réembaucher des femmes hystériques capables d'attirer les marchands de lessive.  Dans GCB, elles sont de taille : Kristin Chenoweth, Leslie Bibb, Miriam Shor, Marisol Nichols. Des pur-sang Texas, 100% gros coeur, bagouzes et livrets chrétiens.

    Mais à en trop faire, ces chrétiennes du Texas frôlent le vulgaire et l'anti-ironie. Kristin Chenoweth qu'on choyait depuis Wicked et Pushing Daisies est réduite au rôle de moraliste de bénitier, peau cramée sur les eaux, plaque capillaire peroxydée. La pauvre actrice est pourtant celle qui mène le jeu. Avec le retour prodigue de l'ancienne star du lycée, Amanda Vaugh, jouée par Leslie Bibb (jamais très attachante), elle et sa clique, désormais reines sur leur sol natal, se vengent de leur ex-impopularité et en font des tonnes. Et rien n'adhère vraiment.

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    Coups bas, vacheries, sermons, le ton est donné, mais sans évoluer. Dans les premiers épisodes, la série accumule les scènes tirant vers le foutraque et le kitsch grossier. On suit ce groupe de femmes, leur mariage partant à vau-l'eau, leurs lubies absurdes et leurs relations superficielles dans un monde de bouseux formaté, cathodiquement surexploité. La série a pourtant du potentiel, de nombreux personnages et une base "littéraire" en guise de matériau. Mais l'Amérique profonde ne plaît plus, surtout ses clichés sociaux, sexuels, moraux et ses excès en toc.

    Si l'originalité religieuse réside dans le concept de GCB, il ne présente aucun intérêt. A Dallas, le mauvais goût prime sur l'évolution dramatique et l'attachement des personnages, à tel point que la série refuse l'amélioration, malgré un bon second épisode, et campe sur positions médiocres. Jamais croyante, toujours caricaturale, scénaristiquement pauvre, GCB cultive le prime time soap gonflé sur les bancs d'église, sans l'allure du feuilleton de Wisteria Lane, sans son ironie et ses grandes actrices.

     

     

    Dans le genre béni d'ABC, il faudra faire une croix sur GCB. Et attendre plutôt Devious Maids l'an prochain, créé par l'indétrônable Marc Cherry.

    3/10

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  • Missing (Saison 1) Ashley Judd dans l'impasse

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    Les séries programmées à la mi-saison sont généralement porteuses d'une ADN médiocre. Missing, programmé depuis peu sur ABC, n'échappe pas à la règle.

     

    On espérait beaucoup de Missing, portée par Ashley Judd, cette actrice attachante, habituée aux thrillers nanars puis soudainement révélée dans des surprises de taille (Bug, Frida). Mais Ashley a vieilli. Au visage botoxé, courbes tirées, à la plastique ridée proche de celle de Teri Hatcher, Ashley semble vouloir s'imposer à la télévision comme par dépit, avec le défaitisme d'une actrice résolue.

    Dans Missing, l'actrice joue une mère protectrice, ex-espionne affûtée, qui part sur les routes d'Europe pour retrouver son fils étrangement disparu. Si le concept est surexploité, si mal utilisé qu'il en devient d'emblée effrayant, on pouvait y croire un peu, à l'image de Vanished et Traveler il y a quelques années. Mais Missing n'entretient aucun espoir et s'ouvre sur un pilot des plus affligeants.

     

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    Tout dans les scènes inaugurales de Missing respire le daté. Scindée en deux thèmes, familial et espionnage, la série se veut à la fois guimauve et trépidante mais elle n'attire ni l'empathie ni l'énergie.

    Des scènes mélo entre la mère aimante et son rejeton fidèle  sont dégoulinantes de bêtise tandis que les scènes d'action sont terriblement surfaites, précipitées et inutiles. Ashley Judd se retrouve dans la peau d'une quadra au style cougar, poursuivie par des têtes méchantes, farfouillant dans les capitales européennes des indices clichés corrélant la disparition de son fils.

    Vespa et fontaine de Trevi pour la partie italienne, Tour Eiffel à chaque plan, à chaque réplique pour la partie parisienne. Truffée de plans abominablement truqués, la série perd la seule conviction qu'elle aurait pu détenir : le côté global d'une hyper-production. A défaut, elle devient cette série aux apparences minables, se contentant de jouer sur les lieux-communs et les grosses ficelles de son genre sclérosé.

     

    Photographie vilaine, mise en scène poussive, écriture déplorable, difficile avec ça de passer outre le concept surexploité de Missing. Résultat, une série archi-formatée et agaçante.

    2/10

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