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  • The L.A Complex (Saison 1) Le show-biz sous les décombres

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    Le tout-Hollywood méritait qu'on lui consacre une série. Si Showtime s'y essaie légèrement avec ses programmes actuels, rien n'a encore été vraiment fait. Il aura donc fallu attendre The L.A Complex, série d'origine canadienne, pour faire évoluer une bande d'artistes de tout horizon dans les boulevards poisseux et impitoyables de L.A. Malheureusement, on reste sur notre faim.

     

    A quelques heures de la diffusion de The L.A Complex sur la CW, le constat est clair : Hollywood est le sujet sériel en or. Et la série canadienne l'a bien compris. A travers plusieurs profils de jeunes talents, acteur, actrice, chanteuse, danseuse, humoriste et même, producteur de rap, l'usine Hollywood est ici passée au peigne fin.

    Toujours dynamique, la série canadienne dépeint un quotidien apparemment réaliste, fait de galères, de plans foireux et d'espoirs pailletés. Sa plus belle qualité, c'est de ne rien forcer. Jouer des castings vains, des relations superficielles, des discours insultants. La série accepte l'échec, dans un climat communautaire et chaleureux, une sorte de complexe post-universitaire où les artistes en devenir se rassemblent autour d'un petit groupe indé, louent des piaules pour pas cher et mettent en commun leur talent. L'ambiance est vite établie, lumineuse (on insiste sur les filtres jaune-orange parce que L.A est sulfureux) et chaleureuse .

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    Les pistes développées au cours de la saison se veulent globalisantes et thématiques, à l'image d'un film de Maïwenn. Du coup, la série veut bien faire, mais manque un peu de véracité. La plupart des personnages principaux n'ont rien d'attachant, notamment la jeune actrice qui galère ou l'anglais auto-destructeur qui perce. Des profils qui n'apportent aucune vraie valeur ajoutée à la série, se contentant de brasser les mêmes thèmes juvénilo-matures.

    Parmi les histoires convaincantes, on gardera quand même à l'esprit celle de Raquel, actrice de série trentenaire désireuse d'un comeback à l'écran, tellement acharnée, tellement envieuse qu'elle finit par toucher. Autre personnage qui y croit, c'est Alicia, la danseuse pop, qui joue de sa blondeur et sa superficialité. Le point fort de The LA Complex, c'est d'avoir su écrire sa dérive, d'avoir osé évoquer l'industrie du porno.


    Parce qu'à L.A, entre les talents juvéniles, la rue, les doublures de stars sur le Walk of Fame et le porno, il n'y a qu'un sautillon. Pour autant, la série n'ose pas la carte nocive jusqu'au bout, la méga-entreprise Vivid (pour les connaisseurs) y est dépeinte comme une grande famille aimante et soucieuse (une secte), au risque de susciter l'hilarité et le culot cathodique. Et c'est ce qui coince sur le long terme dans cette série. Désireuse de mettre en scène L.A sans cliché, la série ose des pistes supposées ambitieuses, mais le résultat est risible et embarrassant, à l'image de l'amour gay entre la star du rap et son jeune producteur, torturé et inepte.

     

    Divertissante pour un temps, The L.A Complex est une série sage et inaboutie, dont certaines storylines saugrenues parasitent son bon déroulement.

    6/10

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  • Boardwalk Empire (Saison 1) L'ivresse au temps de la Prohibition

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    A l'occasion de la sortie en DVD de la première saison de Boardwalk  Empire, son packaging impeccable et son livret photo des plus léchés, il est bon de revenir sur la nouvelle certitude de HBO.


     

    Du HBO tout craché

    Depuis le début, Boardwalk Empire ne s'en cache pas : elle est une fresque complexe, parfois déroutante. Au potentiel HBO-esque, la série bébé de Scorsese se situe entre fidélité historique d’une époque à la manière d’un Carnivàle ou d’un Rome bouillonnants et réinvention fictionnelle en roue-libre.

    Rien qu’à la lecture du pitch, Boardwalk Empire, adaptation libre du livre de Nelson Johnson, Boardwalk Empire: The Birth, High Times, and Corruption of Atlantic City, en impose. Tout commence véritablement le 16 janvier 1920. Au jour de la ratification par une grande majorité des Etats Unis du traité de Prohibition, réglementant la vente d’alcool. Pour en profiter, un clan mafieux en devenir, à l’origine de la Pègre américaine, à sa tête, Enoch Thompson, le trésorier d’Atlantic City (Steve Buscemi) qui tire les ficelles de la ville et de ses pratiques souterraines, son homme à tout faire, Jimmy Damordy (Michael Pitt), un rescapé de la Grande Guerre aux séquelles prononcées ainsi que plusieurs hommes de l’ombre, notamment deux certains Al Capone et Lucky Luciano qui taperont dans l’oeil des historiens.

    Cette première saison se veut passionnante et alambiquée. Tout est mis en oeuvre pour nous plonger dans l’authenticité léchée des années 20, cette ère post-guerre caractérisée par une libération des moeurs, une société en mutation, et des effusions en forme d’abus dans les salons privés ou bien les cabarets, les casinos et les brunchs. Sans trop d’esbroufe de style (quoique), Boardwalk Empire est d’abord une invitation formelle dans ce décor historique ultra-léché (20 millions de dollars pour 1h20 de pilot, ça fait quand même 285.000 dollars par minute de visionnage, alors autant écarquiller les yeux). Décor dans lequel gravitent de nombreux personnages, un atout complexe et assumé qui donne à la série des airs choraux.


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    Tiré au cordeau

    Symbole des plus grandes séries, à commencer par celles de la chaîne à péage, la vaste galerie de la série est tout autant d’acteurs de poigne, Steve Buscemi, Michael Pitt, Kelly McDonald, Michael Shannon -éblouissant dans Take Shelter, que de personnages fictifs travaillés, jamais dessinés au trait facile.

    A la hauteur des personnages et leur complexité, les pistes développées au cours de la saison inaugurale sont  nombreuses et hautes. Au point que la radiographie s’avère volontairement brouillée : échafaudage narratif férocement alambiqué, intrigues à tiroirs, personnages inaccessibles, voyages temporels, montage frénétique, écriture dense, tout est conçu de manière grandiloquente, antididactique par des scénaristes conscients du potentiel dramatique de la série.

    Pourtant, si la série atteste bel et bien d’un académisme de fond, la saison inaugurale se voit comme une récompense. Comme une intro de Six Feet Under ou de Carnivàle, elle s'appréhende. Des moments légers, moins mafieux, permettent d'ancrer la situation, notamment grâce aux personnages féminins rafraîchissants, gages de storylines familiales et sociales revigorantes, et accessoires indispensables des grands hommes d'Atlantic City.

    Enchevêtrée à la complexité voulue des histoires principales et des intrigues isolées, la première saison de Boardwalk Epire s'avère flegmatique, pompeuse presque indifférente aux primes abords. Mais il s'agit d'une entrée en matière profonde et impressionnante qui rappelle peut-être les plus grandes séries de la décennie.

     

    Si la première saison de Boardwalk Empire témoigne d’une ambition démesurée, probablement à la hauteur de son substrat et de ses grands airs dramatiques, la série s'est vite imposée en valeur HBO, typique certes, mais jamais dénuée d'envergure.

    7.5/10

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