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  • Revenge (Saison 1) Une histoire soap bien dosée

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    ABC n’est plus très experte en matière de séries  mélodramatiques, ayant même refilé le bébé pleurard à sa petite sœur, ABC Family, pour les ados amateurs de pulsions tristes.  Mais l’imprévisibilité de l’univers sériel est tel que Revenge, son soap de l’année, apparaît comme le nouveau programme phare de la chaîne. Surprise décryptée.



     

    L’histoire de Revenge pourrait tenir sur un post-it mini-format qui s’égare sous nos tiroirs-commodes. Amanda Clarke décide de s’installer aux Hamptons (la campagne chic des new-yorkais influents) pour se venger de la mort de son père, accusé à tort, lorsqu’elle n’était qu’une enfant. Avec sa nouvelle identité sous le bras, celle d’Emily Thorne, son ex-compagnonne de cellule, l’héroïne désormais majeure fera tout pour terrasser ceux qui ont brisé la vie de son papa parti trop vite.

     

    Si le pitch laisse de marbre ou même, fait rire, c’est que Revenge sait cultiver son coté drama queen. Le pilote résume cette idée hystérico-exagérée, en tissant sa toile dramatique autour de flashbacks noirs et blancs sur la disparition du patriarche Clarke et cette intense relation qu’il partageait avec sa jeune tête blonde. Et pourtant derrière l’aspect désuet voire télénovelesque de la série, la trame de Revenge est une trame qui tient la route, pire, séduit pas à pas.

     

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    Dans le rôle de l’héroïne prête à tout, Emily VanCamp que l’on avait appris à aimer dans Everwood, de façon moindre, dans Brothers & Sisters (une tête à claque même pas incestueuse), qui ici, se voit offrir un nouveau charme de tragédienne antipathique. Une première dans les séries ABC ! Entourée d’acteurs au surjeu avéré mais efficace, notamment, Madeleine Stowe géniale dans son rôle de belle-mère tyrannique, la jeune blondinette et son équipe assurent un paysage de divertissement intense, malgré des hésitations de ton (un schéma un épisode, une vengeance, rapidement écarté) et quelques plans de raccord atrocement ratés dans le décor de la série.

     

    En dépit de tout le dédain que l’on peut éprouver pour les séries mélo teintées de glamour, Revenge n’excède pas en clichés mondains et sexy à outrance. Le genre de la série est ce qu’il est, il n’empêche que la série a du fond, des répliques originales, et beaucoup de ressort dramatique. Assortie d’un rythme dense, la série maîtrise parfaitement son arc scénaristique et sa palette très éclectique de personnages, au point de se légitimer parmi les séries comiques du mercredi soir.

     

     

     

    La vengeance a beau être un plat éculé, usé jusqu’au cordon de cette bonne vieille télé, Revenge est un soap sérieux et solide, aux multiples péripéties. Plaisir hystérique garanti.


    7/10


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  • The Killing (Saison 1) Un meurtre nordique à la Larsson

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    Après l’échec de Rubicon, série d’espionnage passionnante, la chaîne AMC a misé sur The Killing pour renforcer sa ligne éditoriale culte, composée de Mad Men et de Breaking Bad. Sur treize semaines, The Killing a offert un spectacle au succès avéré, croisée des genres entre thriller, drama familial et série politique, dans la lignée  sévère de Twin Peaks. Un succès sans bémol ?

     

    Qui a tué Rosie Larsen ? La question vient s’incruster aux commissures des lèvres, comme celle concernant Laura Palmer il y a vingt ans. Comme Twin Peaks, The Killing parvient à rendre passionnante une affaire d’homicide sans histoires, à élever au statut de mystère adolescent une jeune fille ordinaire aux airs candides malheureusement passée à la trappe. Rosie Larsen, ses secrets, ses fréquentations, ses endroits de prédilection sont autant d’indices qui pousse à l’hommage sans jamais frôler le plagiat. Parce que The Killing a su instaurer une ambiance bien à elle, un ton indolent et profond qui très vite harponne le téléspectateur.

    Pareille à Twin Peaks, ou plus récemment aux séries du grand Nord qui inspirent Hollywood, Millenium en tête, The Killing entremêle les genres en entretenant un mystère général, une suspicion de fond à la fois policière et psychologique. En s’intéressant à la fois à la famille de la jeune morte, à la section policière chargée de l’affaire et à une équipe politique,  la série mise sur plusieurs registres pour épaissir son intrigue, quitte parfois à se laisser dérouter par le nombre de personnages et d’histoires parallèles.

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    Tout au long de la première saison, l’histoire, pluvieuse, mélancolique, source de perpétuels doutes,  permet à la série de cultiver un certain charisme. Le casting y est aussi pour quelque chose puisqu’il compte Michelle Forbes, impeccable dans le rôle de la mère endeuillée qui tombe sous la culpabilité et la rancœur, Billy Campbell, en politicien lisse et louche et Joel Kinnaman jeune espoir venu lui aussi du froid suédois, dans le rôle du flic aux zones d’ombres. Mais c’est définitivement l’héroïne de la série, le détective Sarah Linden, qui offre la plus forte prestation. Remarquée en mormone inhibée dans Big Love, l’actrice Mirelle Enos révèle ici sa dualité et son talent, en interprétant une détective passionnée et distante, qui gère avec  mesure et réflexion sa vie personnelle compliquée et son enquête alambiquée.

    Malgré une histoire noire de bonne facture, une ambiance parfaitement assimilée et une équipe d’acteurs soignés, The Killing n’a pas réussi à échelonner son récit avec la même rigueur et la même force du polar qu’on l’espérait. Sur treize épisodes (tandis que la série originale en comptait vingt), The Killing a parfois abusé des effets du genre et s’est laissée tentée par des storylines accessoires qui ont pris le pas sur l’intérêt initial de la série, à savoir le meurtre de la jeune Rosie.

     

    Si la vie privée de l’héroïne Sarah Linden a permis d’approfondir le personnage et d’amplifier la froideur d’un environnement, certaines histoires, en tête celle de l’équipe municipale, des premiers faux suspects, et des déviations scénaristiques autour de personnages secondaires, teintées de prévisibilité et de manichéisme, sont apparues comme superficielles et sans vrai entrain. Mais achevée sur un cliffhanger périlleux et nerveux, presque douteux, la série a prouvé, outre son culot et sa maîtrise des effets, son potentiel scénaristique et son goût coupable mais efficace pour le genre du polar si adulé du public.

    7/10

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  • Boss (Saison 1) Un Damages mafieux vu par Gus Van Sant

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    Starz, la chaîne à péage qui ne compte pas, enchaînant les programmes fastidieux a décidé de surprendre avec sa grille de rentrée. Son nouveau drama, Boss, avec Kelsey Grammer dans le rôle d’un maire puissant et véreux de Chicago, passionne les critiques et captive l’intérêt. L’heure de donner à Starz une minute de gloire bien méritée.

     

    Si les séries n’ont jamais été le fort de Starz, actuellement seuls Spartacus et son spin-off plus ensanglanté errent en prime-time,  Boss pourrait effectivement changer la donne et donner enfin à la chaîne très câblée, Starz (et son patron, Chris Albrecht, ex-CEO de HBO), ses (nouvelles) lettres de noblesse. Profonde, intelligente, intrigante, les louanges médiatiques se sont avérées nombreuses depuis la diffusion du pilote, à tel point que la série fascine avant s grande première.

    D’ailleurs, aux commandes de Boss, une surprise : le réalisateur Gus Van Sant, qui contrairement à ses confrères hollywoodiens, ne s’est jamais vraiment  attardé sur le cas plateaux-télé. Un choix surprenant mais plutôt judicieux puisque la série est empruntée tout au long de ce chapitre introductif de cette esthétique academico-artistique propre au cinéaste à mèche longue. A l’image notamment de ces scènes au ralenti, une jeune fille dans un escalier, un coït sans bavure dans un sous-sol.

    D’entrée de jeu, les débuts de Boss prennent donc le téléspectateur à contre-pied. En plan fixe, la série s’ouvre via une scène prenante où le politicien héros (Kelsey Grammer, ancien Frasier) apprend qu’il est atteint d’une maladie incurable, mélange vicieux entre Alzheimer et Parkinson. A partir de là, tout s’enchaine avec une maîtrise scénaristique et une connaissance sérielle des enjeux narratifs impeccables.

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    Plusieurs pistes sont menées de front au cours de l’inauguration de Boss. Outre l’histoire personnelle de Tom Kane, le maire de Chicago, la série offre une vision noire de la politique américaine (manipulation des foules, interviews piégées, réunion des élus  sous haute tension, guerre des élections, équipe municipale malveillante), veillant à contourner les formes de fiction politique actuelle pour cogner plus fort.

    Surprenante par sa violence latente, son extrémisme de ton (on se demanderait presque si Boss n’est pas en fait une série d’espionnage archi-stylisée), Boss, à l’image du personnage principal, sans cesse avide de contrôle, de pouvoir et de domination, frôlerait presque le registre du mafieux. D’autres storylines sont déployées autour de la femme du maire, une épouse publiquement parfaite, au sourire resplendissant de faux-semblants, reflète le malaise d’un clan politique, et la fille du maire, une jeune fille des ordres aux tendances junky pour parachever ce portrait du cynisme postmoderne.

     

    Bien écrite, bien construite, parfois trop, Boss est un exercice de style impeccable, qui sait dramatiser ses enjeux, donner matière à la pourriture politique, en misant tout sur Kelsey Grammer, figure monstrueuse, frappant dans ce rôle dramatique. Un bel exemple de tragédie moderne, 100% corrompue, 100% alléchante.

    8/10

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  • Les comédies cru 2011 : petit bilan en berne

    Si nos zygomatiques se déchaînent mécaniquement  chaque semaine devant les missions de Leslie Knope (Parks & Recreation), des aventures sordides de la bande de Community ou de la famille Heck, il n’est pas simple de dénicher une bonne comédie. Et cette rentrée sérielle le démontre parfaitement depuis ces quelques semaines qui voient programmer les premiers épisodes humoristiques désolants. Petit passage en revue.

     

     

    Whitney (NBC)

    Si Whitney Cummings est une scénariste ciselée, qui sait écrire selon les genres et les styles de ses personnages (notamment ceux de 2 Broke Girls, seule sitcom buvable de l’année), la boss de Punk’d n’aurait pas du faire comme la mère Tina Fey et se contempler le nombril dans son propre show. Whitney, sa série éponyme, est une comédie exagérée et faussement loufoque qui s’embarrasse de répliques hystériques (parfois amusantes mais trop appuyées), et d’une bande d’amis déjà-vus. Sans concept, cette série suivant le quotidien d’un couple ordinaire enchaîne les rebondissements ultra-prévisibles et les fins mielleuses, comme si finalement les sitcoms déchaînées à tendance romantiques qui pullulent sur nos écrans depuis cinquante ans n’avaient jamais, jamais existé.

    5/10

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    Free Agents (NBC)

    Adaptée d’une mini-série britannique anecdotique (à peine six épisodes), Free Agents (en argot américain, « sur le marché ») décrit la tendresse réciproque de deux collègues de bureau depuis leur soudain célibat (la femme de Hank Azaria est partie, l’époux de Kathryn Hanh est décédé). Sur le désabusement des quadra divorcés et le désespoir opportuniste de gens esseulés, cette petite série s’avère atypique et attachante. Mais les premiers épisodes ratent un peu une entrée en matière prometteuse malgré la présence de Kathryn Hanh sur la tête d’affiche. Rôles secondaires caricaturaux, décors fades et potentiel scénaristique limité, la série manque de mordant et d’envergure pour attirer le public. Du coup, l’annulation ne s’est pas fait prier.

    6/10

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    How To Be A Gentleman (CBS)

    Autre comédie super-poussive qui est passée par la case samedi avant l’annulation : How to be a gentleman. Cette série sur le mode d’emploi du mâle dominant a pour seul atout d’avoir attrapé dans ses filets Kevin Dillon, free agent tout neuf depuis l’arrêt définitif d’Entourage. Mais si la virilité à côté de la plaque de Drama donnait à la bromance d’HBO un humour revigorant, ici, l’acteur interprète un coach sportif premier degré abruti et dénué de subtilité. A l’image de cette série décevante. Face à lui, un journaliste apprêté aux milles manières (David Hornsby, également créateur du show) qui pour la ligne éditoriale de son journal doit changer de style. Au lieu de jongler sur les thèmes de la masculinité et le comique du viril bourru, How to be a gentleman se contente d’enchaîner les scènes pauvres en esprit, de grossir le trait, sans aucune teinte humoristique. Un beau ratage.

    3/10

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    Suburgatory (ABC)

    Pour la chaîne ABC, Suburgatory fait sans l’ombre d’un doute partie de ses meilleures nouveautés. Mais son sujet pèche déjà par son manque de modernité. Victime de l’exode rurale, un père et sa fille quittent New-York pour goûter aux joies des banlieues pavillonnaires. Pourtant, malgré la présence de Jeremy Sisto dans un rôle inattendu (celui du père cool), Suburgatory n’explore jamais son concept. Jamais méchante, jamais provocante, la série se contente de quelques gags banlieusards admis et de répliques sarcastiques héritées de séries sur le même thème depuis dix ans. Egalement très originale dans sa trame technique : une voix-off omnisciente, une héroïne cynique, un voisinage frôlant le cliché, la série de ABC finit par au mieux agacer, au pire, laisser de marbre.

    5/10

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    Last Man Standing (ABC)

    Habituellement, les comebacks sont une bonne nouvelle. Mais avec un nom comme celui de Tim Allen, star déchue dans une sitcom poussiéreuse, Home Improvement, dans les année 90 et adepte des comédies avec des chiens dedans, la tendance est inversée. Last Man Standing reprend donc tous les ingrédients de ces comédies en carton pâte, sans l’esprit traditionnel et l’attachement aux personnages. Tim Allen campe le rôle d’un père macho entouré d’une famille à composante exclusivement féminine. Du coup, les répliques vieux-jeu, l’écriture bourrine et l’esprit mâle écrasé sont au premier plan de cette série, qui préfère s’engouffrer dans les nid-de-poules des sentiers battus et rebattus. Archi-beauf.

    2/10

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  • Breaking Bad (Saison 4) Un chef d’œuvre sur la corde raide

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    Encore une saison hautement éprouvante pour Breaking Bad qui enchaîne les péripéties électriques, les rebondissements cruciaux sans jamais vouloir nous ménager. A une saison de sa révérence, soit huit petits épisodes prévus l’an prochain, Breaking Bad sort le grand jeu et lorgne désormais du côté des plus grands thrillers sériels jamais créées.

     

    Moins métaphorique, plus musclée, la saison 3 de Breaking Bad avait dépassé nos espérances en développant un arsenal  d’acier, fait de tensions psychologiques, de drame familiale et de prises de pouvoir sanguinaire. Cette année, Vince Gilligan n’a pas perdu la main et malgré les tensions entre sa chaîne fondatrice, AMC et son équipe, son bébé semble sur la voie de la canonisation sérielle.

    Sans jamais renoncer à évoluer, l’histoire de Breaking Bad a cette année pris un tournant nouveau. Notamment au sein de la cellule familiale des White. Skyler, dans la confidence du business de son mari depuis l’an passé, passe le cap de l’épouse rancunière pour devenir une alliée de taille dans ce schéma de famille quasi-mafieux. Avec un art facétieux de l’entreprise, de l’investissement et de la comédie –plusieurs épisodes dans lesquels Anna Gunn se montre épatante dans un rôle contre-emploi- Skyler prend l’initiative du blanchiment d’argent. Retour aux sources pour les White qui comme en saison inaugurale se prennent de passion pour les centres de lavage auto.

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    Walter et Jesse sont désormais aux mains de Gus depuis l’assassinat du chimiste remplaçant en season finale de la saison dernière. En raison de ce passage à l’acte barbare, les deux perdent les faveurs du patron et sont à la merci de ce dernier, contraints au travail forcé. Pour ce changement d’humeur, plus d’ambiance noire, anxiogène est venue souffler sur le fond de la série, comme un virus. Fini le temps où la petite entreprise chimique de Walt se déroulait en caravane au beau milieu du désert, la série trouve désormais un nouveau mot d’ordre : le règlement des conflits.

    Alors pendant que Jesse Pinkman, le partenaire de jeu de Walter en milieu souterrain, voit le vent tourner en sa faveur, peu à peu, en devenant le bras droit de Mike et cuisinier de Gus, Walter, écume les bévues et les mauvais traitements. Apogée d’une tension entre les deux hommes, l’importance de Hank dans les affaires internes de Gus, convaincu de sa complicité dans l’affaire Heisenberg, aboutit à un climax infernal de tensions, de suspense électrisant qui finit par envoûter les épisodes finaux de cette saison. Mais ce qui choquera surtout cette année, c’est la face nouvelle respective de Walter qui après les coups, la peur et les humiliations, finit par un expert en manipulation et en gestion de crises et de Gus Fring, qui dans sa délicatesse vicieuse, sa gestuelle fine, dissimile l’une des plus personnalités les plus terrifiantes de la télé.

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    Mais pas uniquement à suspens, pas seulement électrisante, la série a une fois de plus pris le temps de développer quelques arcs à part, d’une psychologie fine, notamment sur Marie, le temps d’un épisode où l’épouse de Hank renoue avec ses pulsions de cleptomane malade en enchaînant les visites immobilières et les histoires de famille saugrenues.  Idem pour Hank qui accepte peu à peu son statut d’handicapé ou Walter Junior qui retrouve la réplique centrale à quelques occasions pour mieux éclabousser le marasme familial au visage amer de ses parents, évidemment dépassés par tous ces évènements.

    Toujours agrémentés de flaschbacks prenants, d’une utilité féroce quand à la mythologique de la série, Breaking Bad a cette année déployé son histoire avec l’art qu’on lui connaît. En retrouvant des histoires importantes du passé (celles d’Hector Salamanca, de Saul ou de Ted), la série dessine un arc fictif élaboré où tout est inextricablement lié, mesuré, calculé, sans cesse passionnant et décapant.

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    Cette année, l’étau s’est resserré au maximum autour de nos protagonistes. Dès lors, Breaking Bad est devenue une série sombre à part entière, folle et malade, loin de ses facéties et de son humour d’antan. Désormais, la série ose l’anti-manichéisme vicieux (c.f scène finale) et pousse la prise de risque scénaristique à son maximum. Les huit épisodes de fin prévus l’an prochain risquent d’être doublement intenses. Et imprévisibles.

    10/10

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