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  • Up All Night (Saison 1) Un trio comique et un couffin

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    Les séries maternelles ont beau être repoussantes par nature (trop de blagues éculées sur les biberons  et les babysitters), NBC s’est laissé convaincre par Up All Night, petite série douce et attachante, et son casting en béton armé.

     

     

    Né de la plume d’Emily Spivey et de Lorne Michaels, à qui l’on doit quand même 30 Rock et Parks & Recreation, Up All Night s’attarde à décrire les petits tracas de nouveaux parents qui voient l’arrivée d’un enfant bouleverser leur vie mouvementée. Si évidemment le pitch est d’un classicisme désespérant, l’originalité de cette série vient de la rencontre de ses acteurs principaux : Christina Applegate, Maya Rudoph et Will Arnett.

    Chacun  de ces acteurs étant gage d’un humour qui a fait recette sur nos écrans, Up All Night réussit à séduire d’entrée de jeu. Christina Applegate dans le rôle de Reagan, l’épouse carriériste responsable de la production d’une émission télé à succès, et Will Arnett, père au foyer depuis l’arrivée d’Amy, forment un couple mignon et légèrement décalé, comme une rencontre entre les vestiges d’Arrested Development et Samantha Who ?.

    Pourtant très différent de ce que l’on connaît du 30 Rock et du SNL, Up All Night est teinté d’une douceur revigorante et d’un humour plus délicat, plus découpé. Pas d’hystérie dans cette série familiale, ni de grosse mécanique, Up All Night préférant constituer un quotidien simple et attrayant, teinté de moments caustiques, relevant la note.

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    La part belle revient évidemment à Maya Rudolph, l’actrice comique ayant les moues les plus drolatiques du moment (dans Bridesmaids et dans Kath & Kim anciennement). Dans le rôle d’une fausse Oprah Winfrey, Ava, animatrice d’une émission-conseil pour femmes, Maya Rudolph s’épanouit pleinement et nous entraîne dans ses prestations théâtrales bourrées de culot et d’opinion anti-marmot.

    Donneuse de leçons, égocentrique, mélodramatique et particulièrement phobique des poupins, Maya Rudolph est géniale, absolument jouissive, et assurément le point focal nécessaire à Up All Night (comme le fut Rachel Draft dans 30 Rock, ou Jane Krakowski, dans ses grands moments) pour déployer son artillerie comique et son esprit loufoque.

     

     

    Tendre et charmante, Up All Night est une comédie familiale portée par le tandem adorable Applegate et Arnett. Mais sous l’innocence amusante, sous les peluches pour bébé, la série cache son jeu, en insufflant notamment du caustique et du gentiment pittoresque dans ses scènes comiques policées. Un équilibre rare à la télé et une belle réussite.

    7/10

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  • American Horror Story (Saison 1) L’audace noire de l’année

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    Ryan Murphy a encore frappé. L’homme aux milles vices a pactisé de nouveau avec la série câblée FX pour livrer son nouveau projet ambitieux, American Horror Story. Résultat, une série glauque, une ambiance grotesque teintée de noirceur novice. En somme, alléchant.

     

     

    En mettant un peu de côté les aventures pop de Glee, ses refrains pénibles, ses histoires adolescentes tout sauf ironiques et addictives, le créateur en série, Ryan Murphy, retrouve ses sources, singulières et sombres, qui avaient élu Nip/Tuck série originale de la décennie. Malgré tous les défauts que l’on peut reprocher au réalisateur –sa mégalomanie, ses excès, son manque d’éclectisme, le talent de Ryan Murphy est intact depuis dix ans : une inspiration démesurée, sanguinaire et envoûtante.

    Avec American Horror Story, l’histoire est simple mais apparemment délicieuse. Celle d’un couple en difficulté après une fausse couche traumatisante et un adultère grossier, décide de se donner une seconde chance en traversant le pays et investissant dans une maison d’époque de L.A, abandonnée depuis les drames survenus aux précédents propriétaires.

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    Toujours chez Murphy, la simplicité de l’histoire confine au troublant, à l’étrangeté qui guette. Dès l’introduction de la série en 1978, où l’on voit deux petits jumeaux saccager la maison à coup de battes de base-ball malgré les avertissements d’une jeune trisomique en robe seventies –absolument terrifiante-, American Horror Story parvient à insuffler une vraie ambiance, un souffle horrifique nouveau. En reprenant évidemment les codes de la maison hantée, dont le titre inspire l’hommage, la série entretient l’anxiogène et l’oppressant et sait d’emblée mordre l’intérêt, cultiver son mystère.

    Dans un rôle différent, Connie Britton (l’actrice de série la plus épatante de la décennie) et Dylan McDermott (aux faux-airs de Christian Troy/Julian McMahon) forment un couple juste, sexy et compliqué. Au même titre que les personnages secondaires : leur fille est une adolescente torturée, le patient principal du père psy est un jeune type aux airs de monstre, la vieille domestique (Frances Conroy) se rajeunit sous l’œil lubrique des hommes et la voisine dont la trisomique est la progéniture s’avère aussi intrusive que vicieuse (Jessica Lange). En bref, une palette de personnages tordus comme on les aime, aux secrets obscènes, pile dans l’esprit obsédé de Murphy.

     

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    Un répertoire de bizarreries, American Horror Story l’est assurément. Hallucinations suicidaires, somnambulisme, rites sexuels, bagarres sanglantes, visages balafrés ou transmutés, la série se démarque des séries de genre qui actuellement trop prudents, trop paresseux peines à susciter un quelconque effroi (The Walking Dead).

    Mais à force d’appuyer sur la monstruosité du décor, de ses personnages aliénés, la série frôle l’exhibition et la surenchère. Contrairement aux séries thriller, habituellement dérisoires et cheap, la série esthétise au maximum son sujet, son décor sado-masochiste, quitte à frôler l’étiquette de série-Lady Gaga. Tapisseries fleuries, bocaux de formole, chaises grinçantes, costumes en latex et robes vintage, la série sait parfaitement entretenir ce fétichisme morbide au cœur de son sujet, mais sans nous laisser le temps d’absorber ce beau malaise intense, à l’image des images subliminales venant interférer tout au long du récit.

     

     

    En conclusion, une série d’épouvante aussi fétichiste qu’intrigante. A l’image du générique, sinistre et artistique à la fois, American Horror Story promet de beaux moments de possession, de frayeur et de macabre séduction.

    7.5/10

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  • Pan Am (Saison 1) Le Mad Men des chipies

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    Dans cette rentrée sérielle encombrée, les nouveautés sont nombreuses mais décevantes. Entre deux séries à formule sans grand intérêt, deux thrillers et deux sitcoms poussives (cherchez les preuves), le rétro-soap  se taille la part du lion. Contrairement  à The Playboy Club sur NBC, déjà annulé, la nouvelle série sixties d’ABC, Pan Am, convainc par une introduction joyeuse et bien rythmée.

     

     

    Si Mad Men continue d’émerveiller, c’est aussi en raison de l’importance d’une époque révolue et de l’art implacable de vintage. Les chaînes publiques l’ont désormais compris, prêtes à mettre les formes. Pan Am, nouvelle recrue de ABC, semble se diriger vers ce schéma rétro sympa, entre soap feuilletonnant sur quatre hôtesses de l’air aux yeux de biche et aventure dans les airs.

    Autant l’avouer, les débuts de Pan Am font penser à un mauvais remake de La Croisière s’amuse tant le décor en carton et les faux paysages aériens semblent superficiels. Mais la série girlie se démarque rapidement de la mauvaise série de studio, en établissant de bons personnages principaux et une dose d’esprit gentillet.

    Des quatre hôtesses de l’air que l’on suivra entre les plateaux repas et les péripéties sur terre, le rôle star revient à l’actrice Cristina Ricci qui aura déserté les écrans télé depuis cet épisode terroriste dans Grey’s Anatomy. Toujours malicieuse et énergique, l’actrice diaphane qui semble sélectionner ses prestations, campe ici le rôle de l’hôtesse en chef, dirigeant d’une main douce sa petite équipe de vol. Parmi les autres hôtesses, une petite française expatriée pour vivre l’âge d’or américain (Karine Vanasse plus convaincante sur les écrans US qu’en salles françaises, -récemment vue dans le thriller de Grangé, Switch), avide de romantisme et d’intégrité et deux sœurs dont l’une devient espionne pour le compte d’unités gouvernementales et l’autre, jolie créature rétro convoitant l’uniforme pour fuir sa condition de future épouse.

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    Toutes affublées d’un uniforme bleu élégant, gants en soie et petite valise chic, la petite bande d’hôtesses demeure le point fort de cette série (les rôles masculins sont encore à l’état d’esquisse), toutes capables de s’approprier une histoire personnelle intéressante et loin des stéréotypes. Egalement nourrie d’une bande originale d’époque, un peu trop présente mais plutôt appropriée quant au décor de fond de la série, Pan Am trouve déjà son rythme de croisière, survolant des capitales du monde et des flashbacks explicatifs sans écueil, entre pression familiale, vie d’employée des sixties, affaires d’espionnage et romances en péril.

     

     

    Séduisante par son casting féminin et ses horizons scénaristiques dépaysants, Pan Am a le potentiel d’une série d’attitude, gaie et  prenante. Idéale pour reprendre la succession de Desperate Housewives dont la mort est programmée fin 2012.

    8/10

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  • Charlie’s Angels (Saison 1) Le remake de trop ?

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    L’Alphabet, désireuse de retrouver de belles égéries féminines pour garantir son succès depuis l’annonce de l’arrêt de la grande Desperate Housewives, a  tout misé sur un revival d’une série culte, rétro et kitsch à la fois : les Drôles de Dames. Mais en 2011, ces dames-là moins charismatiques et attrayantes garantissent une série pauvre et anémique.

     

    Oubliées Farrah Fawcett, Kate Jackson, et celle qu’on oublie tout le temps (Jaclyn Smith), en 2011, les nouvelles bonnes à tout faire de Charlie sont de jeunes et plantureuses actrices de série, au minois impeccable, mais au jeu déjà boursoufflé. Les trois anges, Minka Kelly, la pilote, Annie Ilonzeh, l’ancienne flic de Miami et Rachael Taylor, la voleuse, ont toutes ce douloureux point commun de rendre lisse et insipide tout ce qu’elles touchent. A l’exception peut-être de Minka Kelly qui bénéficie de la légitimité héritée de Friday Night Lights pour s’embarquer dans deux-trois naufrages avant d’être étiqueter de piètre actrice.

    D’entrée de jeu, la série essaie de retrouver l’âme des Drôles de Dames des seventies, comme pour nous convaincre de sa bonne volonté. Sur fond de musique légendaire remixée, de cocotiers et de yachts dispendieux, la série présente son décor mi-soap mi-policier et ose le twist impérieux : tuer l’une des anges dans un accident archi-prévisible. Pour évidemment la remplacer par une version plus jeune et gracieuse que la dame désormais carbonisée (c’est là que Minka Kelly entre en scène).

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    A l'époque, il n'y avait pas d'eye-liner couleur taupe...

     

    Si la série essaie de ne pas trop s’éloigner de ses nouvelles recrues, en inventant une sombre histoire d’enlèvements de fillettes dans un orphelinat où ont résidé deux d’entres d’elles, Charlie's Angels ressemble néanmoins à un cop show typique où la formule peine à prendre chaque semaine. Malgré tous les efforts développés par la série (la plastique de ses actrices, midinettes sans grande personnalité, l’orgueil à gifler en plus), Charlie’s Angels rate l’adaptation moderne d’une série vieille d’il ya trente cinq ans mais réussit quand même à s’encombrer des tics actuels des séries formatées (les scènes expédiées, les dialogues sans finesse, les présentations de personnages caricaturales).

    Tournée à Miami, la série repose donc sur un fond de série de flics sans âme et bâclée où les répliques ne sont que des prétextes à des scènes d’action précipitées et des résolutions d’intrigues tordues. Si la série n’avait pas un bagage culte sous le bras, on pourrait volontiers penser que cette série sur des femmes justicières est soit un programme bouche-trou de dernière minute, soit pire, une parodie.

     

    Dialogues terriblement mal écrits, scènes d’action filmées à la truelle, le Charlie's Angels 2011 manque de vrai glamour et de modernité pour duper qui que ce soit.

    3/10

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